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PFAS dans les poêles Tefal : le groupe Seb mis en demeure par trois associations

Elles accusent le groupe Seb de ne pas mentionner suffisamment les PFAS de ses poêles et casseroles Tefal. Les organisations lui demandent de renoncer aux PFAS et de planifier "la reconversion des emplois qui seraient impactés"

Publié le vendredi 9 octobre 2026 à 07:45

Trois associations, Générations FuturesOuverture dans un nouvel onglet, Notre Affaire à TousOuverture dans un nouvel onglet et ClientEarthOuverture dans un nouvel onglet, mettent en demeure le groupe SebOuverture dans un nouvel onglet et lui demandent "de modifier son plan de vigilance et de planifier l’arrêt de l’utilisation des PFAS dans ses activités", notamment dans les poêles et casseroles de la marque Tefal, peut-on lire dans un communiqué transmis ce vendredi à France Inter. Faute de réponse d'ici trois mois, les ONG envisagent de saisir le tribunal judiciaire de Paris.

Les associations ont adressé un courrier en ce sens à l'entreprise pour lui demander de renoncer aux PFAS et de planifier "la reconversion des emplois qui seraient impactés", par une telle décision. Ces demandes correspondent "au respect des cadres légaux français, européen et international sur la vigilance des entreprises, selon lesquels les entreprises doivent identifier les risques pour l’environnement, les droits humains et la santé liés à leurs activités", argumentent les trois ONG.

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Les associations accusent le groupe Seb de ne pas mentionner suffisamment les PFAS de ses poêles et casseroles Tefal dans son plan de vigilance, obligatoire depuis 2017. "On n'a pas de cartographie précise des risques concernant les molécules PFAS utilisées par le groupe", déplore Emma Feyeux, de l'association Notre Affaire à Tous. "Et donc on n'a aucune mesure de prévention ou d'atténuation", dénonce-t-elle. Le groupe Seb regroupe différentes activités, notamment de fabrication d’ustensiles de cuisine de la marque Tefal. Certaines d’entre elles, en particulier la fabrication d’ustensiles de cuisine, "reposent encore sur l’incorporation de substances PFAS aux produits commercialisés ensuite par le groupe, quand bien même des alternatives existent", détaille le communiqué.

Dans son plan de vigilance, "devant regrouper la cartographie complète des risques pour l’environnement, la santé et les droits humains liés aux activités du groupe, Seb n’identifie les PFAS que comme des polluants émergents", constatent les associations. Ces mentions, "ainsi que les mesures censées prévenir ou atténuer les risques liés aux PFAS, restent donc bien en deçà de ce qu'exige le niveau de risque réel", fustigent les associations. "Une exposition chronique à certains PFAS est associée à un spectre croissant d’impacts sanitaires graves, notamment liés à des risques cardiovasculaires, des perturbations endocriniennes et à des cancers, dont elle peut participer au déclenchement ou à l’aggravation", rappellent les ONG.

Seb répondra "le cas échéant"

"Nous souhaitons aujourd’hui que les industriels, via le cas de Seb, prennent toute leur part dans l’anticipation des risques chimiques et de l’évolution des réglementations. Cette anticipation est cruciale pour protéger la santé des personnes, mais également pour maintenir à long terme les emplois sur nos territoires", déclare Générations Futures.

De son côté, le groupe Seb explique dans un message à France Inter qu'il "vient de recevoir cette mise en demeure, manifestement envoyée préalablement à une partie de la presse". "Nous en examinerons", écrit-il, "le contenu avec attention et répondrons le cas échéant dans le cadre prévu par la loi".

Par ailleurs, trois ONG locales ont aussi déposé un référé devant le tribunal administratif de Grenoble concernant l'usine Tefal de RumillyOuverture dans un nouvel onglet en Haute-Savoie. Des mesures réalisées par Tefal en novembre 2025, sur demande de la préfecture, "sur neuf cheminées de l'usine à Rumilly ont révélé d'importantes émissions atmosphériques de polluants éternels PFAS, dont du PFOA, interdit en 2020", peut-on lire dans le communiqué de ces associations consulté par France Inter.

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Après ces mesures, la préfecture de Haute-Savoie a alors prescrit, dans un arrêté en date du 29 avril 2026, trois obligations à Tefal : un bilan des sources d'émission, un plan d'action qui doit être remis avant le 1ᵉʳ janvier 2027 "pour réduire concrètement les rejets" et une surveillance régulière sur deux ans. Le référé déposé par les trois associations vise donc "à enjoindre la préfecture à mettre en œuvre sans plus tarder des mesures destinées à protéger efficacement la population", indique le communiqué, qui cite notamment "une injonction de supprimer immédiatement tout flux de PFAS dans l'atmosphère". Les associations réclament aussi "la réalisation d'études sanitaires", dont une étude épidémiologique incluant "des dosages sanguins PFAS".

Concernant ce référé, Seb indique à France Inter dans un message que "Tefal a pris connaissance de cette procédure engagée contre le préfet de Haute-Savoie le 30 septembre dernier". "Étant partie au dossier, nous souhaitons réserver notre position au tribunal administratif", ajoute le groupe. Il rappelle enfin que la marque Tefal "exerce ses activités dans le strict respect des réglementations françaises et européennes applicables à ses activités industrielles, sous le contrôle régulier des autorités compétentes".