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Patient Bizarre : une femme découvre qu'elle avait une tasse B...

Cette patiente âgée de 59 ans a été adressée à un service de pneumologie pour une suspicion de lésion à l'intérieur des bronches amenant l'air dans la partie basse du poumon droit. Au cours de sa vie, elle a souffert de symptômes respiratoires fréquents qui se sont aggravés les dernières années précédant sa visite au service de pneumologie. Pendant des dizaines d'années, elle a reçu plusieurs mauvais diagnostics qui ont entraîné des complications pulmonaires à long terme. Alors que la cause de ses symptômes était l'inhalation d'un corps étranger. Son cas a été décrit dans la revue Case Reports in Pulmonology. 

Une bronchopneumopathie chronique obstructive diagnostiquée à tort

Lors de l'examen clinique, la patiente a rapporté aux médecins :

  • qu'elle avait fumé l'équivalent d'un paquet par jour pendant 8 ans et qu'elle avait arrêté le tabac depuis 31 ans. 

  • qu'elle avait souffert de plusieurs pneumonies récurrentes durant l'enfance, ayant nécessité plusieurs cures d'antibiotiques sur une période de plusieurs années.

  • que ses symptômes respiratoires avaient fini par disparaître au début de l'adolescence et son état de santé était resté relativement bon durant plusieurs années. 

Mais son état s'est de nouveau détérioré au cours des années précédant son orientation vers le service de pneumologie. Des épisodes fréquents et sévères de pneumonie sont réapparus. Ces pneumonies ont entraîné de nombreuses hospitalisations, avec des radiographies thoraciques réalisées sur une période de 8 ans, montrant parfois une densification, parfois un affaissement d'une partie du poumon droit. 

Ce cas illustre les difficultés de diagnostic et de prise en charge des corps étrangers vaginaux chez les femmes présentant des troubles psychiatriques. © Timeimage, Adobe Stock

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Ces symptômes ont été attribués à son tabagisme antérieur et à un diagnostic potentiel de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cela a entraîné un retard diagnostique important et un biais de diagnostic. 

« La patiente a finalement reçu cinq cures d'antibiothérapie au cours des huit mois précédant notre évaluation », ont écrit les médecins qui l'ont reçue au service de pneumologie. Face à la fréquence et à la gravité croissante de ses symptômes, ils ont décidé de réaliser un scanner thoracique. Celui-ci a révélé plusieurs anomalies au niveau des bronches et des poumons. La quinquagénaire a donc été orientée vers un pneumologue pour un bilan complémentaire en vue d'un éventuel cancer du poumon.

Photo A : la petite tasse extraite de la bronche de la patiente. Photo B : une tasse Barbie Mattel des années 1970 identique à celle retrouvée chez la patiente. © Case Reports in Pulmonology

Invisible sur les radios, les médecins ont pensé que l'objet avait été expectoré

Dans leur compte-rendu, les médecins précisent que la patiente se souvenait avoir aspiré un petit gobelet en plastique d'un service à manger Barbie à l'âge de 8 ans. Elle a déclaré que les premiers symptômes respiratoires dont elle a souffert sont apparus après cet incident. Bien qu'elle ait signalé cet épisode aux médecins, quand elle était enfant, puis à plusieurs reprises à l'âge adulte, cette piste n'a pas été creusée car les radiographies n'avaient pas révélé la présence d'un corps étranger dans son appareil respiratoire. Étant radiotransparent, le petit objet était invisible sur les radiographies. Les médecins lui avaient alors fait croire, à tort, que l'objet avait été expectoré. 

Face à la persistance des symptômes respiratoires plus de 50 ans après l'inhalation de l'objet, les médecins ont voulu vérifier à nouveau qu'il n'y avait pas de corps étranger dans les bronches ou les poumons de cette femme. Pour cela, ils ont réalisé une bronchoscopie. Cet examen permet de visualiser l'intérieur de la trachée et des bronches à l'aide d'un tube fin muni d'une caméra introduit par le nez ou la bouche. La bronchoscopie a révélé un corps étranger obstruant complètement les bronches RB9 et RB10. Celui-ci, qui était bien la tasse Barbie inhalée 51 ans auparavant, a été retiré avec succès par un chirurgien.

Pendant l’intervention, le chirurgien s’est aperçu que le kyste contenait un objet. © Vadim, Adobe Stock

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La patiente a bénéficié d'une bronchoscopie de contrôle 6 semaines après l'extraction de l'objet. L'examen a révélé des lésions persistantes mais atténuées. Lors de cette consultation de suivi, la patiente n'a rapporté aucun symptôme respiratoire persistant. Une nouvelle consultation en pneumologie pour une intervention chirurgicale a été recommandée en cas de pneumonie récurrente.

Des erreurs de diagnostic liées au sexe ? 

Bien que rares, certains corps étrangers des voies aériennes sont restés non diagnostiqués pendant de nombreuses décennies. Mais ce cas est le plus long documenté dans la littérature médicale. Les médecins estiment que la forme conique de la petite tasse inhalée a permis une bonne insertion dans les voies respiratoires, ce qui a contribué à l'absence de complications graves qui aurait pu permettre de faire le bon diagnostic plus tôt. Ils rappellent néanmoins que la piste d'une inhalation d'un corps étranger doit toujours être explorée en cas de pneumonies récurrentes inexpliquées. Les autres symptômes fréquents sont la toux, le sifflement respiratoire, l'essoufflement, la fièvre et les crachats de sang. 

Dans leur rapport, les médecins ont également insisté sur le fait que ce cas met en lumière les erreurs de diagnostic liés au sexe dans la prise en charge des femmes. « Malgré un signalement clair de l'épisode d'inhalation, ses symptômes ont été minimisés et elle n'a jamais été orientée vers des examens complémentaires. Ce retard a entraîné des complications pulmonaires à long terme qui auraient pu être évitées », ont-ils regretté.