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Pas de permis pour un forage afin d'arroser les terrains du Stade des Géants à Ath !

C'est en octobre 2019 déjà que le conseil communal d'Ath a approuvé un projet d'aménagement d'un puits artésien au Stade des Géants. "Plusieurs équipes de football de toute catégorie d'âge évoluent sur l'entité d'Ath et notamment, sur les terrains du Stade des Géants" expliquait le collège communal dans la délibération. "Ce sont ainsi quatre terrains naturels que le service Espaces Verts doit entretenir pour offrir à ces ambitieux du ballon rond des infrastructures correctes. Ce ne sont malheureusement pas les conditions climatiques recensées ces dernières années, avec des journées très ensoleillées et de faibles pluies, qui jouent en notre faveur. En effet, un arrosage de plus en plus régulier, surtout sur le terrain T1, doit être réalisé occasionnant de facto des consommations en eau potable de plus en plus importantes. Afin de réaliser des économies non négligeables, il est proposé de forer un puits artésien et de placer une pompe immergée afin d'irriguer les terrains de football et d'alimenter les installations sanitaires existantes en eau non potable (machines à laver, vestiaires, …). Cette opération permettra ainsi de réaliser un gain de +/- 3600m³, soit une économie annuelle de 19.000€/an. Le projet étant estimé au montant global de 39.964€, TVA comprise, le temps de retour de l'investissement pourrait dès lors être calculé à 2,1 ans."

L'avis du fonctionnaire technique fait décision

Les années ont passé. L'eau ne jaillit pas encore du sol. Et elle risque de ne jamais en jaillir d'ailleurs (en cet endroit du moins) suite à l'avis du fonctionnaire technique sur la demande de permis. Celle-ci avait été déposée par la Ville en octobre dernier, "pour réaliser un forage en vue de la création d'un puits de captage d'eau souterraine, d'un débit de 6.000m³ par an, destinée à l'arrosage et l'entretien des terrains de sport en complément à l'utilisation de l'eau de pluie". Apparemment, on utilise déjà sur le site quelque 4.136 mètres cubes d'eau provenant du réseau de distribution.

Situation un peu surréaliste (mais pas unique) : c'est le pouvoir communal athois qui devait statuer in fine sur la demande déposée par ses propres services, sur base du rapport de synthèse (avec projet de décision) du fonctionnaire technique. Ce dernier a préconisé de refuser le permis. Pour éviter en quelque sorte de "se refuser" le permis, le collège communal n'a pas statué dans les délais requis. Et dans ce cas, c'est le rapport de synthèse du fonctionnaire technique qui fait office de décision. En l'occurrence ici donc, le permis est refusé.

Priorité à l'eau de pluie

Ipalle a remis un avis favorable, mais réservé : "le projet ne générera aucune eau usée industrielle, notre avis pour ce dossier est favorable sous réserve de privilégier la réutilisation des eaux pluie pour l'arrosage et l'entretien des terrains".

Le fonctionnaire technique motive cependant sa décision sur base de l'avis totalement négatif du SPW ARNE-DEE (Agriculture Ressources Naturelles et Environnement, Département de l'Environnement et de l'Eau, Direction des Eaux souterraines). "L'arrosage se fera à partir des citernes d'eau de pluie, qui seront remplies en fonction des besoins avec l'eau pompée du puits" note la Direction des Eaux souterraines en se référant aux informations de la demande. "L'apport de la prise d'eau souterraine est limité de mai à septembre et interviendra uniquement si la pluviométrie est trop faible ; des sondes de pluie et d'humidité du sol sont installées sur le site et permettent de déterminer avec précision les périodes durant lesquelles un arrosage est nécessaire ; les horaires d'arrosage sont adaptés afin d'éviter l'évaporation et d'optimiser la rétention d'eau dans le sol ; un sablage des terrains est réalisé pour maintenir un degré d'humidité suffisant."

L'eau, ressource précieuse et pas inépuisable

"L'arrosage de terrains de sports est soumis à restriction par les autorités de la Région wallonne" relève cependant la direction spécifique du DEE. Elle note aussi : "une partie d'un des terrains de football se trouve dans la zone de prise d'eau ; la zone doit être clôturée sur une aire circulaire de 10 mètres de rayon centrée sur le puits". Toute activité est normalement interdite dans la zone de prise d'eau.

Mais la Direction des Eaux Souterraines met surtout en avant d'autres éléments fondamentaux pour justifier son refus. "Il est nécessaire d'opérer une balance des intérêts, dans chaque cas concret, entre l'intérêt de l'exploitant et les effets pour l'environnement, les ressources et la collectivité" souligne-t-elle. "Il convient d'assurer une exploitation rationnelle et durable des eaux souterraines." Elle se réfère au Code l'eau, lequel stipule que "le Gouvernement prend les mesures nécessaires pour limiter ou interdire une prise d'eau qui porte atteinte à la viabilité du réseau public de distribution ou à la qualité de l'eau fournie par la distribution".

"Le recours à un forage doit être envisagé en ultime recours afin de garantir une exploitation parcimonieuse des ressources en eau dès lors que les ressources en eau souterraine ne sont pas inépuisables, a fortiori à la lumière des périodes de sécheresse sévère ces dernières années. Le réseau de distribution publique permet à tous les citoyens d'avoir accès à l'eau potable à un prix raisonné ; la multiplication des puits privés entraîne automatiquement une augmentation du coût vérité à la distribution (CVD) qui est reportée sur l'ensemble des citoyens raccordés à la distribution publique. Le demandeur n'a pas suffisamment étudié la possibilité d'utiliser toutes les ressources alternatives ; il n'a pas fourni une analyse comparative des coûts des différentes alternatives possibles."

Le forage pourrait aussi avoir des répercussions environnementales et altérer la qualité des eaux souterraines si toutes les précautions ne sont pas prises. Il existe en outre déjà 21 prises d'eau dans un rayon de 1500 mètres (du stade). D'où la décision du DEE (Eaux Souterraines) de refuser le forage, décision qu'a faite sienne le fonctionnaire technique.

Il faudra accepter que les terrains soient moins verts ou utiliser d'autres
Il faudra accepter que les terrains soient moins verts ou utiliser d'autres "sources"... ©EdA

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