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« Nous avons décidé d’agir ensemble » : Emmanuel Macron reçu dans la Trump Tower par Donald Trump

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Le président français Emmanuel Macron marche aux côtés de Jérôme Bonnafont (à gauche), représentant permanent de la France auprès des Nations unies, et du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (au centre), alors qu'ils se dirigent vers la Trump Tower à New York, le 21 septembre 2026, en amont d'une rencontre avec le président américain Donald Trump.

© LUDOVIC MARIN/AFP

Dès son arrivée à New York, lundi 21 septembre, pour l'assemblée générale de l'ONU, Emmanuel Macron a été reçu par Donald Trump pour une rencontre privée. Le président français a qualifié leur échange de « très constructif ».

«Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump. » Après son séjour à Saint-Pierre-et-Miquelon, le président Emmanuel Macron est arrivé aux États-Unis pour l'Assemblée générale des Nations unies, lundi 21 septembre. Dès sa sortie d'avion, il a été convié - avec toute sa délégation - au sein de la Trump Tower pour un échange privé avec son homologue. À sa sortie, le chef d'État a salué un échange « très constructif ».

Les discussions ont notamment porté sur l'envolée des prix du pétrole qui plombe l'économie mondiale. Emmanuel Macron a proposé plusieurs initiatives à Donald Trump pour juguler cette envolée, dont une résolution à l'ONU sur la réouverture du détroit d'Ormuz ( par lequel transite 20 % du commerce mondial d'hydrocarbures), la protection de sites saoudiens et une « trêve énergétique » dans le conflit en Ukraine.

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Une action collective à Ormuz

« Plusieurs solutions ont été évoquées (...) qui permettraient, sans avoir un accord global, de trouver les voies et moyens de faire passer davantage de porte-conteneurs et de tankers dans le détroit d'Ormuz », a ainsi expliqué Emmanuel Macron à des journalistes, sans plus de précisions. « La France veut travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU garantissant la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz », a précisé une source diplomatique.

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Des États membres de l'ONU pourraient participer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit, et permettre ainsi à Washington et Téhéran de recentrer leurs discussions sur d'autres sujets clés, dont le programme nucléaire iranien. La France et le Royaume-Uni ont déjà mis en place une mission multinationale d'une quarantaine d'États pour sécuriser le détroit, notamment par du déminage. Mais celle-ci est conditionnée à un arrêt des hostilités et a suscité jusqu'ici peu d'intérêt chez Donald Trump.

Moratoire sur les frappes

La France est aussi prête à œuvrer à la « sécurisation » d'infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les Houthis, dans une « approche strictement défensive », a précisé la source diplomatique citée. Pourraient ainsi être protégés la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation cruciale pour le brut saoudien.

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Les combattants pro-iraniens houthis ont mené dernièrement des attaques contre des installations du géant pétrolier saoudien Aramco à Yanbu. L'oléoduc est aussi à l'arrêt après des attaques de drones venues d'Irak, selon Ryad. « Il ne s'agit aucunement de prendre part au conflit avec les Houthis », a toutefois insisté cette source, alors que les rebelles ont pris le contrôle d'une autre voie stratégique, le détroit de Bab el-Mandeb.

La guerre en Ukraine en fond

Emmanuel Macron a aussi précisé avoir eu une longue discussion avec le président américain sur « la nécessité d'aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs », et ce, alors que le président français rencontrait Volodymyr Zelensky dans la foulée. Un entretien à l'issue duquel le président français a évoqué sur le réseau X la « perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire ».

« On voit bien qu'aujourd'hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région », a-t-il souligné devant la presse, sans préciser si cette trêve devait aussi porter sur les frappes ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes.

Donald Trump a estimé lundi que la Russie avait « perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l'Ukraine », appelant de nouveau à arrêter la guerre. La Turquie, exaspérée par les frappes en mer Noire, a soumis de son côté un protocole d'accord à Kiev et Moscou pour mettre fin aux attaques contre les navires de commerce.

Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump.

Nous avons décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.… pic.twitter.com/1B3WyPWGH0

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 22, 2026

À l'issue de cette rencontre, Emmanuel Macron a écrit sur X : « Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump. Nous avons décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Nous allons aussi mettre nos efforts en commun pour obtenir un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et contre les infrastructures civiles ukrainiennes. Les populations civiles doivent être protégées et nous devons engager au plus vite une négociation sérieuse sur les conditions de la paix entre la Russie et l’Ukraine. »

Une discussion « en toute franchise »

Avant leur rencontre, Emmanuel Macron avait promis de parler « en toute franchise » à Donald Trump pour essayer de « l'orienter vers les bonnes décisions » concernant en particulier l'Ukraine. Il s'agissait notamment pour la partie française de tenter de convaincre son homologue américain de « maintenir l'effort de soutien à l'Ukraine » et de « renforcer la pression à exercer sur la Russie ». Les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit. Ils souhaitent aussi être associés aux négociations, notamment sur la future architecture de sécurité du continent européen.

Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre - après une visite à Moscou - pour relancer la médiation américaine dans ce conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais les cycles de négociations tripartites n'ont jusqu'ici pas abouti à des avancées concrètes.