"Nous avons été réveillés à 4h du matin, les flammes étaient 50 fois plus hautes que les arbres" : Louyse et Nicolas ont dû fuir Cap Ferret
Ce qui devait être une semaine de repos s'est transformé en un périple à travers les flammes et les cendres pour cette famille waterlootoise. Louyse logeait chez ses grands-parents à Piraillan lorsque les feux se sont déclarés. Ce village est situé à l'intérieur de la presqu'île de Cap Ferret (France) et il n'y a qu'une seule voie d'accès.
Dès mardi, Louyse, son père Nicolas et le reste de la famille ont suivi les nouvelles locales avec beaucoup d'attention. "Nous avons commencé à apercevoir de gros nuages de fumée. Nous n'avons pas bougé directement car nous avions l'information que le feu était contenu", se souvient Nicolas. "Jeudi, nous avons été réveillés en pleine nuit par la sécurité civile. Le feu n'était plus du tout contenu et il commençait à s'étendre très fort."
Suivez notre direct sur les incendies en France et en Espagne"Nous avons vu les multiples départs de feu en direct, c'était impressionnant. Mon grand-père nous avait dit qu'on allait peut-être devoir évacuer, donc nous avons mis nos téléphones en sonnerie. Mais je ne m'attendais pas du tout à être réveillée comme ça en pleine nuit", raconte Louyse.
Messages d'alerte
La sécurité civile a diffusé des messages d'alertes sur les téléphones portables. "Ils ont fait évacuer la presqu'île du Cap Ferret de manière assez ordonnée", poursuit Nicolas. Ils ont commencé à 2h avec les premiers villages (Claouey, Petit Piquey, Grand Piquey), puis à 4h avec Piraillan, Canon, L'Herbe et La Vigne. Ce choix a été fait pour éviter les embouteillages et la panique. L'évacuation s'est achevée vers 6h du matin avec le Cap Ferret, la pointe de la presqu'île.
Lorsque la famille waterlootoise a été réveillée par l'alerte, leur réaction a été instantanée. "Nous sommes partis en suivant les instructions, sans rien prendre d'autre qu'un slip et un tee-shirt. Toutes nos affaires sont encore là-bas."

Dans l'urgence, à huit dans la voiture avec le chien, l'équipée prend la route de Bordeaux où habite le frère de Nicolas. "Il nous a reçus vers 5h du matin", relate le papa. "C'était vraiment impressionnant car on voyait le feu depuis l'autoroute", développe l'adolescente. "Même si c'était la nuit, on pouvait estimer la taille des flammes. Elles étaient 50 fois plus hautes que les arbres."
Crise d'angoisse
Si l'évacuation s'est faite dans le calme, quelques passagers n'ont su apaiser leurs inquiétudes. "Mon neveu était paniqué et ma belle-mère a fait une crise d'angoisse. Elle n'a pas pu dormir, elle se sentait oppressée car on sentait le feu et les cendres", se remémore le Waterlootois.
À Bordeaux, leur calvaire n'était pas pour autant achevé. La ville était à moitié vide. Les activités en terrasse étaient déconseillées par les autorités. "Beaucoup de gens portaient des masques FFP2 pour se protéger des cendres", complète Nicolas. "Nous avons fait des activités en intérieur (bowling, restaurant) sans jamais aller en terrasse. Ces dernières étaient vides à cause de la fumée. Les rues sentaient la cendre."
Incendies "hors normes" en France: plus de 197.000 personnes évacuées, un avion militaire déployé, "un record historique" d'hectares ravagésAprès deux jours, la troupe a décidé de quitter la métropole bordelaise. "Rester chez mon frère était confortable mais un peu angoissant, à écouter les informations locales en boucle, toutes les heures. On ne voulait pas rester sans profiter de nos vacances. Nous avons donc rejoint la Rochelle où habite un de mes frères."
La bonne nouvelle pour eux, c'est que le feu n'a pas atteint la maison où ils logeaient à Cap Ferret. La mauvaise, c'est qu'ils ne savent pas quand ils vont pouvoir récupérer leurs affaires.
L'aventure qu'a vécue cette famille n'est pas un cas isolé. Depuis que les incendies ravagent le sud de la France, une partie de l'Espagne et de l'Italie, plus de 300 000 personnes ont dû être évacuées.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.