"Personne, ni de Renault ni de Nissan, n’a été invité" : l'ex-numéro deux de Renault, Patrick Pelata, revient sur la soirée de Carlos Ghosn au Château de Versailles
Le procès de l'ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn, s'est ouvert mercredi. Selon son ancien bras droit, la soirée du château de Versailles en 2014 révèle les failles dans le contrôle de l'entité RNBV, la société néerlandaise servant à piloter l'alliance Renault-Nissan.
Radio France
Publié le 16/09/2026 14:22
Temps de lecture : 2min
Le procès pour corruption et trafic d'influence de l'ex-PDG de Renault, Carlos Ghosn, s'est ouvert au tribunal correctionnel de Paris mercredi 16 septembre, son ancien numéro deux, Patrick Pelata témoigne en exclusivité sur franceinfo. L'ancien patron de Renault et de Nissan, Carlos Ghosn, est soupçonné d'avoir détourné une entité commune aux deux constructeurs automobiles, la société RNBV, à des fins personnelles. Il lui est reproché notamment d'avoir organisé une soirée privée au château de Versailles payée par Renault-Nissan.
"Personne, ni de Renault, ni de Nissan, n'a été invité", se souvient Patrick Pelata, l'ancien numéro deux de Renault au sujet de cette soirée du 9 mars 2014, payée par Renault-Nissan pour, officiellement, remercier les partenaires de l'alliance entre les deux constructeurs automobiles qui s'apprêtait à fêter ses 15 ans.
Sous les lustres du château, Carlos Ghosn a accueilli ses invités en smoking, avec des serveurs en perruque et costume inspirés de Louis XIV. Un feu d'artifice avait même été tiré depuis les jardins. Une soirée somptueuse, facturée 634 000 euros au groupe. Mais aucun membre de l'état-major des deux groupes n'est convié à cette soirée exceptionnelle. "Sûrement pas les présidents directeurs généraux de Nissan. Juste personne", affirme Patrick Pelata.
Selon lui, "plusieurs dizaines des amis" de Carlos Ghosn sont présents : "Des gens d'un peu partout, mais personne de Renault et de Nissan." "On se demandait pourquoi ? Comment il a pu faire une chose pareille. En fait, c'était la date de son anniversaire, de ses 65 ans", assure Patrick Pelata.
La soirée du château de Versailles ne sera pas jugée directement dans le procès qui s'ouvre mercredi, mais qui illustre, selon l'ancien bras droit de Carlos Ghosn, les failles dans le contrôle de RNBV. Cette structure, créée pour organiser l'alliance Renault-Nissan et développer les synergies entre les deux constructeurs, est au cœur du dossier concernant notamment Rachida Dati. L'ex-ministre, alors eurodéputée au moment des faits, est soupçonnée d'avoir été rémunérée à hauteur de quelque 900 000 euros par RNBV.
À l'origine, RNBV est une petite structure, installée à Amsterdam, avec un budget limité et des comptes non consolidés. Des caractéristiques qui, selon Patrick Pelata, expliquent en partie pourquoi elle échappait au contrôle des actionnaires de Renault et de Nissan. "Ça ne rentrait pas dans le périmètre qui doit être contrôlé par les actionnaires, ni pour Nissan, ni pour Renault. Pas de contrôle de gestion de cette filiale. Voilà ce qui a permis à Carlos Ghosn de faire un peu ce qu'il voulait avec cette filiale", explique-t-il.
Selon des sources internes chez Renault à franceinfo, le fonctionnement très centralisé de Carlos Ghosn dans les dernières années de son mandat a également contribué à cette situation. Le dirigeant cloisonnait toutes les informations et décidait de tout, les dernières années. Les questions posées en conseil d'administration étaient peu nombreuses et les contestations encore plus rares.
L'ancien patron de Renault-Nissan sera absent de son procès. Réfugié au Liban depuis 2019, après sa spectaculaire évasion du Japon dans une valise.
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