Plus d'un quart des Français en situation précaire : la pauvreté "s'enracine", selon le Secours populaire - ICI
D'après le baromètre de la précarité présenté ce jeudi par le Secours populaire français et des associations partenaire, 26% des Français se disent en situation de précarité (+6 points en un an).
Plus d'un quart des Français se déclare en situation de précarité (26%), soit 6 points de plus qu'en 2025, et "cette précarité s'enracine", notamment à cause de la crise énergétique, constate Nicolas Champion, secrétaire national du Secours populaire, invité du "13h de nos régions" sur ICI, jeudi 10 septembre, à l'occasion de la parution du baromètre "Trop froid, trop chaud, trop cher ? Enquête Ipsos/le Secours populaire sur l'ampleur de la précarité énergétique en France et en Europe".
En 20 ans, c'est la première fois que le Secours populaire fait un focus sur la précarité énergétique. D'après l'étude réalisée en mai et juin par Ipsos auprès de 10.000 personnes dans 10 pays d'Europe, 26% des Français se disent en situation de précarité (+6 points en un an), et 29% des Européens (+1 point). Et pour 79 % des Français, les factures d'énergie représentent une part importante de leur budget.
"Les crises se succèdent presque sans interruption"
"Ça a conduit à faire des choix et des renoncements", explique Nicolas Champion. Ainsi, plus d'un quart des Français a dû renoncer à des dépenses essentielles. "Le phénomène n'est pas nouveau et on voit bien que la précarité s'enracine, les crises se succèdent presque sans interruption", déplore Nicolas Champion. Depuis le covid, "on a eu la crise de l'inflation, aujourd'hui c'est une crise sur les prix de l'énergie et les prix des carburants. C'est durable et dans un foyer, ça revêt plusieurs visages", décrit-il, constatant que "ce sont les mêmes qui ne peuvent pas partir en vacances, qui ont des difficultés à se soigner, qui ont des difficultés à épargner ou à se nourrir".
"On voit que la précarité s'installe de façon assez durable, malheureusement, au niveau européen", a expliqué Christelle Craplet, directrice des affaires publiques d'Ipsos BVA, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, disant relever aussi "un sentiment de déclassement assez significatif dans la population européenne", ainsi que "beaucoup d'angoisse pour l'avenir".
Les actifs également touchés : 40% des actifs français estiment que leur travail ne leur permet pas de couvrir l’ensemble de leurs dépenses, selon le baromètre. Pris entre l’étau de revenus qui ne suffisent plus et de dépenses incompressibles, 18% des Français vivent à découvert (+3 points depuis 2025). Cette précarité a des conséquences sur l'alimentation : 37% des Français ne peuvent pas se procurer une alimentation saine à même de leur permettre de faire trois repas par jour (+4% en un an). Pour les ménages au SMIC, cette proportion atteint même le chiffre de 58%. Enfin la faible quantité d'aliments, qui était marginale il y a 20 ans, est désormais d'actualité : 29% des Français déclarent avoir déjà sauté un repas alors qu’ils avaient faim, dont 11% dans les six mois avant l’enquête.