Ottawa lance un appel aux secteurs visés par les nouveaux droits de…
Le gouvernement fédéral tient à réitérer auprès des entreprises touchées par les nouveaux droits de douane américains qu’elles peuvent compter sur son aide pour traverser la crise tarifaire.
« Aux entreprises qui sont maintenant affectées par la nouvelle vague de tarifs, on est là pour vous. Venez nous voir, on peut vous aider », a insisté jeudi la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, lors d’une visite chez Soremag, un fabricant lavallois de composants en polyuréthane et en caoutchouc.
Elle a enchaîné en énumérant les différentes mesures disponibles. « Via Développement économique Canada (DEC), on a des prêts sans intérêt, on a aussi des subventions jusqu’à 3 millions de dollars. On a également de l’aide via l’assurance-emploi pour que vous gardiez vos employés. Finalement, on a via la Banque de développement du Canada des prêts sans intérêt qui vont vous permettre de passer à travers, même après l’administration Trump. »
« Avec toute cette aide-là, vous pourrez maintenir vos opérations et vos activités. Ne prenez pas de décisions trop brusques. Venez voir quelle solution on peut trouver », a ajouté Mme Joly.
Ce n’est pas un hasard si la ministre a lancé cet appel chez Soremag. « La compagnie a fait face à des difficultés, à des vents de face, mais on a été là pour eux et on va continuer à l’être, mais aussi pour d’autres entreprises, que vous soyez dans le domaine des plastiques, du ciment, du béton, de l’alimentation, du textile, de la mode. Bref, toutes celles qui sont affectées par les tarifs », a-t-elle assuré.
Mme Joly a rapporté que Soremag avait obtenu plus de 700 000 $ de la part de DEC pour acheter de nouveaux équipements, ce qui va permettre à l’entreprise de desservir encore plus de clients et de développer de nouveaux produits. Le fournisseur de produits en caoutchouc et en polyuréthane doit même déménager sous peu dans des installations deux fois plus grandes pour répondre à la demande croissante.
« On voulait démontrer qu’une entreprise qui a été affectée lors de la première phase de la guerre tarifaire a pu continuer à investir en se tournant vers Développement économique Canada pour les régions du Québec », a indiqué la députée montréalaise d’Ahuntsic-Cartierville.
Mme Joly a également fait valoir que, dans le contexte actuel, Soremag a bien compris l’importance de se tourner vers d’autres marchés que les États-Unis pour s’approvisionner.
« On est trop dépendants de l’économie américaine. On doit être capables de diminuer notre vulnérabilité. On a un bel exemple ici : l’entreprise vient d’acheter un équipement qui provient de Winnipeg, donc une entreprise du Manitoba et une entreprise de Québec vont travailler ensemble », s’est-elle réjouie.
Ottawa estime que 25 000 entreprises au pays sont directement affectées par les droits de douane américains.
Nombre d’entre elles ignorent cependant que des ressources gouvernementales sont spécialement conçues pour les soutenir, selon Mme Joly.
« Le défi pour le gouvernement avec les nouveaux tarifs, c’est que ce sont des entreprises dans des secteurs qui ne sont pas souvent en contact avec le fédéral. Alors, je le dis de façon très candide : l’objectif du message d’aujourd’hui est de permettre aux entreprises affectées de connaître ce qui est à leur disposition », a-t-elle indiqué.
La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé des investissements de 7,5 milliards $ dans la modification et l’élargissement des programmes existants et dans la création de nouvelles sources de financement.
Il a précisé que cette enveloppe s’ajoute aux 25 milliards $ de programmes d’aide mis en place au cours des 18 derniers mois.
Rappelons que les droits de douane de rétorsion canadiens sur près de 28 milliards $ de produits américains doivent entrer en vigueur mardi prochain. Ils varieront entre 15 et 50 % et viseront un large éventail de produits, notamment les produits laitiers, l’acier, le cuivre et certains produits de beauté.
Ces droits de douane constituent une riposte aux surtaxes de 50 % imposées par Donald Trump sur 28 milliards $ de produits canadiens, allant des bâtons de hockey au miel.
« Ce n’est pas vrai qu’on va baisser les bras et accepter la rhétorique américaine. On va se battre et on va gagner ! », a promis Mme Joly.