« On ira jusqu’au Maroc pour mettre le dossier dans les mains du Roi Mohammed VI » : le combat du président de l’ex-mosquée Al-Fourkane pour un consulat marocain à Nice
Des échafaudages sont installés sur la façade du lieu de culte du boulevard de L’Ariane, à l’est de Nice. Il fait peau neuve. Les travaux d’agrandissement ont repris. Il y a peu, cette salle de prières s’appelait encore Al-Fourkane, fief de Boubekeur Bekri.
Si l’ancien nom est toujours inscrit sur le fronton, la grande salle de prières s’appelle désormais Al-Ansar. Depuis juin dernier, l’association qui la gère n’est plus Entraide et Éducation, mais « La grande mosquée de Nice Al-Ansar ». À sa tête : Mohamed Chamseddine, qui faisait partie des membres fondateurs de l’ancienne association.
« Nous sommes aujourd’hui très nombreux »
Ce Marocain est bien décidé à mener à terme la rénovation des lieux. Mais il mène parallèlement un autre combat : l’installation d’un consulat du Maroc à Nice. « Aujourd’hui on est entre six et huit générations de Marocains, ici, venus d’Espagne, d’Italie aussi », explique-t-il. « Nous sommes aujourd’hui très nombreux, il serait logique que nous ayons nous aussi notre représentation », lance-t-il. Une rupture d’égalité avec le reste de la communauté maghrébine niçoise : l’Algérie possède son consulat à Nice, boulevard Gambetta. La Tunisie, le sien, avenue des Fleurs.
À Nice, les Marocains forment la deuxième plus importante communauté du Maghreb après les Tunisiens. Il n’y a pas de chiffres officiels mais les Franco-marocains seraient entre 6 000 et 10 000 dans les Alpes-Maritimes et l’est du Var. Et le consulat de Marseille et le seul de la région Paca. Les Niçois originaires du Maroc doivent faire de longs trajets pour leurs démarches administratives. Plusieurs pétitions ont été postées sur internet pour demander cette représentation consulaire.
Rendez-vous à l’ambassade à Paris
Le 24 août, Mohamed Chamseddine, s’est rendu à Paris à l’ambassade pour évoquer le sujet. Il est confiant. Mais, jure-t-il, « si on n’arrive pas, on ira jusqu’au Maroc pour mettre le dossier dans les mains du Roi ». Sa fille, Assia, qui le seconde à la mosquée, insiste : « Ce consulat est important, il n’y a rien de Marseille à Turin ».
La jeune femme, assistante administrative à son compte, ajoute : « Il y a bien un bureau à Monaco, mais seulement pour les Monégasques ». Assia poursuit : « Aller jusqu’à Marseille, entre les frais et le trajet, c’est vraiment compliqué pour les personnes âgées et handicapées, notamment ». D’autant, conclut Mohamed Chamseddine : « Une fois à Marseille on peut faire la queue pendant 4 ou 5 heures pour récupérer un document. »