PORTRAIT. "Mazamet, c’est ma vie" : le rappeur Ans, révélation de "Nouvelle École", raconte la ville qui l'a vu grandir
l'essentiel De "La Rouille", où il retrouve ses amis, aux rues qui nourrissent ses morceaux, ANS nous emmène dans sa ville, Mazamet. À 22 ans, après s’être fait connaître dans "Nouvelle École" sur Netflix, le rappeur vient de dévoiler "Mosseba", son premier projet. Mais derrière cette nouvelle exposition, sa musique reste profondément ancrée dans la ville où il a grandi.
"Mazamet, c’est ma ville, c’est ma vie, j’suis obligé de vous raconter." Pour comprendre ANS, il faut donc commencer ici. Pas à Paris, sur le plateau de "Nouvelle École", mais dans le centre de Mazamet, sur une petite place que lui et ses amis ont rebaptisée "La Rouille". C’est ici qu’Aniss, 22 ans, nous donne rendez-vous. "Tu rouilles à force de rester ici, d’où le nom", sourit-il. Quand il n’est pas en déplacement, il y retrouve sa bande. "C’est mon petit endroit à moi."
"Mazamet, tu fais vite le tour"
La balade se poursuit dans les rues du centre-ville. "Bon, Mazamet, tu fais vite le tour quand même, rigole-t-il. C’est une petite ville, mais t’as ce qu’il faut." Surtout, elle nourrit ses morceaux. "Ce qui m’inspire, c’est mon quotidien. Je raconte ce que je vis."
Dans Mosseba, son premier projet de neuf titres, La Rouille apparaît notamment dans "Décembre" et "Sale môme". Revendiquer Mazamet participe aussi à son identité d’artiste. "Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes qui viennent d’ailleurs que des grandes villes comme Paris ou Marseille." Alors, même après Netflix, pas question de changer de provenance. "Je me sentirais un peu comme un menteur si je disais : 'Moi, j’habite à Toulouse.' Ce n’est pas vrai."
"Au moins maintenant, on peut dire qu'on vient de Mazamet"
Grandir à Mazamet a aussi façonné son parcours. À ses débuts, ANS dit avoir manqué de studios et d’une scène rap structurée. "Ce n’est pas assez mis en valeur dans cette ville, pourtant il y a plein de petits rappeurs ici. Ça pourrait être génial que ça se développe." Dans une petite ville où "tout le monde parle", se lancer peut aussi être intimidant, estime-t-il.
Lui commence dans sa chambre, soutenu par ses proches. Clément, son ami depuis plus de dix ans et aujourd’hui son manager, se souvient d’une promesse : "On se disait : 'Imagine, un jour tu perces, je serai ton manager.'" Jad, qui l’a accompagné sur plusieurs tournages de "Nouvelle École", savoure le chemin parcouru : "Au moins maintenant on peut le dire, 'on vient de Mazamet', il y a quelqu’un, même si c’est pas le premier, là il a fait plus haut que tout le monde."
Mazamet, son "point d’ancrage"
Depuis "Nouvelle École", ANS enchaîne les déplacements et voit son public grandir. Mais entre deux projets, c’est ici qu’il revient. "J’ai besoin de venir ici souvent, c’est un peu mon point d’ancrage. Ça me ressource, même pour l’inspiration."
D’ici "un an ou deux", il aimerait ouvrir un studio à Mazamet, organiser des open mics et inviter de jeunes artistes sur scène. "J’espère que ça peut faire bouger les choses, inspirer des plus jeunes."
La balade s’achève avec cette drôle d’impression de voir changer le regard de ceux qu’il croise depuis toujours. "Ici, les gens, je les voyais tous les jours. Ça me fait bizarre qu’ils me reconnaissent : il y a deux semaines, je marchais sur le même trottoir."