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Patient Bizarre : il emmène sa femme aux urgences en la tenant par ...

Ce cas exceptionnel a été rapporté sur le site Discover par le Dr Louis F Janeira, un cardiologue qui exerce dans l'Indiana, aux États-Unis. Tout a commencé un après-midi aux urgences. Il venait de débuter son service. Interpellé par des cris provenant de l'entrée du quai des ambulances, il se précipita pour aller voir. Après avoir entendu un agent de sécurité lancer à quelqu'un « Posez-la immédiatement ! », il découvrit un homme très grand, mesurant plus de deux mètres, qui tenait par les pieds une femme mince mesurant environ 1m50. Malgré les demandes des personnes autour pour la lâcher et les tentatives de l'agent de sécurité pour la libérer, l'homme insista : « Je dois la tenir comme ça ».

La patiente était venue la veille aux urgences pour un problème cardiaque

Mais le plus étonnant dans cette situation, c'est que la femme suspendue la tête en bas ne semblait pas affolée. Pour calmer tout le monde, elle déclara à travers ses longs cheveux noirs pendants : « je vais bien », suivie d'un « je me sens bien maintenant ». Puis l'homme informa tout le monde que celle qu'il tenait par les pieds était sa femme. Le Dr Janeira lui demanda son prénom et pourquoi il tenait son épouse ainsi. « Jason », répondit l'homme, d'un ton plus calme. Puis la femme prit à son tour la parole : « Bonjour Dr Janeira, vous vous souvenez de moi ? »

Après un petit temps à réfléchir, le cardiologue se souvint de cette patiente. Elle s'appelait Mary, elle avait une soixantaine d'années et elle était venue la veille aux urgences pour un problème cardiaque qui ralentissait considérablement son pouls. Celui-ci était inférieur à 40 battements par minute, au lieu de 60 à 80 (un pouls normal pour son âge). Elle avait des syncopes et des crises d'épilepsie à répétition.

Le Dr Janeira avait appelé un collègue pour qu'il lui pose en urgence un stimulateur cardiaque (pacemaker), un dispositif médical qui génère des impulsions électriques empêchant le ralentissement du rythme cardiaque. 

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© utah51, Adobe Stock

Une quinte de toux avait fait déplacer le pacemaker de la patiente, qui n'était plus connecté au coeur. 

Le seul moyen de la garder consciente était cette position

Le cardiologue ne s'attendait pas à revoir la patiente aussi vite. « On ne vous a pas implanté votre stimulateur cardiaque hier ? », lui demanda-t-il. La femme répondit que tout s'était bien passé et qu'elle avait pu rentrer chez elle quelques heures auparavant. Mais son mari expliqua que son état s'était détérioré une demi-heure avant qu'ils n'arrivent aux urgences. « Elle a toussé puis s'est effondrée », a-t-il expliqué. Avant d'ajouter que le seul moyen de la garder consciente était cette position, tête en bas. 

Image du cœur d’une souris utilisée dans l’expérience. © Chen Gong et al.

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« Si Jason me met au lit ou en position assise, je m'évanouis à nouveau, indiqua Mary au cardiologue. On a essayé quatre fois maintenant, et à chaque fois qu'il me change de position, je perds connaissance »

Le Dr Janeira devait trouver rapidement la cause des évanouissements de la patiente. Il passa en revue toutes les possibilités : obstruction au niveau du cœur, tension trop basse, compression du cœur causée par une accumulation de sang liée à une perforation survenue lors de l'implantation du pacemaker... Pour le médecin, ces situations pouvaient s'améliorer lorsque la patiente avait la tête en bas, grâce à l'augmentation du flux sanguin vers le cerveau. 

Une défaillance du pacemaker

Il commença par vérifier les constantes de Mary en la gardant tête en bas. Puis, il demanda à son mari de l'allonger pour voir comment son état évoluait. Jason, inquiet, hésita à lâcher sa femme craignant qu'elle s'évanouisse à nouveau. Il finit par accepter. Mais une fois allongée sur le dos, le pouls de Mary se mit à ralentir. Au bout de quelques secondes, le moniteur cardiaque n'afficha plus aucun rythme. Aussitôt son mari attrapa les chevilles de Mary et les souleva en l'air. Quelques instants après que Mary se soit retrouvée la tête en bas, le moniteur cardiaque reprit son bip régulier et la patiente reprit connaissance. 

Le pacemaker partiellement dégradé après 20 jours. © Northwestern University

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Après quoi le Dr Janeira comprit ce qui clochait. Pour lui, il s'agissait d'une défaillance du pacemaker. « La sonde du stimulateur cardiaque, le fil qui relie le générateur du stimulateur à votre ventricule droit, a dû se déconnecter. Votre quinte de toux pourrait en être la cause », dit-il à la patiente. « Bizarrement, la sonde se reconnecte quand vous êtes la tête en bas et continue de stimuler le cœur », ajouta-t-il. Bien que rare, cette situation est possible et malheureusement Mary faisait partie des rares cas. 

Mary devait retourner au bloc opératoire pour refixer la sonde. Elle fut transportée d'urgence au laboratoire d'électrophysiologie, suspendue par les chevilles par le seul homme présent suffisamment fort pour maintenir cette position. 

Le lendemain, de retour au travail, le Dr Janeira entendit une voix familière le saluer : « Docteur Janeira, c'est moi, Mary. Je suis guérie ». Elle expliqua au médecin que son diagnostic était bon, la sonde ventriculaire du pacemaker devait être revissée.