Plus de 100 interpellations à Barcelone après des pillages
Cent vingt-huit personnes, dont certaines mineures, ont été arrêtées à Barcelone dans la nuit de samedi à dimanche pour dégradations et pillage d'une vingtaine de magasins. Selon les autorités, environ 500 personnes "non organisées" ont pris part à ces événements. La manifestation se voulait "anti-système".
Des vidéos abondamment relayées sur les réseaux sociaux montrent des groupes d'individus, dont beaucoup habillés tout en noir, courir dans les rues de Barcelone et s'attaquer à des commerces après s'être réunis sur la Plaça de Catalunya, une grande place du centre-ville, dans le cadre d'un rassemblement non déclaré en amont aux autorités.
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Au total, parmi les individus arrêtés, 73 sont mineurs, a détaillé Sílvia Catà, la patronne des Mossos d'Esquadra, la police catalane, au média 3CatInfo, précisant que ses services étaient actuellement "en train de rédiger les procès verbaux pour les transmettre au parquet des mineurs et, d'autre part, au tribunal compétent" pour les majeurs.
Selon elle, seules deux personnes interpellées avaient "des antécédents judiciaires" et 14 agents des Mossos, ainsi qu'un membre de la Guardia Urbana, ont été "blessés" au cours de la nuit, durant laquelle 23 commerces ont été vandalisés.
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"Violence gratuite"
"C'est de la violence gratuite", a-t-elle dénoncé, précisant que ses services cherchaient désormais à "analyser le profil" des personnes interpellées, "totalement désorganisées" mais qui se sont donné le mot "sur les réseaux sociaux", affirme-t-elle.
Tard samedi soir, les Mossos avaient "recommandé" à la population "de ne pas s'approcher" de la zone autour de la grande place Catalogne, où "des groupes violents de personnes le visage couvert brûlent des conteneurs, vandalisent le mobilier urbain et lancent des pierres contre la police".
Vie chère et logement
Ces manifestations surviennent après de nombreuses protestations contre la vie chère et la pénurie de logements dans le pays. A Madrid les gens souffrent particulièrement de ce manque.
La contestation avait encore pris de l'envergure avec l'expulsion manu militari, sur une civière, de Maricarmen, 87 ans, qui vivait dans un appartement depuis 71, dans un beau quartier de la capitale. L'octogénaire est depuis décédée à l'hôpital, où elle était entrée pour épuisement, quinze jours après son éviction.
>> Lire : Une retraitée expulsée de son appartement devient le symbole de la crise du logement en Espagne et A Madrid, des dizaines de milliers de personnes manifestent contre l'envolée du prix des loyers
sjaq et l'ats
Condamnations politiques
En Espagne, les réactions politiques ont afflué ces dernières heures face à ces actes inhabituels pour ce pays.
"La violence n'a pas sa place en Catalogne. Jamais", a tonné sur X le président régional de la Catalogne, Salvador Illa, demandant que les émeutiers "payent" pour leurs actes.
En pleine campagne pour les élections législatives du 29 novembre, le chef de l'opposition de droite, Alberto Núñez Feijóo, a appelé à "un changement" pour l'Espagne "qui naisse dans les urnes, avec liberté et respect". "La coexistence exige de la responsabilité et de ne pas nourrir ceux qui la mettent en danger", a-t-il ajouté sur X.
Santiago Abascal, le patron du parti d'extrême droite Vox, a de son côté accusé "les milices de (Pedro) Sánchez" de "détruire tout ce qu'elles peuvent, de Ceuta à Barcelone", en référence à la crise migratoire qui a secoué cet été cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
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