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Ray-Ban Meta et Meta Glasses : l’IA progresse, la caméra devient optionnelle

Des lunettes audio sans caméra, des montures plus variées et un agent capable de transformer une affiche de concert en rappel sur notre téléphone : à Londres, les nouveautés Meta nous ont convaincus par des usages assez simples. Reste une question importante pour la France : lesquelles de ces fonctions pourrons-nous réellement utiliser au lancement ?

© Colin Golberg

© Colin Golberg

Avec sa nouvelle collection présentée à Connect, Meta multiplie les façons de porter son assistant. Les Ray-Ban Meta Audio se passent de caméra, les Ray-Ban Meta Gen 3 renouvellent les modèles capables de filmer, et les Meta Glasses élargissent le choix des montures. Les Meta Ray-Ban Display, elles, préparent leur arrivée française avec un écran intégré. Des familles distinctes, dont il vaut mieux comprendre les différences avant de choisir une paire.

Nous avons découvert ces nouveautés lors d’un briefing à Londres, avec des essais de lunettes et plusieurs démonstrations d’IA. Notre préférence ne va pas forcément au modèle qui accumule le plus de fonctions. Les Audio nous ont particulièrement plu, tandis qu’une démo dans la rue a donné un intérêt très concret à Muse, l’agent personnel de Meta.

Des nouvelles lunettes sans caméra : sur le papier, cela ressemble à une concession. À l’usage, nous y voyons surtout une proposition intéressante pour ceux qui veulent écouter de la musique, passer des appels et parler à un assistant sans porter un appareil capable de filmer.

Les Ray-Ban Meta Audio sont très légères et agréables à porter. Leur design nous a plu, et l’assistant vocal a bien fonctionné lors de notre prise en main. Meta annonce un poids de 43 grammes, des charnières à sur-extension, des embouts ajustables par un professionnel et des plaquettes réglables ou remplaçables. La gamme comprend les formes Clubmaster et Burbank, avec 23 combinaisons de couleurs et de verres, ainsi qu’une compatibilité avec des verres correcteurs.

L’absence de caméra impose un choix clair : pas de photos, pas de vidéos, et pas d’analyse par les lunettes de ce que l’on regarde. En échange, on retire aussi une partie de l’ambiguïté sociale des modèles équipés pour filmer. Cela ne règle pas toutes les questions de confidentialité, puisque les microphones et l’assistant restent présents, mais nous apprécions de pouvoir choisir cette version.

L’autonomie annoncée atteint 12 heures, avec jusqu’à 48 heures supplémentaires grâce à l’étui. Des chiffres que notre essai ne permet pas de vérifier. Les Audio doivent être livrées à partir du 13 octobre, avec un prix de départ de 349 dollars. Meta n’indique pas de tarif français dans les documents qui nous ont été transmis.

Des montures moins sages, et c’est tant mieux

Meta a fait un vrai effort sur les styles. Nous préférons même les lignes plus modernes des Meta Glasses à celles des Ray-Ban Meta, plus traditionnelles à notre goût. C’est évidemment personnel, mais c’est précisément l’intérêt d’élargir la collection : tout le monde n’a pas envie de porter la même monture pour accéder aux mêmes usages.

Les modèles Capri et Nova rejoignent les Meta Glasses. Les collaborations se poursuivent avec une Starfire Ivory signée Kylie Jenner et des éditions LISA déclinées sur les Adventurer et Capri. À cela s’ajoutent un programme Mix & Match pour combiner monture, verres et couleur d’étui, ainsi qu’une nouvelle Adventurer à 249 dollars, annoncée pour le 23 octobre. Le constructeur prévoit plus de 100 options de lunettes d’ici la fin de l’année, en comptant ses différentes gammes et variantes.

Les Ray-Ban Meta Gen 3 conservent pour leur part la caméra et accueillent les formes Aviator et Zena, en plus des modèles existants. Meta annonce un design affiné, un bouton personnalisable pour accéder à l’IA et jusqu’à neuf heures d’autonomie. La caméra de 12 MP filme en 3K, tandis qu’un ensemble de six microphones doit améliorer la voix dans les environnements bruyants.

Le prix de départ annoncé est de 449 dollars, avec une disponibilité dès le lancement de Connect. Là encore, ces montants américains n'ont pas encore de correspondants en euros.

Muse : un agent IA qui écoute et regarde

La démonstration la plus parlante s’est déroulée dehors, devant un magasin de musique londonien. Nous regardions une affiche liée à un événement musical et avons demandé un rappel pour ne pas oublier de réserver les places du concert. Le rappel est bien arrivé sur notre téléphone. Cela a fonctionné comme attendu, et c’est exactement le genre d’action qui rend l’assistant intéressant pour lancer des actions sans même sortir un smartphone de sa poche.

Déjà lancé aux États-Unis sur d’autres supports, Muse doit rejoindre les lunettes pour travailler en arrière-plan puis revenir vers l’utilisateur lorsque la tâche est terminée. Le constructeur évoque la prise de rendez-vous, la recherche de vols, le suivi des repas ou l’aide à l’achat d’un produit aperçu devant soi.

L’arrivée européenne a été évoquée, malheureusement sans date précise. Il faudra donc distinguer ce que Meta sait montrer aujourd’hui de ce que chaque acheteur français pourra utiliser. Notre démo donne envie d’y croire, mais ne permet pas de raccourcir ce calendrier.

Les Meta Ray-Ban Display arrivent en France

La gamme dotée d’un affichage intégré a désormais un prix et une date pour la France : à partir de 899 euros, avec des précommandes à l’annonce et une disponibilité le 13 octobre. Meta prévoit la vente en ligne et un premier déploiement physique à Paris, ainsi que des verres correcteurs dans les boutiques optiques EssilorLuxottica concernées.

Le constructeur annonce de nouvelles fonctions de navigation, l’affichage des notifications du téléphone, la retouche des photos directement dans les lunettes et un calendrier plus complet. Une application Explore doit aussi permettre de découvrir des expériences web conçues pour cet affichage, tandis que Threads accueille des fils communautaires.

Les itinéraires vélo et les informations de transports doivent arriver d’abord aux États-Unis et au Canada, l’achat des Display en France ne signifie donc pas l’accès immédiat à tout ce programme.

Même prudence pour Hologram, prévu en accès anticipé sur WhatsApp aux États-Unis à l’automne. Après une capture du visage dans l’application Meta AI, cette fonction doit afficher une représentation photoréaliste de l’utilisateur pendant les appels. Sur les Display, les expressions sont déduites de sa voix : les lunettes ne filment pas réellement son visage pour en reproduire chaque mimique.

Des fonctions supplémentaires qui demandent encore du recul

Pour les modèles équipés d’une caméra, Dynamic Photo permet de choisir une image parmi plusieurs captures, avec une suggestion possible de l’IA. Landscape Crop Mode ajoute une sortie horizontale par recadrage, et la capture Dolby Atmos doit enregistrer un son spatial associé aux vidéos. Meta annonce aussi Private Processing, présenté comme un moyen de traiter des données sans que l’entreprise puisse les voir.

La LED de capture reste un autre point sensible, régulièrement au cœur de polémiques. Meta indique avoir renforcé la détection de son masquage pour désactiver la caméra lorsqu’elle est obstruée. Nous n’avons bien sûr pas pu tester ce dispositif, qui ne suffit pas à lui seul à épuiser les questions posées par la captation dans l’espace public.

Enfin, Hearing Enhancement vise les adultes percevant une perte auditive légère à modérée. Meta présente le logiciel comme autorisé par la FDA, avec un lancement américain sur certains modèles plus tard dans l’année, pour 149,99 dollars ou via Meta One. Rien qui permette d’annoncer une disponibilité française. Des réglages de balance et de son mono, ainsi que des réponses visuelles enrichies notamment avec les retours de personnes malvoyantes, complètent les nouveautés d’accessibilité.

Nous retenons surtout deux choses de cette découverte : le plaisir de porter des lunettes audio légères, sans caméra, et la réussite d’une action aussi banale qu’utile avec Muse. Le choix des montures progresse également assez pour que nos préférences esthétiques trouvent leur place. Pour un acheteur français, il faudra maintenant regarder autant la liste des fonctions réellement disponibles que la forme des lunettes. C’est elle qui fera la différence entre une belle démonstration et un accessoire dont on se sert chaque jour.

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