"Nous allons témoigner" : Cécile Kohler et Jacques Paris vont raconter leurs années de détention en Iran dans un livre
Cécile Kohler et Jacques Paris, rentrés en France le 8 avril après près de quatre ans de détention en Iran, annoncent la rédaction d'un livre sur leur captivité. Arrêtés en mai 2022 pour espionnage, ils ont vécu des événements marquants, dont le bombardement de leur prison en juin 2025. Ils souhaitent désormais témoigner de leur expérience.
Ils veulent mettre des mots sur leurs années de détention. Rentrés en France le 8 avril dernier après près de quatre ans passés en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris ont annoncé qu’ils écriraient un livre pour raconter leur expérience. L’ancien professeur de mathématiques l’a confirmé samedi 8 août, à Niort (Deux-Sèvres), lors d’une rencontre avec leur comité de soutien.
"Oui, nous allons témoigner, nous écrivons un livre", a déclaré Jacques Paris à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Sa compagne, Cécile Kohler, a expliqué que ce projet était né alors qu’ils étaient encore détenus : "Quand nous étions en détention, nous nous sommes dit : si nous rentrons, nous dirons ce qu’il y a à dire, nous témoignerons."
Leur prison bombardée en juin 2025
La Française entend notamment témoigner de ce qu’elle décrit comme une expérience hors norme, au cœur d’un pays bouleversé par de profondes crises. "Nous avons été des témoins captifs, et involontaires bien sûr, d’un système, de deux révolutions et de deux guerres, et dans l’une d’entre elles nous avons failli perdre la vie", a-t-elle ajouté.
En juin 2025, alors qu’ils étaient toujours détenus, la prison d’Evin, à Téhéran, a été visée par une frappe israélienne. Selon les autorités iraniennes, 71 personnes ont été tuées dans ce bombardement, parmi lesquelles des prisonniers, des proches venus leur rendre visite, des membres du personnel pénitentiaire et des riverains.
"Ils ne nous prendront pas une minute de plus"
Cécile Kohler, professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant retraité, avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage en Iran. Accusés d’espionnage au profit d’Israël, ils avaient été incarcérés à la prison d’Evin pendant plusieurs années avant d’être assignés à résidence dans l’enceinte de l’ambassade de France à Téhéran.
Ils n’avaient finalement pu quitter le territoire iranien que le 8 avril dernier. À leur arrivée en France, les deux anciens détenus avaient exprimé leur "bonheur immense" de retrouver leurs proches après ces longues années de séparation.
Désormais, ils disent vouloir profiter pleinement du temps retrouvé. "Ils ne nous prendront pas une minute de plus. Ils nous ont privés pendant quatre ans de nos proches, de tous les plaisirs de la vie, de toutes les choses simples qui font le sel de la vie."