"Nous nous sentons complètement délaissées" : le projet de déplacement du Relais petite enfance et de la ludothèque pour y construire un parking suscite la colère des assistantes maternelles à Cahors
l'essentiel Le projet de création d’un parking à la place du relais petite enfance (RPE) et de la ludothèque de Cahors fait monter la colère des assistantes maternelles. Elles dénoncent un manque de concertation, jugent le futur site envisagé inadapté et redoutent une dégradation des services dédiés à la petite enfance. De son côté, le maire Vivien Coste assure qu’aucun déménagement n’aura lieu sans solution de relogement conforme et dit ne pas comprendre l’inquiétude exprimée.
"Nous nous sentons complètement délaissées", déplore Mélanie Bonnelle, assistante maternelle au sein des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) du Grand Cahors. Si les professionnelles reconnaissent que les locaux actuels sont vieillissants et nécessitent d'importants travaux, elles ne comprennent pas que leur démolition soit envisagée pour laisser place à un parking.
"On a l'impression qu'on rase un service essentiel à la petite enfance pour construire 42 places de stationnement"
Le projet de réaménagement du secteur situé à proximité du palais de justice de Cahors, où sont actuellement installés le relais petite enfance (RPE) et la ludothèque du Grand Cahors, continue de faire réagir. Alors que la municipalité prévoit d'y aménager un parking, des assistantes maternelles dénoncent un manque de concertation et redoutent une dégradation des conditions d'accueil.
"On a l'impression qu'on rase un service essentiel à la petite enfance pour construire 42 places de stationnement", estime Mélanie Bonnelle, au nom des ATSEM du Grand Cahors. Les assistantes maternelles disent surtout craindre les conséquences d'un déménagement précipité. Selon elles, aucune solution concrète n'a encore été présentée alors que le calendrier évoque un départ à l'horizon 2027.
Le futur pôle petite enfance envisagé par la municipalité dans les anciens locaux de l'école Sainte-Valérie ne rassure pas davantage. "Ce bâtiment est fermé depuis des années, il nécessite d'importants travaux et il ne sera pas prêt dans les délais annoncés", affirme Mélanie Bonnelle. "Il n'est pas possible à ce jour d'y amener les enfants, rien n'est adapté dans ce lieu pour les accueillir. S'il n'y a pas de gros travaux effectués, nous ne mettrons pas les petits là-bas", poursuit-elle. Les professionnelles s'interrogent également sur les conditions de sécurité, d'accessibilité et de fonctionnement pendant une éventuelle période transitoire.
"Nous avons besoin d'un lieu réellement adapté aux jeunes enfants"
Pour les assistantes maternelles, le relais petite enfance est un outil indispensable à leur activité quotidienne. Elles y suivent des animations avec les enfants, participent à des formations et doivent pouvoir justifier de leur fréquentation auprès de la Protection maternelle et infantile dans le cadre du renouvellement de leur agrément. "Nous avons besoin d'un lieu réellement adapté aux jeunes enfants. Nous ne pouvons pas accepter une solution provisoire qui ne garantirait pas leur sécurité", insiste la porte-parole. Une pétition devrait être lancée à la rentrée afin d'élargir la mobilisation.
Face à ces critiques, le maire de Cahors, Vivien Coste, affirme ne pas comprendre l'ampleur des inquiétudes exprimées. Il rappelle que la création de nouvelles places de stationnement figurait parmi ses engagements de campagne, au même titre que la création d'un véritable pôle petite enfance.
"Il y a autant d'engagement politique à créer ce parking qu'à développer un pôle petite enfance moderne", assure-t-il. Selon l'édile, les deux projets sont indissociables et traduisent la même volonté d'améliorer les services proposés aux habitants.
"Nous n'allons pas mettre nos propres services à la rue"
Le maire insiste surtout sur un point : aucune fermeture ne sera décidée sans solution de remplacement. "Nous n'allons pas mettre nos propres services à la rue, ce sont des milliers d'euros nécessaires pour financer ce projet qui est réfléchi et construit", affirme-t-il. Les recherches se poursuivent pour trouver un site temporaire répondant aux exigences de surface, d'accessibilité et de sécurité. Si aucun local satisfaisant n'est identifié, le calendrier du parking sera repoussé.
Concernant le projet définitif qui devrait être délocalisé à Sainte-Valérie, Vivien Coste reconnaît que le bâtiment nécessitera une rénovation importante, notamment en raison d'un ancien litige concernant la toiture. L'objectif reste toutefois d'y regrouper, à terme, le relais petite enfance, la ludothèque et d'autres services dédiés aux familles afin de créer un véritable pôle petite enfance. "Nous voulons construire ce projet avec les professionnels lorsque le moment sera venu. Il n'est absolument pas question de dégrader le service rendu aux familles", conclut-il.
En attendant, le dossier reste suspendu à la recherche d'une solution de relogement. Si la municipalité se veut rassurante, les assistantes maternelles, elles, attendent désormais des garanties concrètes avant de croire à un déménagement sans conséquences pour les enfants et les familles.