Plus de 150 élus pour l’ascension de la Sainte-Baume : la démonstration de force du RN avant les prochaines élections
Entre pèlerinage et déjeuner politique, Franck Allisio, chef du groupe d’extrême droite à la Région Sud, a réuni ses troupes ce dimanche. Une façon de fixer le cap pour les sénatoriales et la présidentielle.
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Photo Frank Muller / Var-matin
« La prochaine fois, tu prends ton bâton à la François Mitterrand ! », s’amuse un proche de Franck Allisio. Baskets aux pieds, le député RN des Bouches-du-Rhône et président du groupe d’extrême droite à la Région s’apprête à l’ascension de la Sainte-Baume jusqu’à la grotte Sainte-Marie-Madeleine, ce dimanche matin. Cette année, pas de pluie ni d’interdiction de randonnée à cause des risques d’incendie. Dans son sillage, près de 150 élus. Il en attend même 400, dont quelques maires et députés, pour le déjeuner-pizza qu’il organise dans sa propriété familiale de Plan-d’Aups. « C’est du jamais vu. On est victime de notre succès », sourit le Marseillais, qui en a fait un rendez-vous politique « amical » depuis 2022.
Celui-ci croit en « un alignement des planètes », entre la météo ensoleillée du jour et l’annonce de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle, début juillet. « Marine, c’est un roc, raconte Franck Allisio. Elle a plus d’expérience et elle est beaucoup plus sereine qu’il y a cinq ans où ça s’est joué à couteaux tirés avec Éric Zemmour. Cette fois, c’est chez les LR et la gauche qu’ils se mettent sur la gueule. »
Qui pour affronter Marine Le Pen ?
Le parlementaire ne voit aucune ombre au tableau, pas même le départ surprise de François Durvye, juste avant le débat du Medef ce jeudi. « Qui le connaissait ? », balaie-t-il, en minimisant le rôle du conseiller spécial et économique de Jordan Bardella. Si Franck Allisio, qui ne dirait pas non à un poste ministériel, n’a aucun doute sur la qualification de Marine Le Pen au second tour, il ne s’avance pas à départager Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, que les sondages donnent au coude-à-coude pour l’affronter. « Ça peut changer, temporise-t-il. Moi, j’ai connu Marine au creux de la vague. »
Photo Frank Muller / Var-matin
Avant ça, le représentant régional du Rassemblement national compte sur les sénatoriales de fin septembre, qu’il décrit aussi bien comme « le troisième tour des municipales » que comme « le premier étage de la fusée présidentielle ». « Si on a au moins dix élus pour constituer un groupe RN-UDR au Sénat, ça marquera notre progression d’un point de vue quantitatif et ça confortera forcément Marine Le Pen, abonde le député varois Frank Giletti et délégué départemental RN, qui brigue lui-même un siège au Palais du Luxembourg et en espère un second pour sa colistière Carine Leroy (adjointe à Fréjus). Ça sera une étape historique. »
Des embûches et des valeurs
Également dans la course, le président de la Région Sud Renaud Muselier, qui candidate dans les Bouches-du-Rhône sur la liste de la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI). Non sans remous. « Ses amis sont en train de le tuer, commente Franck Allisio. Chez eux, c’est sanglant. » Si le chef du RN Paca se voit symboliquement candidater à la présidence de la Région, promise à François de Canson une fois actée la démission de Renaud Muselier ? « Si ça peut être utile à mon groupe…, lâche-t-il. Mais, je ne fais jamais les choses pour me faire plaisir. Et surtout, je n’aime pas la politique spectacle. » Vraiment ?
En tête de son cortège, deux élues atteignent la grotte Sainte-Marie-Madeleine en reprenant le refrain d’Eye of the Tiger, du film Rocky. Trop tôt pour anticiper la victoire de leur camp ? Dans le peloton, la députée UDR Sophie Vaginay-Ricourt (Alpes-de-Haute-Provence) a une autre façon de résumer l’état d’esprit des troupes : « Avec toutes les embûches mises sur notre chemin, s’il n’y avait pas des valeurs et du travail, on n’en serait pas là aujourd’hui ».
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