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Pas-de-Calais: un rassemblement pour rendre hommage aux exilés morts en traversant la Manche et pour demander plus de moyens de secours en mer

Des exilés sur un bateau tentent de traverser la Manche, ici depuis Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais), le 18 juin 2025.

Des exilés sur un bateau tentent de traverser la Manche, ici depuis Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais), le 18 juin 2025. - Photo par SAMEER AL-DOUMY / AFP

Une action a été organisée à Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais) par des associations ce samedi pour rendre hommage aux exilés morts alors qu'ils tentaient de traverser la Manche et demander plus de moyens pour les secours en mer.

Des T-shirts étalés sur le sable pour commémorer les disparus: sur une plage du Pas-de-Calais, un collectif d'associations de soutien aux exilés a mené ce samedi 8 août une action demandant plus de moyens en mer pour secourir ceux qui tentent de traverser la Manche.

"La crise migratoire et ces décès à répétition, c'est quelque chose qu'on voit de plus en plus. On se sent concernés", a témoigné Thibaut, un médecin de 32 ans habitué de cette plage d'Hardelot, à Neufchâtel-Hardelot, entouré de plusieurs dizaines d'autres curieux et de touristes venus profiter d'une journée ensoleillée en bord de mer.

Sur le sable, environ 240 T-shirts et quelques peluches ont été disposés, "pour commémorer les personnes décédées et disparues dans la Manche" depuis 2018, selon les chiffres d'Utopia 56, a expliqué à l'AFP Angèle Vettorello, co-coordinatrice de l'antenne de cette association d'aide aux migrants à Calais.

Un "manque de moyens" de secours en mer

Des gilets de sauvetage complètent l'ensemble, pour dénoncer un "manque de moyens" de secours en mer.

Une semaine plus tôt, quatre personnes sont mortes en tentant clandestinement de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, dont une au large de cette plage du Pas-de-Calais.

Mardi, 173 personnes parties en "small boat" de Seine-Maritime, plus au Sud, ont été secourues par des navires français et britanniques au large de Boulogne-sur-Mer. C'est l'une des plus importantes interventions de secours du genre depuis le début des traversées de la Manche à bord de canots de fortune en 2018.

"Les personnes partent de plus en plus loin (...) sauf qu'il n'y a pas plus de bateaux de sauvetage mis sur cette côte-là en réponse", pointe Angèle Vettorello, rappelant que l'action menée par le collectif d'associations vise aussi à demander plus de moyens à l'État pour sécuriser ces embarcations en mer.

Ils veulent "éviter les plages les plus sécurisées"

Elvina Coulard, conseillère municipale de la commune voisine de Saint-Étienne, a dit à l'AFP assister "tous les jours" à des départs depuis Hardelot.

"Avant on voyait ça à la tombée de la nuit, maintenant c'est n'importe quand. Ils prennent tous les risques", a-t-elle déploré, s'attendant à voir des départs "dans l'après-midi" vu les conditions météo.

Ils veulent "éviter les plages les plus sécurisées", a détaillé Angèle Vettorello, pointant la "sécurisation constante des plages" qui, selon elle, "augmente" les risques pour les exilés qui tentent les traversées.