Quelles ont été les équipes les plus décevantes du Tour de France ?
Il n'y a souvent pas eu grand-chose à faire pour remanier le scénario qu'écrivent seuls les patrons du peloton, Tadej Pogacar et son bataillon UAE Emirates-XRG en tête. Le Maillot Jaune slovène a fait sa loi sur cinq étapes, six en comptant celle offerte à son disciple Isaac Del Toro, et si l'on y ajoute les trois succès de Tim Merlier au sprint massif et tous les bouquets cueillis par des têtes les plus connues et expérimentées du plateau, ça laisse forcément peu de place à l'inattendu.
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Si certaines formations ont déçu par rapport aux ressources et aux objectifs ambitionnés, d'autres n'ont carrément pas vu le jour lors des trois semaines de Grande Boucle.
Picnic-PostNL, la lanterne rouge
Capitaine de route de l'équipe Picnic-PostNL, à 34 ans, Warren Barguil est fataliste. « Cette année, je me suis fait beaucoup plus plaisir sur le Giro que sur le Tour, où c'est cadenassé et avec un niveau de folie », a-t-il déploré auprès de L'Équipe lors de la deuxième journée de repos. Même en mode « survie » dans sa douzième Grande Boucle, le Breton est le meilleur de sa formation néerlandaise au classement général... au 96e rang.
Le sprint massif, avec Pavel Bittner, cristallisait davantage les aspirations de la structure, mais le Tchèque n'a engrangé qu'un top 10 (5e de la 8e étape). Aucun de ses coéquipiers n'a accroché ne serait-ce qu'un top 15. Absente des échappées, Picnic-PostNL est dernière au classement par équipes, malgré un seul abandon (Frits Biesterbos). Le puncheur-grimpeur batave Frank van den Broek, la pièce maîtresse sur les étapes vallonnées, a emporté les deux seuls points de sa structure au classement de la montagne.
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Caja Rural-Seguros RGA, de trop rares éclats
Conviée sur le Tour de France à la faveur de ses résultats sportifs, 37 ans après y avoir posé sa dernière roue, Caja Rural-Seguros RGA n'a pas créé la surprise ni franchement mis les moyens pour s'en offrir une. La modeste formation espagnole, qui achève le mois de juillet avec cinq pensionnaires restants, s'est rarement invitée dans les fuites - celle de Jakub Otruba, de 157 kilomètres avec le Français Baptiste Veistroffer (Intermarché-Lotto) sur la 7e étape, restera la plus marquante - en dépit d'athlètes à l'aise dans les parcours casse-pattes comme José Félix Parra, neuvième du dernier Tour Auvergne-Rhône-Alpes.
Le grand public aura quand même fait la connaissance du Néerlandais Alex Molenaar, porteur du maillot à pois une journée (4e étape) avant un abandon le lendemain à cause d'une fracture à la main droite. Abel Balderstone est le mieux classé au général (47e) et il a fallu se reposer sur les jambes pas toutes fraîches du sprinteur colombien Fernando Gaviria pour cocher un top 10 (9e de la 11e étape).

Alex Molenaar a porté le maillot à pois une journée. (B. Papon/L'Équipe)
Cofidis, le sprint en cache-misère
Voilà comment Cofidis abordait son Tour de France : « Chaque étape est une classique et chacune d'entre elles doit être perçue comme une opportunité de s'imposer », présentait le manager Raphaël Jeune. Au moment de faire les comptes, Milan Fretin aura été le seul à sortir du lot, dans la densité des arrivées massives pourtant, avec deux tops 5 consécutifs sur les 11e et 12e étapes. Le Belge avait déjà validé un top 10 dès le premier final pour costauds sur la 5e étape.
L'équipe française s'apprête à terminer sa Grande Boucle au complet, sans que ses coureurs capables de pointer le bout de leur casque sur un jour - Benjamin Thomas, Alex Aranburu ou Ion Izagirre - n'aient pu répondre à cette approche. Le dernier cité se classe 45e au général, le plus haut classement individuel de Cofidis qui n'a, en parallèle, pas chassé les pois ni la combativité et finit 21e (sur 23) au tableau par équipes.

Milan Fretin a surnagé au sein de son équipe Cofidis. (E. Garnier/L'Équipe)