Plus ancien fabricant de tartes al djote de Nivelles, Raymond Courtain s'en est allé
C'est un coup de tonnerre qui s'est abattu sur Nivelles mercredi matin sous forme de l'annonce d'un décès aussi subit qu'inattendu. Raymond Courtain, né le 28 mai 1944, était parti en vacances avec sa famille dans le Vaucluse, plus précisément à Apt, dont la principale spécialité est le fruit confit, ce qui, nous apprend Internet, lui vaut le titre de capitale mondiale de cette confiserie depuis le Moyen Âge.
Voilà qui tombait à pic puisque l'intéressé fut, jusqu'à l'arrêt de ses activités professionnelles de boulanger/pâtissier (novembre 2010) dans son atelier du boulevard de la Fleur de Lys, l'un des meilleurs et le plus ancien fabricant de tartes al djote de Nivelles, la capitale mondiale de cette spécialité. Il fut d'ailleurs un des premiers lauréats des cinq étoiles, la récompense suprême et bien entendu le label de qualité le plus recherché de tous ceux octroyés par la confrérie qui porte ce nom.
Les circonstances dans lesquelles il est décédé sont tragiques. Alors que, comme il le faisait si bien, il animait la soirée familiale autour d'une bonne table, il fit ce qu'on appelle communément "fausse route", c'est-à-dire qu'il "avala de travers". Au lieu de descendre dans l'estomac, un morceau de viande prit la direction du poumon. Immédiatement son beau-fils, qui est urgentiste, se rendit compte qu'il éprouvait des difficultés à parler et à respirer. Les tentatives d'expectorer furent vouées à l'échec. Le transfert à l'hôpital d'Aix-en-Provence fut aussi vain. Il décéda au cours de la nuit.
Sportif
La "Fleur de Lys" était certes l'enseigne archicourue de ce commerce florissant qu'il portait à bout de bras, mais Raymond Courtain était également connu comme sportif éclectique. Il avait tâté tout jeune du foot qu'il pratiqua sur tous les terrains du Brabant wallon, il continuait à jouer au tennis dans son club de l'Argayon dont il défendait encore les couleurs en interclubs et, ce qui est sans doute moins connu, il s'adonnait aussi au cyclisme. Il avait grimpé plusieurs cols des Pyrénées et des Alpes et il avait, en août 2011, réalisé un de ses rêves, gagner en solo Saint-Jacques-de-Compostelle.
En solo et sur selle, mais en duo avec un de ses plus fidèles amis, Michel Vanescote, avec qui il partageait le plaisir des bonnes tables. Ces deux fourchettes cinq étoiles se rejoignirent en effet au hasard (?) du pèlerinage puisqu'il s'imposait évidemment pour le cycliste solitaire de ne pas manquer de ressources physiques lorsqu'il s'agissait de mener à bien son expédition longue de 2 270 km.
Fidèle en amitiés, amoureux de la bonne chère, il l'était aussi des blagues dont étaient à l'occasion victimes, d'ailleurs consentantes, quelques-unes de ses têtes favorites qui ne lui en tenaient nulle rigueur. Comme de nombreux Belges, il était adepte de l'autodérision. Désopilant était le récit de ses (més)aventures du sein du Kamina, un navire de la Force navale belge actif au milieu de vingtième siècle.
Il était père de deux filles dont la plus connue est Valérie, directrice générale de la ville de Nivelles dont il avait été fait citoyen d'honneur bien avant qu'elle n'accède à cette fonction.
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