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PORTRAIT. "Les vaches, c'est une sorte de banque" : à 26 ans, Carla s'installe avec son compagnon entre Tarn-et-Garonne et Lot et bichonne un troupeau de 200 Limousines

l'essentiel À quinze jours de "Bienvenue à la campagne", la fête annuelle de l'élevage organisée à Montbeton (Tarn-et-Garonne), nous avons pris la route de Lacapelle-Livron. C'est là, sur le causse de Caylus, aux confins du Tarn-et-Garonne et du Lot, que Carla Junca s'est installée comme exploitante, depuis le 1er janvier. Avec son compagnon Maxime Couderc, elle gère un troupeau de 200 vaches de race limousine. À 26 ans, le couple croit dur comme fer à l'avenir de ce métier exigeant mais tellement passionnant.

Aux confins du Tarn-et-Garonne et du Lot, sur le causse de Caylus, les prairies ont reverdi à la faveur des pluies d'orage de la dernière quinzaine d'août. "On a eu trois week-ends de suite où il est tombé 15 à 20 mm de pluie. Ça fait du bien, on respire. Une bonne partie de l'été, on avait les vaches dans la savane", lance Carla Junca, éleveuse. Pour le fourrage, elle n'est pas inquiète. "Ça devrait le faire. Depuis le 15 juillet, on nourrit les vaches dehors. On a fait un bon stock d'ensilage, ça nous aidera pour cet hiver."

Installée depuis le 1er janvier 2026 comme exploitante, cette jeune femme de 26 ans gère désormais le Gaec de Pech-Laborie, à Lacapelle-Livron (Tarn-et-Garonne) aux côtés de son compagnon Maxime Couderc. "J'ai remplacé le père de Maxime quand il a pris sa retraite."

Elle-même n'imaginait pas faire un autre métier. "Mes parents étaient agriculteurs dans les Pyrénées-Orientales. Mon père avait des vaches mais il a arrêté, ma mère continue à s'occuper de chevaux de trait."

Fille d'éleveurs des Pyrénées-Orientales, Carla Junca a réalisé son rêve: s'installer sur une exploitation bovine, aux confins du Tarn-et-Garonne et du Lot.
Fille d'éleveurs des Pyrénées-Orientales, Carla Junca a réalisé son rêve: s'installer sur une exploitation bovine, aux confins du Tarn-et-Garonne et du Lot. DDM - DDM MANUEL MASSIP

Pour Carla, titulaire d'un bac STAV, d'un BTS production animale et d'une licence métier conseil en élevage, le choix de la filière bovine était évident. "Oui, c'est venu assez vite dans ma tête. Avec les vaches, on capitalise plus qu'avec une brebis ou une chèvre. C'est une sorte de banque. Si vous avez un souci, vous pouvez vendre dix vaches."

Dans la limousine, il y a de la viande, c'est un peu plus rustique qu'une blonde. C'est maternel aussi.

Avec Maxime, un solide gaillard qui s'est installé dès l'âge de 19 ans, elle est à la tête d'un élevage de 200 Limousines. Dans le pré, ce mercredi 2 septembre, on aperçoit un "intrus" : un taureau de race blonde d'Aquitaine. "Il s'appelle Nikos. On croise quasiment toutes nos vaches avec des taureaux blondes d'Aquitaine même si on a aussi deux taureaux limousins. C'est un peu comme avec les chiens : les bâtards sont plus résistants aux maladies. Dans la limousine, il y a de la viande, c'est un peu plus rustique qu'une blonde. C'est maternel aussi."

"Quand j'appelais la DDT 82, j'avais toujours une réponse"

Quand le papa de Maxime a racheté une exploitation voisine, il a aussi récupéré un troupeau de 20 blondes d'Aquitaine. Il en reste une dizaine aujourd'hui dans la stabulation du Gaec de Pech-Laborie, située sur la commune de Saillac (Lot). "On est à cheval sur les deux départements. Le siège du Gaec est à Lacapelle-Livron, on a des terres aussi à Saint-Projet."

Carla Junca avait une autre bonne raison de s'installer éleveuse dans le Tarn-et-Garonne. "J'ai travaillé à l'ELVEA 82 pendant un an et demi. Je me suis rendue compte que dès que j'appelais la DDT 82, à Montauban, j'avais une réponse. Pour les dossiers d'éleveurs de l'Aveyron, ce n'était pas pareil. J'attends encore qu'on m'appelle...", confie-t-elle, avec son franc-parler.

"Bienvenue à la ferme", la fête annuelle des éleveurs

Un tempérament qui plaît à Gilles Vidal, le président de l'ELVEA 82. Dans 15 jours, pour cette association qui fédère 160 éleveurs, essentiellement dans le Tarn-et-Garonne et dans l'Aveyron, ce sera le grand rendez-vous annuel de Bienvenue à la campagne, organisé sur la ferme de Bexianis à Montbeton. "Le concours de Montauban c'est une fête. On n'y va pas la boule au ventre comme au mois de juin quand les cours se sont effondrés et qu'on perdait 500 euros par veau. Le prix était tombé à 4,20 €, aujourd'hui on est à 4,60 €. C'est encore 1 euro en dessous du prix de référence", explique Gilles.

A quinze jours du salon Bienvenue à la campagne, Gilles Vidal, président de l'association ELVEA 82, est venu rendre visite à Carla et Maxime. Le jeune couple d'éleveurs amènera deux vaches limousines au concours de vaches grasses, le 19 septembre à Montbeton.
A quinze jours du salon Bienvenue à la campagne, Gilles Vidal, président de l'association ELVEA 82, est venu rendre visite à Carla et Maxime. Le jeune couple d'éleveurs amènera deux vaches limousines au concours de vaches grasses, le 19 septembre à Montbeton. DDM - DDM MANUEL MASSIP

Carla aussi a hâte d'amener ses deux limousines de 4 et 6 ans au concours de vaches grasses de "Bienvenue à la campagne", programmé le samedi 19 septembre à partir de 14 heures. "C'est la 16e édition et le père de Maxime y a toujours amené des vaches grasses, alors on perpétue la tradition", poursuit Carla, heureuse que la famille des éleveurs du Tarn-et-Garonne se retrouve une fois par an à Montbeton. Elle sait tous les sacrifices que demande ce métier. "Les jours de vacances, ils se comptent sur les doigts d'une main car on sait bien qu'avec ces vaches, il y a de l'imprévu mais à deux, c'est plus facile de mener une exploitation comme celle-là."

Maxime acquiesce et lance une phrase souvent entendue dans la bouche de son père : "Pour faire des vaches, il faut être né au pied d'une rigole". Il parle bien sûr de la rigole creusée dans les stabulations pour évacuer le fumier.