« On a peur de sortir de chez nous » : les pannes d’ascenseurs prolongées pourrissent la vie des habitants de cette résidence à Antibes
À la résidence du Roi Soleil, route de Saint-Jean à Antibes, la colère des habitants ne faiblit pas. Dans la tour de onze étages, qui compte 66 logements, le quotidien des résidents est devenu un véritable calvaire.
En cause : la panne prolongée des installations. L’un des deux ascenseurs (le A2) est à l’arrêt depuis deux mois, dans l’attente de pièces de rechange. Une surutilisation, qui a fini par faire céder le second appareil (le A1), laissant la tour totalement paralysée durant tout un week-end.
Pour les résidents, les conséquences sont graves. La copropriété abrite de nombreuses personnes vulnérables, des familles avec des bébés et des personnes âgées, désormais bloquées chez elles. « On a peur de sortir de chez nous, c’est une appréhension constante. On descend à pied pour de petites courses, mais porter des charges est impossible. Sans aide, on perd toute notre indépendance », témoigne une résidante de 90 ans.
Face à cette urgence, un sentiment d’abandon prédomine. Les habitants dénoncent une absence totale de communication et de réactivité du syndic Square Habitat. Contacté, celui-ci n’a pas donné suite à nos sollicitations. Pour que ce sujet soit pris au sérieux, il a fallu toute l’opiniâtreté d’un copropriétaire, Olivier Benetton, multipliant les relances auprès de l’ascensoriste Kone.
Un conflit financier au détriment des usagers
Derrière ces dysfonctionnements à répétition, se cache une situation financière tendue. Le syndic invoque un refus d’intervenir de l’ascensoriste lié à des impayés récurrents. Des dettes, principalement causées par un commerce et un propriétaire défaillants.
Une justification inacceptable pour les résidents à jour de leurs charges : « Nous sommes pris en otage en pleine période estivale pour des litiges internes. On parle de sécurité et d’obligation de service, surtout avec 300 euros de charges par mois ! », s’insurge un habitant.
Alors que l’ascenseur relancé montre déjà des signes de fatigue, la tension s’annonce vive lors de la prochaine assemblée générale. Les copropriétaires exigent des solutions pérennes et des comptes.