Nostalgie auto. Road-Trip en Suzuki des années 2000. Comment roulait-on il y a 20 ans ?
Rendre hommage aux voitures banales, modestes, parfois oubliées, qui par la force des choses et du temps, sont devenues rares en bon état. C’est l’ambition du Festival Of The Unexceptional, lancé par Hagerty en 2014 pour célébrer les voitures ordinaires devenues rares.
Il se tient désormais chaque été à Grimsthorpe Castle, dans le Lincolnshire. Un festival où nous nous sommes rendus, armés d’une bonne dose de second degré et de deux véhicules ordinaires : une Suzuki Swift de 2004 et un Suzuki Vitara de 2005.
La Swift première génération
Lancée en 2004, la Suzuki Swift inaugure une nouvelle génération de citadine polyvalente et marque un profond renouvellement pour le constructeur japonais.
Avec ses formes compactes, ses phares étirés et ses volumes bien proportionnés, elle adopte une présentation moderne, à la fois sympathique et dynamique. A son lancement on dit d’ailleurs qu’elle ressemble un peu à la nouvelle Mini sans la prétention tarifaire.
Disponible en versions trois et cinq portes, elle mesure environ 3,70 m de long pour 1,69 m de large, ce qui la rend particulièrement à l’aise en ville.
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Avec son gabarit compact, la Swift passe partout. photo Suzuki.
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La Swift offre une fiabilité imbattable. photo Suzuki.
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L'ancienne Swift consomme davantage que l'actuelle. Environ 1.5 litres de plus. Photo Suzuki.
235 000 km et comme neuve
Nous partons de France pour rejoindre l’Angleterre au volant d’un des tout premiers exemplaires de cette génération, de 2004. Et pour cause, cette Swift était une des voitures du service presse, utilisée lors du lancement de la Swift la même année.
La voiture est alors rachetée par une salariée de la marque, puis revendue quelques années plus tard à un autre collègue de Suzuki France. En 22 ans, la Swift grise n’a jamais quitté “la famille”. Malgré ses 235 000 km, cette Swift a fière allure.
Non seulement elle démarre au quart de tour, ne consomme ni huile ni liquide de refroidissement, mais elle affiche un look qui n’a pas vieilli depuis. Et pour cause, les Swift suivantes ont conservé le même concept, avec les mêmes proportions.
La même sans écran ni bip
A l’intérieur, première surprise, il n’y a pas d’écran. On aurait tendance à l’oublier mais la manie de mettre des télés sur les planches de bord n’est pas si vieille et n’existait pas encore en 2004. On dispose donc d’une instrumentation claire et précise, avec des aiguilles.
Un simple adaptateur à quelques euros suffira pour écouter nos playlists préférées en voiture. En ville, la Swift se montre super agile, plutôt vive, et toujours aussi facile à vivre. On se rappellera tout de même qu’à l’époque il fallait passer les vitesses !
Mais cette Swift n’a pas vraiment vieilli, en termes de confort et de plaisir de conduite. On se surprend même à apprécier une voiture qui ne bip pas toutes les 10 secondes.
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Le confort de la Swift permet d'envisager de longs trajets. Photo Suzuki.jpg
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Nous nous sommes rendus au festival en Suzuki Swift de 2004.
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Pas d'écran dans la Swift, mais on peut conduire quand même. Photo Suzuki.
Elle était plus puissante en 2004 !
De Dunkerque, il faudra compter un peu moins de six heures de route, et de Paris un bon huit heures, avant de rejoindre le Grimsthorpe Castle. L’occasion de tester l’autoroute jusqu’au Shuttle. Le volume sonore est un peu plus élevé que sur les versions récentes de la Swift.
Même si la génération de 2004 était parmi les citadines les plus discrètes, les voitures sont plus silencieuses en 2026. Par contre, le 1.5 essence de 102 ch, associé au poids plume de l’engin autour des 900 kilos, se montre plus démonstratif et efficace que la version 2026 dotée d’un moteur de 82 ch pour le même poids.
Suzuki a réussi l’exploit de conserver le même poids, plus de 20 ans plus tard. Mais la Swift a perdu un paquet de chevaux entre les deux, essentiellement à cause des normes. Sur autoroute, cette version 1.5 peut atteindre 185 km/h et passer de 0 à 100 km/h en près de dix secondes, tout en offrant un confort encore très acceptable.
Malgré ses 235 000 km, cette citadine ne distille aucune vibration dans le volant, ni aucun bruit de roulement ou d’écoulement d’air. La réputation de solidité de la marque n’est pas usurpée.
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Les deux Suzuki, symbole d'une époque pas si lointaine. photo Suzuki.jpg
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Rouler décapoté impose un fort volume de décibels. Photo Suzuki.
Le Vitara a bien changé
Après quelques centaines de kilomètres sur les routes anglaises, nous échangeons notre monture contre un Suzuki Vitara cabriolet de 2005, affichant 115 000 km et également dans un état proche du neuf.
Changement d’ambiance, le Vitara était encore un vrai 4x4 baroudeur, haut perché et fait pour le franchissement. Les premiers tours de roues sont même déroutants.
On retrouve cette conduite un peu “virile” des tout-terrains de l’époque. Aujourd’hui le Vitara existe toujours dans la gamme Suzuki, il est également disponible en quatre roues motrices, mais c’est devenu un SUV.
Une autre époque
Sur l’autoroute, le Vitara affiche clairement ses limites. Ce n'était clairement pas son terrain de prédilection. Passé 110 km/h le bruit de la capote couvre celui des conversations et de la radio. Et si vous décapotez complètement, les bruits d’air seront encore plus envahissants.
Passé 120 km/h la tenue de cap devient incertaine et l’engin plafonne à 140 km/h, lancé à fond, dans un confort très incertain. Et pourtant, on ne peut s’empêcher de s’attacher à ce Vitara de 2005, vestige d’une époque où on pouvait acheter un véhicule différent.
Le Vitara a un look inimitable, il se montre presque confortable, diablement fun et terriblement attachant. Après avoir parcouru la campagne Britannique à son volant, on se prend à rêver du retour des vrais 4x4 et on lui pardonne tous ses défauts, gommés sur le Vitara actuel.
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La tenue de route de la Vitara a mal vieilli. photo Suzuki.
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Les 4x4 purs et durs n'existent plus sur le marché. photo Suzuki.
C’était mieux avant ?
Après un aller-retour chez nos amis britanniques, difficile de répondre à la question : est-ce que c’était mieux avant ? Premièrement parce que les deux voitures de notre road-trip sont totalement différentes. La Swift a inventé un concept chez Suzuki en 2004, toujours valable aujourd’hui.
Une petite citadine, mignonne, incassable, économique et légère. Une conception qui lui permet finalement de ne pas vieillir. Prenez une Swift de 2004, elle n’est pas si éloignée que ça d’une citadine actuelle et vous évitera de subir les alertes incessantes, de collision, d’endormissement, de trajectoire, etc. La seule chose qui nous a manqué c’est l’absence de régulateur de vitesse, bien pratique sur autoroute.
Pour le Vitara, difficile de comparer avec le modèle actuellement au catalogue de Suzuki France. Ce modèle qui était un vrai 4x4 pur et dur, s’est merveilleusement bien adapté à notre époque en devenant un SUV familial.
C’est moins original, mais le Vitara conserve quelques qualités de l’original, comme sa fiabilité, sa simplicité de conception et son tarif imbattable. Mais il perd en originalité, symbole d’une époque où on pouvait encore rouler différemment. Le confort et la sécurité ont un prix !