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Poilievre critique la stratégie de négociations de Carney

Le premier ministre Mark Carney a répondu jeudi à la plus récente attaque du président américain, qui a qualifié, mercredi, le leadership canadien de « désagréable [nasty] ». Il défend que « le Canada est dur avec les États-Unis parce qu’on a ce dont ils ont besoin ».

Ce sont des négociations difficiles, a-t-il ajouté. La veille, durant un discours à Las Vegas, Donald Trump a utilisé à cinq reprises le qualificatif pour décrire le Canada.

Mark Carney n'a pas semblé faire un cas de ces nouvelles attaques. Oui, c'est une négociation difficile [tough] – on peut changer l'adjectif et dire "nasty" – mais c'est une question de jobs canadiennes, c'est une question de l'avenir des entreprises canadiennes, a-t-il déclaré.

Répondant aux questions des journalistes du côté du Saguenay–Lac-Saint-Jean, région durement touchée par des droits de douane américains sur le bois et l'aluminium, il a défendu l’approche de son gouvernement.

Le plan, c'est de se concentrer sur ce que nous pouvons contrôler, en investissant dans des entreprises canadiennes et en diversifiant les partenaires commerciaux, a-t-il rappelé, en visite dans un chantier de Rio Tinto.

Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, sont d'ailleurs de passage dans la capitale américaine, jeudi, pour de énièmes discussions commerciales avec leurs homologues.

Ils souhaitent notamment faire tomber les plus récentes menaces tarifaires américaines, qui pourraient être mises à exécution le 19 août prochain, avec un taux de 50 % sur une liste de produits canadiens.

Mark Carney a précisé que ses négociateurs à Washington avaient des discussions détaillées et globales avec leurs homologues. Nous ne sommes pas intéressés par un deal très ciblé, qui ne serait pas connecté avec les autres secteurs, a-t-il indiqué.

Il s’est aussi montré encouragé par le fait que le prix de l’aluminium ait augmenté fortement aux États-Unis, phénomène qu’il impute aux droits de douane imposés par le pays. Ça réduit la compétitivité des entreprises américaines, selon lui.

Poilievre accuse Carney de « gaspiller nos leviers de négociation »

Un peu plus tôt, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a appellé le gouvernement Carney à se concentrer sur des résultats, l’accusant de faire une concession après l’autre sans rien obtenir en retour.

Je ne comprends pas pourquoi on ferait des concessions avant même d'arriver à la table de négociations, a-t-il lancé en conférence de presse.

Pierre Poilievre.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, était de passage à Terre-Neuve-et-Labrador, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

M. Poilievre n’a pas donné d’exemples des concessions auxquelles il faisait référence, mais plusieurs analystes considèrent que les récents reculs d’Ottawa sur ses exigences aux géants du web et son compromis pour ouvrir le pont Gordie-Howe en sont de bons exemples.

Il est en train de gaspiller nos leviers de négociation, a déploré le chef conservateur. Donald Trump avale ces concessions, il voit de la faiblesse et il augmente de plus en plus les tarifs.

Les responsables américains ont justifié la vague de tarifs à venir par trois irritants majeurs : le retrait de l’alcool américain des tablettes de certaines provinces, la gestion de l’offre dans le domaine des produits laitiers, ainsi que les mesures de représailles encore en vigueur dans le domaine de l’automobile.

Mark Carney a précisé, fin juillet, qu’il ferait tout ce qui serait nécessaire si les droits de douane américains entraient en vigueur.

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, où se déroule une campagne électorale partielle, Mark Carney a répété qu’il n’était pas question de toucher à la gestion de l’offre dans les négociations.