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Paris: plusieurs milliers de manifestants contre la proposition de loi sur l’usage des armes par les forces de l’ordre

Quelques milliers de personnes, parmi lesquelles des députés de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, ont défilé dimanche 20 septembre à Paris contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Un texte qui équivaut, selon ses opposants, à « un permis de tuer ».

Publié le : 21/09/2026 - 00:56

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Sur sa pancarte, Eliès, venu de Bondy, en région parisienne, a inscrit en rouge sang « non au permis de tuer ». Il est venu faire entendre sa voix et s’opposer à la proposition de loi. « Aujourd'hui, nous, ce qui nous inquiète en tant qu'individus racisés pour la plupart des quartiers ou des banlieues populaires, c'est que cette loi va juste servir à légitimer, légaliser aujourd'hui la mort de nos compatriotes des banlieues à qui on n'accorde pas forcément l'espace médiatique et qui tombent comme des mouches sous les coups des policiers », explique-t-il.

L’avocat Raphaël Kempf estime que, si le texte était adopté, les policiers n’auraient plus à rendre compte de leurs actes : « Cette loi renverse la charge de la preuve », affirme-t-il. Selon lui, « depuis des années, dans les quartiers populaires, mais aussi dans les manifestations, les policiers font un usage disproportionné de leurs armes », entraînant parfois « des blessures très graves » et la mort de certaines personnes.

« Avec cette nouvelle loi, ce ne sera plus à la police, ce ne sera plus à l'État de prouver qu'elle avait le droit de tirer », poursuit Raphaël Kempf. « Ce sera aux familles de victimes, aux familles des jeunes des quartiers populaires qui ont été tués par la police de prouver que le policier n'avait pas le droit de tirer », ajoute-t-il.

Pour la magistrate Justine Probst, cette proposition de loi pose une question de choix de société. « Aujourd'hui, on est vraiment en train de nous dire : est-ce que vous voulez qu'on affaiblisse le cadre dans lequel l'État est obligé de rendre des comptes dès lors qu'il autorise ces gendarmes et ces polices à tirer sur sa population ? », interroge-t-elle. Voté le 7 juillet dernier par les députés, le texte doit désormais être examiné par le Sénat.

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