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Niklas Süle : vainqueur de la Ligue des champions, il dépanne dans les cages en 9e division - Sport.fr

Cinq titres de champion d’Allemagne, une Ligue des champions, 49 sélections. Et désormais, une paire de gants enfilée en urgence dans un club de neuvième division. La retraite de Niklas Süle ne ressemble à aucune autre.

Le gardien titulaire s’est cassé la main. Dans un club amateur, ce genre de pépin tourne vite au casse-tête. Au SV Tiefenbach, pensionnaire de la neuvième division allemande, la solution est venue d’un profil inattendu : Niklas Süle, ancien défenseur du Bayern Munich et du Borussia Dortmund, a enfilé les gants pour dépanner son équipe, rapportent Goal et Foot Mercato.

Et l’ex-international ne s’en est pas si mal sorti. Sur deux rencontres dans les cages, il a réalisé plusieurs arrêts convaincants. Le premier match s’est soldé par une courte défaite face au TSV Helmstadt (2-1), le second par une victoire arrachée sur le fil contre le VfB Epfenbach (3-2). Pas mal, pour un homme qui a passé treize ans à empêcher les attaquants d’approcher de ces mêmes cages.

Il faut dire que Süle n’en est pas à son premier changement de rôle. Arrivé cet été à Tiefenbach après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle, le défenseur central avait d’abord été repositionné… en attaque. Avec succès, puisqu’il avait marqué dès ses débuts, d’une tête sur corner. Défenseur, attaquant, gardien : il ne lui manque plus que le milieu de terrain pour boucler la panoplie, s’amusent les réseaux allemands.

L’histoire prête à sourire. Elle dit pourtant quelque chose de plus profond. Car Süle, 31 ans, n’a pas quitté le haut niveau par lassitude. Son contrat avec Dortmund n’a pas été prolongé, notamment en raison des nombreuses blessures qui ont jalonné sa carrière, en particulier au genou. Plutôt que de s’accrocher, il a choisi de tourner la page du football professionnel. Pas celle du football tout court.

Son explication, relayée par Foot Mercato, tient en une phrase : après treize ans chez les pros, c’est pour lui « un cadeau absolu de partager à nouveau le terrain avec mes potes ». Pas de contrat XXL, pas de conférences de presse, pas de pression. Juste le plaisir. Ou plutôt, le plaisir retrouvé.

Côté Tiefenbach, on se frotte les mains. Le club, actuellement 8e sur 16, avait lui-même reconnu que la présence d’un tel nom attirerait sans doute quelques spectateurs supplémentaires autour du terrain. Pari réussi : on parle aujourd’hui de ce petit club jusqu’en France. Et le clin d’œil est savoureux, puisque Süle y porte du jaune et du noir, comme au BVB.

Rarement une fin de carrière aura été aussi joyeuse. Loin des stades bondés de la Bundesliga et des soirées de Ligue des champions (qu’il a remportée avec le Bayern en 2020), Süle s’éclate comme un gamin. Le prochain défi ? Le milieu de terrain, peut-être. Avec lui, plus rien ne semble impossible.