« Nous avons entendu plusieurs tirs accompagnés d’aboiements de chiens » : alors que l’ouverture de la chasse est le 13 septembre, pourquoi des battues ont-elles déjà été organisées dans plusieurs communes de la Côte d’Azur ?
Mais pourquoi certains habitants du territoire entendent-ils, depuis plusieurs semaines, des coups de feu liés à des battues, alors que l’ouverture générale de la chasse n’est fixée qu’au 13 septembre 2026 ? Ces derniers jours, des internautes se sont, en effet, étonnés d’avoir aperçu, ou simplement entendu, des tirs dans les massifs de l’ouest des Alpes-Maritimes.
« Plusieurs coups de feu ont été tirés près du village, accompagnés d’aboiements de chiens », témoigne Stéphanie, habitante de Pégomas. « Nous avons entendu plusieurs tirs accompagnés d’aboiements de chiens de chasse » constate également Marie-Jo, résidente d’Auribeau-sur-Siagne.
« Je suis sortie faire mon footing et je suis tombée sur des chasseurs qui bloquaient le pont de la Frayère » abonde Cynthia, elle aussi domiciliée dans la commune.
Même situation un peu plus à l’est, à Roquefort-les-Pins, où Domi dit avoir entendu « des meutes de chiens de chasse et des coups de feu dans les bois ».
« Certaines opérations peuvent en effet bénéficier de dérogations »
Alors, s’agit-il de battues illégales ou d’une ouverture anticipée de la chasse ? « Ni l’un ni l’autre, répond Pierre Bouhelier, président de la société de chasse de Valbonne. Si l’ouverture générale de la chasse est bien fixée au 13 septembre, certaines opérations peuvent, en effet, bénéficier de dérogations et se dérouler avant cette date. »
C’est notamment le cas dans les communes classées Esod (Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) par la préfecture. Dans ces secteurs, des interventions contre les sangliers peuvent être autorisées depuis le 1er juin 2026, à condition de disposer d’une autorisation préfectorale, délivrée en cas de dégâts avérés et précisant les modalités d’intervention.
Depuis le 23 août 2026, des battues peuvent également être organisées, avec notamment la tenue d’un carnet de battue. La chasse à l’affût ou à l’approche est également possible dans ce cadre. « Toutes ces informations sont disponibles sur le site de la fédération départementale des chasseurs, rappelle Pierre Bouhelier. Il est important que les habitants le consultent, afin de ne pas être surpris s’ils entendent des coups de feu. »
Ces opérations répondent par ailleurs à des règles de sécurité strictes. « Les chasseurs suivent des formations spécifiques à la sécurité des battues administratives, qui ne présentent pas de danger pour la population. »
Un manque d’information ?
Reste une question, qui revient régulièrement dans les témoignages publiés sur les réseaux sociaux : celle de l’information du public. Comme Stéphanie, qui regrette ainsi « l’absence d’information officielle » et estime que « ce manque de clarté alimente l’inquiétude ».
« Sans directives ni arrêtés connus, il devient difficile de comprendre les règles, de garantir la sécurité de chacun et de prendre les bonnes décisions, notamment pour nos aînés et nos enfants, écrit-elle. Il est urgent que des informations fiables soient communiquées afin de protéger la population et de rassurer tout le monde ».
À Auribeau-sur-Siagne, commune classée Esod, le maire, Florent Rossi, fait savoir que, « lorsque des battues ont lieu sur des terrains publics ou concernent des parcelles communales, nous communiquons systématiquement auprès de la population. En revanche, les municipalités ne sont pas tenues de le faire lorsqu’elles se déroulent sur des terrains privés. »
Des battues administratives avant tout décidées par l’État, puisqu’elles relèvent d’opérations de destruction ordonnées pour des motifs de sécurité ou de salubrité publiques. Et qui sont conduites sous le contrôle et la responsabilité technique des lieutenants de louveterie, désignés par la préfecture. Si un maire peut aussi déclencher une battue dite « municipale », notamment en cas de carence des propriétaires ou des détenteurs du droit de chasse, là encore, l’opération reste placée sous le contrôle administratif du préfet.