« On se croirait dans un pays en guerre » : à Limoges, les touristes étrangers sidérés devant la mairie en cendres
Des touristes observent les dégâts de l'incendie criminel qui a touché l'hôtel de ville de Limoges.
© Alix Vermande
Alix Vermande 18/10/2026 à 19:46, Mis à jour le 18/10/2026 à 19:46
Au lendemain de l'incendie de la mairie, ravagée samedi soir en marge d'une manifestation, des visiteurs venus de Chine ou d'Angleterre ont rejoint les Limougeauds devant les ruines. Les images ont fait le tour du monde et, pour eux, c'est un peu de l'histoire de France qui est partie en fumée.
Devant la carcasse encore fumante de l'hôtel de ville, ce dimanche, le français n'est pas la seule langue qui résonne au pied des ruines. Parmi les Limougeauds venus pleurer leur mairie se glissent des visiteurs étrangers, la mine défaite. Certains étaient de passage dans la région, d'autres ont fait le détour exprès. Tous découvrent une façade éventrée et un campanile réduit à l'état de gravats. Plusieurs confient avoir le sentiment de « voir une partie de l'histoire de France » partir en fumée.
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La veille, en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère, qui a jeté dans la rue quelque 5 000 personnes à Limoges, des émeutiers ont pris d'assaut ce palais de 1883, inspiré de l'hôtel de ville de Paris et protégé au titre des monuments historiques, avant d'y mettre le feu. Le brasier a fait rage toute la soirée. Peu avant 21 heures, le beffroi, emblème de la ville, s'est effondré sous les yeux de centaines d'habitants médusés. Par miracle, personne n'a été blessé. En quelques heures, ces images ont fait le tour du monde.
Wei et sa compagne, un jeune couple chinois en plein tour de France, ont bouleversé leur itinéraire. « On a fait un détour quand on a vu les images hier soir. Ça en parlait même chez nous en Chine ! C'est effrayant. Ils ont attaqué un joyau de la France, comme le Louvre l'an dernier. » Cette mésaventure va-t-elle les dissuader de revenir en touristes ? « Ça donne pas une belle image alors que c'est un pays magnifique, assure Wei. On sait qu'il faut éviter certaines villes quand il y a des manifestations mais on ne pensait pas que ça pouvait être aussi violent. »
« C'est plutôt la Bastille »
Un peu plus loin, Helen et David, deux retraités anglais de Brighton, contemplent le désastre, incrédules. Eux aussi ont reçu des appels inquiets d'outre-Manche. « Des amis au pays m'ont appelé hier pour savoir si on allait bien car ils avaient vu les images à la TV ! C'est dingue comme ça. On se croirait dans un pays en guerre. Mais ce n'est pas la première fois qu'on entend que ça peut être dangereux en France. J'aimerais voir si ça pourrait arriver chez nous. Ça me fait penser aux problèmes de hooligans qu'on a eu chez nous. Mais là, c'est plutôt la Bastille comme on l'a appris à l'école », lâche Helen.
Signe que l'onde de choc a largement franchi les frontières, des journalistes belges, espagnols et britanniques étaient eux aussi présents ce dimanche sur place, venus raconter le choc limougeaud à leur public. Car Limoges n'est pas un cas isolé : de Paris à Marseille en passant par Lille, la journée du 17 octobre, qui a réuni quelque 550 000 manifestants dans tout le pays, a été émaillée de pillages et d'intrusions dans des mairies, offrant au monde le spectacle d'une France en ébullition. Mais c'est ici qu'un hôtel de ville est parti en fumée.
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Pour une cité qui mise sur son patrimoine et ses arts du feu, porcelaine et émail en tête, pour séduire les visiteurs, le symbole est cruel. Ceux qui sont venus ce dimanche repartiront avec une image de la France qu'ils n'étaient pas venus chercher.
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