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"On devrait laisser leur ville cramer" : au lendemain de la manifestation du 17 octobre à Toulouse, de nouveaux affrontements et une ville sous tension

l'essentiel Au lendemain des violents affrontements du 17 octobre, plusieurs centaines de personnes ont de nouveau convergé vers Jean-Jaurès ce dimanche. Pendant près de deux heures, contrôles, insultes, projectiles, interpellations et courses-poursuites ont rythmé une nouvelle journée sous très haute tension dans le centre de Toulouse. Voici ce qui s'est passé. 

Devant un hôtel des allées Jean-Jaurès, un adolescent vêtu de noir lève les mains en apercevant le cordon de policiers. "Je ne suis pas un manifestant, je veux juste passer", assure-t-il. Un fonctionnaire s’avance pour le contrôler. Le jeune homme recule brusquement et évite de quelques centimètres un coup de matraque. L’agent de sécurité de l’établissement tente de le retenir. Il se dégage et prend la fuite. Ce dimanche, à quelques mètres, d’autres adolescents sont fouillés. L'un d'eux est blessé à la jambe. "On en a plein le cul de voir vos gueules", lâche un policier. Un employé de l’hôtel observe la scène avant de lancer aux fonctionnaires : "Mais tabassez-les !"

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Au lendemain des affrontements qui ont secoué Toulouse pendant plusieurs heures, la tension n’est pas retombée. Dès 14 heures, un nouvel appel à se rassembler à Jean-Jaurès, relayé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs boucles Telegram de l’ultragauche, a attiré quelques centaines de personnes. Face à elles, un dispositif policier considérable quadrille les rues du centre. Très vite, insultes et projectiles fusent en direction des forces de l’ordre. "Je baise ta mère !", hurle un jeune homme en lançant un objet. Des slogans hostiles à la police montent des groupes qui se dispersent à l’approche des unités.

Des policiers à cran 

Pendant près de deux heures, le centre-ville devient le théâtre d’un nouveau jeu du chat et de la souris. Rue Matabiau, plusieurs jeunes soupçonnés d’avoir tenté d’incendier des poubelles sont interpellés. Ailleurs, les contrôles se multiplient. "Si t’es pas dans la manif, tu dégages", intime un policier à un passant.

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Les nerfs sont à vif. Certains fonctionnaires ne cachent plus leur exaspération. "On devrait laisser leur putain de ville cramer", glisse l’un d’eux. À des jeunes fouillés un autre prévient : "Vous allez vous faire matraquer si vous restez dans les gaz, même si vous courez vite." Le sérum physiologique retrouvé sur eux est jeté.

"Ils parlent mal, j’ai la haine", peste un adolescent après ce contrôle. Une vieille dame, elle, ralentit devant les rangées de policiers en uniforme. "Je n’aime pas voir ça", souffle-t-elle. Au lendemain d’une journée marquée par les pillages, les violences et plus de cent interpellations, Toulouse reste sous tension, où manifestants et policiers semblent désormais se regarder comme deux camps qui s’attendent déjà au prochain affrontement.