Pologne: le président Nawrocki met son veto au projet de loi sur les unions civiles homosexuelles
Il était attendu, mais il reste douloureux pour la communauté homosexuelle polonaise : le veto du président conservateur Karol Nawrocki, vendredi 17 juillet, met fin au rêve d'union civile pour les couples de même sexe. Le statut de « personne la plus proche » adopté au Parlement fin mai était pourtant prometteur. Il promettait un certain nombre de droits semblables à ceux du PACS en France. C'est un pas en arrière dans un pays qui reste l'un des plus restrictifs d'Europe sur les droits LGBTQ+.
Publié le : 17/07/2026 - 19:24
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat
« Le président Karol Nawrocki a opposé son veto à la loi relative au statut de la ''personne la plus proche'' », regrette Katarzyna Kotula. La secrétaire d'État à l'Égalité en Pologne s'était faite le porte-étendard de cette loi, censée reconnaître administrativement l'union des couples non-mariés dans le pays. « Cette loi autorisait entre autres la déclaration d'impôts conjointe, l'exonération des droits de succession et de donation, ainsi que l'inclusion du partenaire dans l'assurance maladie », rappelle-t-elle.
Déçue, Katarzyna Kotula a assuré que ce veto présidentiel n'était qu'un contre-temps, et que le gouvernement trouverait un moyen de faire passer cette loi quoi qu'il arrive : « Monsieur le président, les sondages sont clairs. Les Polonais et les Polonaises soutiennent la loi sur le statut de la ''personne la plus proche'' et le contrat de concubinage. C'est un changement que, malheureusement, vous ne pourrez pas empêcher. »
Jusqu'à la dernière minute, elle a voulu croire à une issue favorable, car lors de sa campagne électorale, le président Nawrocki avait laissé entendre qu'il pourrait ratifier cette loi tant qu'elle n'empiétait pas sur l'institution du mariage. « Malheureusement, ce qui m'a été présenté ne se limite pas aux aspects techniques permettant d'accéder à l'information médicale du partenaire, de le représenter légalement ou de gérer des affaires administratives. Ce projet crée en réalité une nouvelle institution du droit de la famille, dotée d'un large éventail de droits similaires à ceux du mariage », a balayé le président.
Fin mai, le pays a été forcé par la justice européenne de reconnaître les unions de même sexe célébrées à l'étranger. Mais le mariage gay reste toujours illégal sur le sol polonais.
À lire aussiEn Pologne, un président anti-avortement