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« On en profite pour faire des petites réparations sur nos bateaux » : le port de l’Olivette au cap d’Antibes prépare sa pause hivernale, les pointus sortis de l’eau

D’ici fin novembre, l’association de défense et de gestion de l’Olivette, ce coin de paradis au cap d’Antibes, aura retiré l’intégralité des pointus de la mer pour la longue pause hivernale. Un moment convivial pour ces protecteurs du patrimoine local.

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M.F

Mathieu Faure

Créé le 15 octobre 2026 • 08:00

Mis à jour le 15 octobre 2026 • 08:10


Le pointu « Canabistrot » a été sorti de l’eau pour la pause hivernale au port-abri de l’Olivette, à Antibes.
Le pointu « Canabistrot » a été sorti de l’eau pour la pause hivernale au port-abri de l’Olivette, à Antibes.
Mathieu Faure

Ils s’appellent Padre, Maïssou, Malgré Elle, Alpha, Espérance, Marius, Chouchou… Ce ne sont pas des animaux de compagnie, ni des chevaux de course. Certains ont plus de 120 ans, c’est le cas de Chouchou. Eux, ce sont les pointus du port-abri de l’Olivette, un écrin paradisiaque du cap d’Antibes qui mérite le détour.

En ce samedi d’octobre, les membres de l’association de défense et de gestion de l’Olivette, présidée par Olivier Occelli, se sont donné rendez-vous dans la matinée. Pendant plusieurs semaines, ils vont mettre à quai les fameuses barques méditerranéennes, dont le nom est issu de leur forme : une pointe à l’avant et à l’arrière. L’association, qui comporte une soixantaine de membres, est un peu la garante du port. Elle en gère une délégation de service public depuis plusieurs décennies dans le but de le préserver, mais aussi de garder les pointus sur site et en l’état. Lors des dernières Journées du patrimoine, plus de 400 amateurs ont pris la mer pour découvrir la beauté du site via les pointus.

La saison redémarre au port abri de l’Olivette, paradis de la petite plaisance au cap d’Antibes

Sur place, on retrouve François, dont le pointu Canabistrot aura la chance d’être le premier mis sur cales, dans la matinée. Tatouage de tortue sur le mollet, amateur de bonbons en forme de bananes, l’homme, bientôt à la retraite, tape la causette avec ses collègues de l’association. « Durant la pause hivernale, on en profite pour faire des petites réparations sur nos bateaux. Certains vont aller mouiller dans d’autres ports, d’autres seront sur la terre, ici, car la plage doit être rendue à la nature en quelque sorte. »

Entraide, superstition et folklore

Les pointus vont passer l’hiver au « sec » afin d’être restaurés pour ceux qui en ont besoin.
Les pointus vont passer l’hiver au « sec » afin d’être restaurés pour ceux qui en ont besoin.
Mathieu Faure

Animés par l’envie de protéger ce lieu magique, mais aussi par la volonté de transmission, les membres de l’association se sont passé le mot pour sortir leurs « bébés » de l’eau. Michel, Dominique, Didier : tout le monde est venu filer un coup de main. Il faut dire que les pointus pèsent leur poids, jusqu’à une tonne pour certains. Un treuil électrique, des rondins de bois, rien n’est de trop, surtout pas l’huile de coude. On ramène des victuailles pour le réconfort : des bouteilles de vin, du pain, du café. « C’est convivial, c’est joyeux, on aime tous la mer, le site, nos bateaux », poursuit François.

Pas facile, pourtant, de faire l’acquisition d’une telle perle rare. Sur Internet, certains pointus se vendent jusqu’à 20 000 euros. « On est animés par le collectif, c’est notre coin de paradis », restitue François. Chaque pointu a son histoire, sa spécificité, son vécu. Tiens, ici, il y a Tiboucan, ce qui signifie « Ti-punch » en Martiniquais.

« Le Lundi au soleil » est l’un des deux pointus de l’association.
« Le Lundi au soleil » est l’un des deux pointus de l’association.
Mathieu Faure

Le long de la plage, les curieux s’arrêtent. Il faut dire que c’est assez impressionnant, de voir un pointu sorti de l’eau sur des rondins de bois, une méthode héritée de l’Égypte et qui tient encore la route. Sur terre, il faut ensuite les caler, les sécher et les protéger. C’est une habitude saisonnière, mais le monde marin a ses codes, ses rites, ses superstitions. On ne dit pas « cordes », mais « bouts », et on ne prononce pas le mot « lapin » en mer. « C’est du folklore », rigole François. Pour le lapin, il y a une explication : il est arrivé que l’on emporte des lapins en mer — pour être consommés —, sauf que si l’animal arrivait à sortir de sa cage, il prenait un malin plaisir à ronger le bois de la coque, les cordages et l’étoupe. Depuis, il est vu comme maudit à bord.

« L’importance de l’association est multiple : on doit surveiller et veiller à la préservation de la plage tout en gérant le patrimoine que représentent nos pointus. L’association a d’ailleurs deux pointus : Un lundi au soleil et La vie en rose », conclut François. Difficile de manquer cette dernière : tout de rose peinte, c’est la barque la plus photographiée du site et elle participe à la visibilité de l’association. Une association qui remettra ses pointus et ses pontons en ordre de marche, début avril 2027, et proposera, ensuite, tout ce qui fait son charme et sa renommée : des promenades en mer, des animations, des courses, des concours de pêche et, surtout, de la convivialité.


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