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“Nos relations n’ont pas toujours été simples” avec la Flandre: ce qu’il faut retenir du discours d’Adrien Dolimont

Le ministre-président wallon, Adrien Dolimont (MR) © BELGA

Fêtes de Wallonie

Invités d’honneur de l’édition 2026 des Fêtes de Wallonie, une première„ la Flandre et son ministre-président Matthias Diependaele ont pu goûter au sens de l’accueil wallon. Une bonhommie qui s’est néanmoins teintée de fermeté dans les discours officiels prononcés ( soms in het Vlaams) samedi après-midi au Théâtre de Namur, en présence du roi Philippe.

A.MA

Source: Belga

19 septembre 2026, 19:13Dernière mise à jour: 19:16

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Dit simplement: les Wallons sont sympas et aiment le cyclisme - on y reviendra - mais pas question qu’ils se laissent enfermer dans des clichés éculés entretenus par les partisans d’une “Belgique à la flamande”.

“Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’inviter la Flandre? Disons que nos relations n’ont pas toujours été simples. Nous nous sommes regardés à travers nos clichés, nos incompréhensions, nos susceptibilités. Nous nous sommes beaucoup comparés, parfois opposés. Le regard porté sur la Wallonie nous a parfois blessés, mais il pointait aussi des faiblesses que nous connaissions”, a d’emblée déclaré le ministre-président régional, Adrien Dolimont.

“Je connais les carbonnades à la flamande, la Belgique à la flamande, je l’avoue, m’est moins familière”

Adrien Dolimont (MR),Ministre-président wallon

“J’ai entendu cet été qu’une ‘Belgique à la flamande’ pourrait aussi faire l’affaire de la Wallonie. Je connais les carbonnades à la flamande, la Belgique à la flamande, je l’avoue, m’est moins familière”, a ironisé le libéral.

Plus sérieusement, “je crois que nous avons davantage à gagner à nous inspirer mutuellement qu’à nous imiter. Se comparer n’est pas nécessairement une mauvaise chose, à condition de préférer l’émulation à la compétition. Si une réforme fonctionne en Flandre, regardons ce que nous pouvons en apprendre. Si une réforme fonctionne en Wallonie - je tiens notre longue liste à ta disposition cher Matthias -, j’espère qu’elle pourra vous inspirer”, a-t-il ajouté.

“Un partenaire exigeant et loyal”

“Nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous avons trouvé, en vous, un partenaire exigeant et loyal”, a poursuivi le Premier wallon, en néerlandais dans le texte, avant d’évoquer son amour du vélo - on avait promis d’y revenir.

“Vous avez les Flandriennes, des pavés et des monts. Nous avons les Ardennaises, des côtes et des vallons. Nous avons des monuments qui ont chacun leur dureté, chacun leur beauté. Le cyclisme nous apprend une chose: dans un peloton, certains restent à l’abri dans les roues, ceux-là n’auront jamais d’impact sur l’épreuve. D’autres aiment secouer la course. Comme Remco qui attaque à 70 kilomètres de l’arrivée. Comme Wout qui s’offre à Roubaix bien plus qu’une victoire. L’histoire du sport, comme celle de la politique, ne retient pas ceux qui se cachent, ni ceux qui gèrent leur petit capital. Elle retient ceux qui osent”, a insisté le ministre-président wallon.

Le ministre-président flamand Matthias Diependale et son homologue wallon Adrien Dolimont © Photo News

Et ce dernier d’assurer dans la foulée qu’il accepterait “volontiers” une invitation de Matthias Diependaele à célébrer le 11 juillet, fête de la Communauté flamande. “À Namur, nous avons nos Échasseurs. À Courtrai, vous avez vos chevaliers. Nous avons visiblement conservé, de part et d’autre de la frontière linguistique, un certain goût pour les batailles. Gardons cela pour nos fêtes historiques.”

“Se mentir est facile”

Parce que les batailles qui comptent vraiment aujourd’hui sont “ailleurs”. À quelques encablures d’un conclave budgétaire qui s’annonce tendu, la nécessité de réduire le déficit a évidemment été évoquée. “Il y a plusieurs façons de réduire un déficit; dépenser moins, certains diront taxer plus, ou espérer très fort. En Wallonie, en Belgique aussi, nous avons beaucoup expérimenté la dernière. Se mentir est facile. Mais gouverner une région exige de tenir, et donc de revenir à des comptes publics sérieux”, a martelé Adrien Dolimont.

Autre sujet incontournable: l’incendie qui a ravagé les Hautes Fagnes en août. “Replanter et reconstruire en attendant la prochaine fois n’est pas une politique. Notre rôle est de tirer les leçons du drame. Nous n’empêcherons pas tout mais nous pouvons être mieux préparés. Cette adaptation nous oblige à regarder plus loin que nos échéances politiques. Nos mandats durent 5 ans. Le climat, lui, ne vote pas. Il nous faut juger une proposition pour ce qu’elle vaut, et non pour le camp dont elle provient”, a-t-il admis.

“La véritable concurrence se joue à l’échelle de l’Europe”

“La véritable concurrence ne se joue plus entre Namur, Bruxelles et Anvers. Elle se joue à l’échelle de l’Europe”, a enchaîné le ministre-président. “La question urgente est de savoir si, ensemble, nous sommes capables de compter parmi les meilleurs dans ce monde en mutation profonde. Samen sterker. Plus forts ensemble. Peut-être est-ce cela, finalement, notre point commun: avoir appris à faire de nos contradictions une identité”, a-t-il encore dit.

Enfin, un Flamand averti en valant deux, le libéral a bouclé son discours par une mise en garde amicale. “Ne soyez pas surpris si quelqu’un vous claque la bise. Si une accolade un peu vigoureuse vous fait sursauter. Si une dizaine de pékets vous tombent dans les mains. C’est cela, aussi, une Belgique à la wallonne”, a conclu Adrien Dolimont.

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