Persuadé qu'il s'agit d'une reptilienne, il tue une femme de 84 ans à son domicile, assurant l'avoir vue "se transformer en lézard" : un homme de 57 ans condamné pour meurtre
l'essentiel Une théorie du complot, une perception délirante de sa voisine et un meurtre d’une rare violence : un homme de 57 ans a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Isère pour le meurtre d'une femme de 84 ans. Persuadé qu'elle était une "reptilienne", il avait affirmé avoir vu sa victime se transformer en "lézard" avant de l’agresser mortellement en décembre 2022.
A l'origine du drame, une théorie du complot. Et à l'issue de celui-ci, une lourde peine de prison. Un homme âgé de 57 ans a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, assortis d'un suivi sociojudiciaire de cinq ans avec injonction de soins vendredi 2 octobre par la cour d'assises de l'Isère. Le quinquagénaire a été reconnu coupable du meurtre d'une femme de 84 ans, raconte Le Dauphiné Libéré.
Les faits remontent au 10 décembre 2022. Ce soir-là, Michel Segur se présente au domicile de son amie, Catherine, aux Avenières-Veyrins-Thuellin. Il affirme alors avoir tué sa voisine. L'ancien menuisier explique avoir perçu la victime comme une reptilienne. "Il avait les yeux qui sortaient de la tête, il était comme possédé. Je ne l’avais jamais vu comme ça", a raconté Catherine lors de l'audience. "Il m’a dit que c’était une reptilienne et qu’il fallait les éliminer parce que c’était des lézards qui prenaient possession du corps des humains et qu’il avait dû s’y prendre à plusieurs reprises parce que les reptiliens étaient coriaces", a poursuivi la femme âgée de 72 ans.
Le lendemain matin, c'est une infirmière qui avait découvert le corps sans vie d'Edwige Bonnet, 84 ans, dans la cuisine de son logement. L'autopsie avait révélé des ecchymoses, 15 côtes fracturées et avait conclu à une asphyxie mécanique par strangulation comme cause de la mort.
Il assure avoir vu la victime "se transformer en lézard"
A la barre, l'accusé a exprimé des regrets mais a soutenu ne pas se souvenir de l'intégralité de ses actes. Il a par ailleurs assuré avoir vu la victime "se transformer en lézard" et lui avoir écrasé le cou avec son pied.
Les investigations ont révélé un quotidien marqué par une consommation massive d'alcool et le visionnage compulsif de contenus complotistes sur Internet. Trois psychiatres consultés durant l'instruction ont néanmoins écarté l'existence d'une maladie mentale. Les experts retiennent uniquement un trouble sévère lié à l'usage d'alcool.
L'avocat général, Jean-Eudes Savatier, a fustigé des "explications affligeantes" et a dénoncé "un acte d'une gratuité totale", requérant initialement 25 années de réclusion criminelle et dix ans de suivi sociojudiciaire.
Reconnu coupable de meurtre sur une personne vulnérable, Michel Segur a finalement été condamné à vingt ans de réclusion criminelle et à un suivi sociojudiciaire de cinq ans comportant une injonction de soins.