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On connaît désormais la température du T. rex, et elle n’est pas ce...

Peut-être par analogie avec nos lézards et reptiles actuels, les dinosaures ont longtemps été considérés comme des animaux « à sang froid », c'est-à-dire dont la température corporelle dépend largement de celle de leur environnement. C'est pour cela que l'on voit les lézards se chauffer sur les pierres au soleil, ou se cacher à l'ombre lorsque les températures montent trop. On dit, en langage scientifique, qu'ils sont ectothermes.

Les lézards sont ectothermes : la température corporelle dépend largement de celle de leur environnement. © Lucarelli, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Des modes de vie qui correspondent plutôt à des animaux à sang chaud

Mais les dinosaures ne ressemblent pas nécessairement aux reptiles actuels sur le plan de leur physiologie. La classification moderne les place au sein des sauropsides, mais leur mode de régulation thermique a pu être très différent de celui de nombreux reptiles actuels. Il n'y a donc aucune raison de croire automatiquement que les dinosaures étaient nécessairement ectothermes.

Les recherches paléontologiques des dernières décennies laissent d'ailleurs penser qu'au moins certains d'entre eux étaient endothermes, c'est-à-dire capables de produire et de maintenir une température corporelle assez élevée. C'est d'ailleurs le cas des oiseaux, qui font partie de la lignée des dinosaures théropodes, comme le tyrannosaure.

Les oiseaux, descendants de la lignée des dinosaures, sont bien à sang chaud. © Wouter_Marck, iStock

Il n'y a donc pas forcément de raison de penser que T. rex devait obligatoirement se dorer la pilule au soleil. Mais la science ne peut se satisfaire de lien aussi hasardeux. Il fallait des preuves. Mais comment estimer, plus de 60 millions d'années après leur disparition, la température de ces géants du Crétacé ? Une équipe de chercheurs a pourtant trouvé une astuce.

L'étude, publiée récemment dans la revue Science Advances, dévoile ainsi comment les scientifiques de l'UCLA (Université de Californie à Los Angeles) ont réussi à mesurer la température corporelle d'un tyrannosaure en analysant... l'une de ses dents.

Un tyrannosaure relativement « chaud »

L'émail des dents renferme en effet des isotopes rares du carbone et de l'oxygène, qui sont liés entre eux. Or, la fréquence de ces liaisons dépend de la température à laquelle elles se sont formées : elles sont plus nombreuses à basse température et moins nombreuses lorsque la température augmente.

L'oxygène est la mémoire de la vie des dinosaures. Ici, dessin de Tyrannosaurus. © Ryans720, DP

Sang chaud ou froid : la géochimie isotopique appliquée aux dinosaures

Les dinosaures n'étaient pas des reptiles à sang froid. Ils n'étaient pas non plus exclusivement terrestres. Enfin, certains d'entre eux vivaient sous des climats particulièrement froids et ont très probablement admiré leur territoire couvert de neige en hiver. C'est ce que nous apprend la géochimie isotopique car l'oxygène est, en quelque sorte, la mémoire de la vie des dinosaures…... Lire la suite

Les chercheurs ont donc prélevé une petite quantité d'émail à l'aide d'une fraise dentaire, avant de le dissoudre dans de l'acide phosphorique pour libérer du CO2 contenant les isotopes recherchés. Ce gaz a ensuite été analysé par spectrométrie de masse pour déterminer la proportion de ces liaisons. Et là, surprise ! « Nous avons découvert que le T. rex avait une température de 36 °C, proche de celle des humains », explique Robert Eagle, co-auteur de l'étude. Cette température est donc nettement supérieure à celle des reptiles actuels (environ 28-30 °C), mais inférieure à celle des oiseaux (environ 40-43 °C). « Elle est comparable à celle d'un mammifère à fourrure, par exemple », indique le chercheur.

Une capacité à vivre dans des environnements plus froids

Ce résultat, qui constitue un nouvel argument en faveur de l'endothermie du T. rex, est en accord avec de nombreuses observations, comme son mode de vie, mais aussi sa distribution géographique. En effet, des fossiles de tyrannosaures ont été découverts en Alaska, dont on sait que le climat durant le Crétacé était déjà relativement froid. Le fait d'avoir le « sang chaud » aurait donc permis à ces animaux de s'étendre sur des territoires aux conditions climatiques plus rudes.

« En utilisant les modèles paléoclimatiques du passé, nous avons pu reconstruire l'aire de répartition du T. rex en Amérique du Nord il y a 66 millions d'années, qui s'étendait du Mexique jusqu'à l'Alaska, en fonction des régions où il aurait pu survivre avec une température corporelle de 36°C », explique Alessandro Chiarenza, co-auteur de l'étude.

T. rex. © AzDude, DP

La situation climatique au temps des dinosaures

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Reste désormais une question : si le T. rex était bien capable de maintenir une température corporelle élevée, à quel moment de l'histoire des dinosaures l'endothermie est-elle apparue, et pourquoi ?