"Nos deux voitures foutues et notre façade défoncée" : à Marchin, Jessica et Adrien réclament pourtant des aménagements dans leur rue depuis des années
Ce dimanche 26 juillet 2026, à 2 h 50 du matin, Jessica, Adrien et leurs deux fillettes, qui habitent depuis cinq ans rue Ronheuville, ont été tirés de leur sommeil par un grand fracas. Ils se sont rendu compte très vite qu'un accident venait de se produire contre leur façade.
Une voiture, une Kia Sportage conduite par une dame qui revenait d'un événement dans le coin et qui aurait trop bu, avait en effet percuté la Kia Picanto de Jessica. Sous le choc, celle-ci a embouti la Toyota Corolla de son compagnon et percuté la façade de leur maison "alors qu'on se gare toujours au plus près de la maison pour ne pas gêner la circulation, au point d'avoir parfois du mal à ouvrir les portières des voitures", ajoute la propriétaire des lieux. Qui ajoute que l'endroit est également bien éclairé.

C'est que la rue, très fréquentée, de jour comme de nuit, n'est pas aménagée : pas d'accotements, pas de trottoirs ("même les gens qui attendent à l'arrêt de bus doivent s'enfoncer dans la haie de la maison d'en face"), pas de chicanes, pas de ralentisseurs… Et une portion en ligne droite, le long de laquelle se trouve la maison de la famille, après un grand virage et avant un autre. "Depuis qu'on est arrivés ici, on a déjà assisté à deux ou trois accidents sur 100-200 m de long, surtout la nuit. En choisissant de venir habiter ici, on n'imaginait pas ça du tout. Puis on s'est très vite douté que ce genre de choses arriverait un jour…"

Les riverains réclament des chicanes, des trottoirs et des places de stationnement
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir alerté les autorités communales, précise Jessica. Avec des voisins, ils ont déjà réclamé des aménagements de la rue à plusieurs reprises. "Mais soit ils font la sourde oreille soit ils nous trouvent toujours des excuses, déplore la Marchinoise. Alors que s'il y avait eu une chicane ou un dos-d'âne, la conductrice aurait peut-être pu se reprendre avant de foncer dans nos voitures. Ce qu'on voudrait ? Des chicanes en dur, des trottoirs et des places de stationnement bien délimitées pour freiner les gens dans leur virée et parce que, même en journée, on n'ose pas trop se balader dans la rue. Si au moins une de ces trois choses était faite, ce serait déjà bien…"

Jessica ne parle d'ailleurs pas que pour sa rue, son quartier. Pour elle, il manque d'aménagements routiers sur tout le territoire communal, de façon générale.
"On va avoir du mal à dormir les prochaines nuits"
Bilan de la nuit : pas de blessé, mais une famille choquée, une voiture déclassée, une autre qui doit encore être expertisée, des déplacements rendus compliqués ainsi que de la paperasse à gérer et une visite d'experts (pour la voiture d'Adrien et pour la façade) à planifier dans les prochains jours… "Je n'ai aucune idée de ce que je vais récupérer pour ma Kia et si ça me permettra d'acheter une nouvelle voiture, se demande encore Jessica. On a aussi dû beaucoup parler avec les filles et les rassurer et on a appelé mes parents pour qu'ils viennent s'occuper d'elles pendant qu'on fait toutes les démarches. On va en tout cas avoir du mal à dormir les prochaines nuits, c'est sûr…"
"Il est impossible d'installer des ralentisseurs ou autres dispositifs dans chaque rue", répond le bourgmestre
S'il est actuellement à l'étranger, le bourgmestre marchinois, Adrien Carlozzi, a pris le temps de nous répondre, après avoir vu la publication Facebook de Jessica. "Si je comprends bien, à lire les commentaires, chacun estime qu'on roule trop vite dans sa rue et que la solution serait d'y installer un dispositif de ralentissement. Je vous pose une question, sans polémique : pensez-vous sincèrement que cela réglera tous les problèmes ? Le vrai problème n'est-il pas, avant tout, le comportement de certains conducteurs derrière leur volant ? Il est évidemment plus facile de demander à la Commune d'intervenir partout que de rappeler à chacun sa responsabilité individuelle. Pourtant, aucune Commune n'a les moyens, ni techniques ni financiers, d'aménager chaque rue de son territoire."
Cela ne signifie pas pour autant que la Commue de Marchin ignore les difficultés rencontrées par certains de ses administrés. Le bourgmestre reconnaît que "certaines situations sont objectivement plus préoccupantes que d'autres et nécessitent des aménagements. Nous continuerons à les analyser et à intervenir là où cela est justifié."
Sans civisme, "aucun ralentisseur ne suffira"
Mais Adrien Carlozzi insiste et invite tout le monde à prendre un peu de recul, à réfléchir à ces questions sans se laisser guider par l'émotion. Pour lui, "la sécurité routière repose autant sur des infrastructures adaptées que sur le civisme et le respect du Code de la route. Sans cela, aucun ralentisseur ne suffira."
De toute façon, "il est matériellement et financièrement impossible d'installer des ralentisseurs ou d'autres dispositifs dans chaque rue où des habitants estiment qu'on roule trop vite. Enfin, je suis d'accord sur un point : lorsqu'un problème est signalé, il doit être examiné. C'est ce que nous faisons. En revanche, examiner une demande ne signifie pas nécessairement y répondre favorablement. Une Commune doit prendre ses décisions sur la base de critères objectifs et de l'intérêt général."
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