« On a repensé une usine plus simple » : la stratégie de Novandie-Andros pour économiser 40 % d’eau depuis 2019
L’usine de Maromme, près de Rouen, fait figure d’exemple pour les autres usines du groupe Novandie-Andros, mais aussi pour d’autres acteurs de l’agro-industrie.
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L’industrie agro-alimentaire est gourmande en eau. « Et nous travaillons avec des agriculteurs aussi consommateurs d’eau », complète Frédéric Juhel, directeur qualité, sécurité et environnement chez Novandie-Andros, lors de la matinale organisée à Rouen, jeudi 9 juillet 2026. Et d’ajouter : « Nos usines, une cinquantaine dans le monde, ont la consommation d’une petite ville. »
L’usine de Maromme est accompagnée depuis 1993 par l’Agence de l’eau qui a conduit une vingtaine d’études et de projets pour un montant d’1,2 million d’euros d’investissement. « L’agence a aidé à hauteur de 450 000 euros », observe Gaël Carré, chargé d’opérations de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Veolia accompagne également Novandie-Andros. « Ils apportent une technicité que nous n’avons pas », reconnaît Frédéric Juhel.
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« On a travaillé sur la façon dont on nettoyait l’usine. »
Pour autant, c’est bien la volonté du groupe, qui produit les yaourts et crèmes dessert Mamie Nova, qui a conduit à une économie de 40 % d’eau depuis 2019 sur le site de Maromme. « Parce qu’on avait une multiplicité de produits, on est reparti sur une usine plus simple, avec des consommations d’eau qui sont plus orientées. On a travaillé sur la façon dont on nettoyait, et petit à petit, nous avons avancé. Ça ne se fait pas en une fois », parle d’expérience le directeur qualité.
Faire recirculer l’eau
Une autre usine, située du côté de Chartres, a, elle, réduit sa consommation d’eau de 15-20 %. « Nous valorisons une deuxième fois l’eau en sortie de station d’épuration, ce qui nous a permis de remplacer un forage que l’agriculteur avait en projet », détaille-t-il.
Frédéric Juhel sait que la ressource en eau nécessitera de plus en plus de partager les usages. Il insiste pour autant sur les contraintes des industriels en cas de sécheresse. « Quand on s’arrête, on arrête de consommer du lait, on arrête de vendre nos produits sur place… on peut tout lâcher. C’est à prendre en compte », prévient-il à l’adresse de la Dreal et de son référent eau en Normandie, Stéphane Tassaing.
Et de poursuivre : « Quand on est bon élève, on doit être quelque part récompensé ou en tout cas mis en avant. » Quelle récompense vise-t-il ? Éviter un arrêté de restriction d’eau en période de sécheresse pour pouvoir faire tourner l’usine qui fait sa part toute l’année.
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