"On accueille gratuitement les clients qui devaient aller en Gironde" : ces campings ouvrent leurs portes aux touristes sinistrés après les incendies
Alors que les incendies ont forcé plusieurs établissements girondins à fermer leurs portes, des campings voisins ont décidé de ne pas laisser les vacanciers sans solution. En Charente-Maritime, les professionnels de l’hôtellerie de plein air préparent un accueil solidaire pour les personnes dont le séjour en Gironde ne peut plus avoir lieu.
Entre 70 et 100 emplacements pourraient ainsi être proposés gratuitement, ou presque, au cœur de la saison estivale. Selon le journal Sud-Ouest, l’objectif est double : permettre aux touristes de maintenir leurs vacances près de l’océan et éviter que les gérants touchés par les feux aient à rembourser toutes les réservations.
Des campings de Charente-Maritime prêts à héberger les vacanciers de Gironde
La Fédération de l’hôtellerie de plein air de Charente-Maritime souhaite participer au dispositif lancé par son organisation nationale. Concrètement, les établissements volontaires réserveraient une partie de leurs places disponibles aux clients qui devaient séjourner dans les zones girondines touchées. Ceux-ci pourraient ainsi poursuivre leurs vacances dans un environnement côtier assez proche de celui qu’ils avaient initialement choisi, sans avoir à chercher dans l’urgence une nouvelle destination.
La gratuité porterait sur l’emplacement ou l’hébergement mis à disposition. Il pourrait néanmoins rester quelques frais limités, comme la taxe de séjour. L’effort demandé aux professionnels charentais-maritimes est loin d’être anodin en plein été, période durant laquelle les places libres se font rares. Mais Morgan Moreau, vice-président départemental de la fédération et gérant du camping Port-Punay à Châtelaillon-Plage, pense qu’une réponse collective est possible. « Mais sur 250 adhérents, on doit pouvoir trouver entre 70 et 100 emplacements. Ce qui serait déjà pas mal, en pleine saison ! »
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De nombreux campings ont dû être évacués en Gironde.
Les campings profitent des dernières disponibilités créées par les annulations
Même pendant les semaines les plus chargées, un camping affiche rarement complet jusqu’au dernier emplacement. Des désistements surviennent parfois quelques jours seulement avant l’arrivée prévue, libérant des parcelles ou des locations déjà équipées. Ces disponibilités de dernière minute pourraient donc être attribuées aux familles dont les vacances ont été annulées à cause des incendies.
La fumée aperçue dans le ciel de Charente-Maritime a également inquiété certains visiteurs. Dans le pays royannais, situé près de la Gironde, plusieurs réservations auraient été annulées par crainte d’un rapprochement des feux ou d’une dégradation de la qualité de l’air. Les places devenues vacantes pourraient désormais servir à accueillir les touristes déplacés. Le nombre exact d’hébergements proposés n’est pas encore garanti. Mais les représentants de la profession espèrent une grande mobilisation de leurs 250 adhérents.
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Grâce à l'entraide entre campings, les vacanciers devraient pouvoir reprendre le cours de leurs vacances.
Pour les campings sinistrés, cette solidarité peut éviter une vague de remboursements
Cette opération doit aussi apporter un peu d’air aux exploitants girondins contraints d’interrompre leur activité. Lorsqu’un séjour ne peut pas être assuré, le remboursement des clients représente une charge supplémentaire pour des entreprises déjà privées de recettes. Le transfert vers un autre établissement permettrait aux vacanciers de conserver leur réservation, tout en limitant les pertes financières pour les professionnels directement touchés par les incendies.
Pour Jean-Baptiste Dagréou, président départemental de la fédération, l’entraide entre collègues ne se discute pas : « la solidarité s’impose ». Il redoute une situation très difficile à la fin de l’été et craint de voir « 40 campings fermer en Gironde à la fin de la saison. » Les professionnels de Charente-Maritime avaient déjà été appelés à s’entraider en 2010, après le passage de la tempête Xynthia. Mais cette fois, leur mobilisation ne pourra sans doute pas tout régler. Face à l’ampleur des pertes annoncées, Jean-Baptiste Dagréou demande également une intervention publique : « Il va falloir que l’État prenne ses responsabilités ! » En attendant d’éventuelles mesures, les emplacements libres deviennent une première réponse concrète pour sauver les vacances des touristes et soutenir une profession durement frappée.