Plein à craquer, le refuge Sans Famille de Sorinnes est au bord de l'asphyxie financière : "Nous n'avons plus les moyens de continuer ainsi"
"Le refuge Sans Famille ne peut plus continuer dans ces conditions. Chaque jour, nous recevons toujours plus de demandes d'abandon et de chiens trouvés, trop souvent jamais réclamés. Nous les accueillons, les soignons, les mettons en ordre, les nourrissons et leur offrons un toit… mais aujourd'hui, nous n'avons tout simplement plus les moyens de continuer ainsi. Tout cela a un coût. Et nous devons l'assumer quasiment seuls." Ce cri de détresse posté sur les réseaux sociaux, c'est celui de Frédérique Smits, gestionnaire du refuge Sans Famille, basé à Sorinnes. Celui qui accueille chiens, chats et animaux de ferme (chevaux, ânes, poneys, vaches, moutons, chèvres, cochons vietnamiens et poules de batterie) est au bord de l'asphyxie financière.
Accueillir de nouveaux animaux, c'est la routine pour le refuge. Mais cette année, plus que les précédentes, le nombre d'abandons de chiens a augmenté. Le refuge affiche d'ailleurs complet. "Nous avons pour l'instant près de 90 chiens, dont 37 bergers malinois, alors que nous ne pouvons normalement n'en avoir que 75. Un malinois, ça mange beaucoup. Pour tous nos chiens, on est à environ 1500€/mois de croquettes de base. Auxquelles il faut ajouter les croquettes spéciales dont certains chiens ont besoin."
Sans oublier les frais médicaux. "Nous avons pas mal de vieux chiens pour lesquels nous avons un coût de minimum 2000€/mois pour les traitements et médicaments." Pour tenter de trouver une famille à ces vieux toutous, un système de "panier retraite" a été mis en place. L'adoption ne coûte rien et c'est le refuge qui continue de fournir les médicaments.
Sans Famille est par ailleurs régulièrement sollicité par la zone de police Haute-Meuse pour accueillir des chiens saisis ou trouvés. "La plupart du temps, les chiens trouvés ne sont pas en ordre. Il faut les pucer, les vacciner et s'ils ne sont pas réclamés dans les 10 jours, ils restent ici. Quant aux chiens saisis, on les garde jusqu'à ce qu'il y ait une décision de le garder définitivement ou de le remettre. On ne reçoit rien comme aide financière pour cela."
Voilà pour les chiens. Et puis, il y a tous les frais pour les chats et autres animaux de la ferme qu'il faut rentrer et nourrir en hiver. "On ne reçoit aucun subside. Nous fonctionnons grâce aux dons et au parrainage. Nous n'avons pas encore le couteau sous la gorge mais si ça continue, on l'aura bientôt."
Quid d'une intervention des communes ?
Il y a un an, Laurent Brion, conseiller communal de la majorité et président de la commission du bien-être animal de Dinant, avait proposé aux communes qui sollicitent le refuge d'intervenir financièrement, à hauteur du nombre d'animaux provenant de chez elles. "Tout le monde était d'accord mais on est un an plus tard et rien n'est fait", explique-t-il.
Le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, explique avoir soumis cette proposition au Collège de police. "Mais elle n'a pas reçu un grand enthousiasme. Certaines communes affirment qu'elles n'envoient pratiquement aucun animal et que dès lors, leur participation serait très faible", ajoute-t-il.
Réponse de Laurent Brion : "J'ai demandé des chiffres à la zone de police qui n'a pas été capable de m'en fournir."
Une intervention financière individuelle de la commune de Dinant n'est pas exclue. "Mais on est énormément sollicité. Avec la commune qui est sous CRAC, ce n'est pas simple", poursuit Richard Fournaux.
"Chaque année, la ville de Dinant reçoit par ailleurs un subside du Casino qui participe à la vie associative. Celui-ci est récemment passé de 50 000 à 90 000 €. On a donc les moyens de verser 500 ou 1000€. C'est une question de volonté politique", rétorque Laurent Brion.
De son côté, le refuge précise l'aide financière mensuelle dont il aurait besoin : 3000€.
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