Nick Kyrgios et les jeux vidéo, le cocktail détonnant à la base de la vocation de Térence Atmane
Térence Atmane (45e) défie au troisième tour du Masters 1000 de Cincinnati rien de moins qu'Alexander Zverev, numéro 3 mondial et tête de série n° 1. Accessoirement, l'Allemand a remporté Roland-Garros et était en finale de Wimbledon. Voilà qui permet de mesurer la montagne à gravir pour le natif de Boulogne-sur-Mer. Et si la randonnée ou l'escalade ne sont pas trop son truc, Atmane ne se met pas plus de pression que ça. Ce n'est pas le genre de la maison, tant il cherche avant tout à se focaliser sur le positif. Après tout, être un joueur de tennis professionnel et pouvoir en vivre, c'était son rêve de gosse.
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Au détour d'une conversation, il confie qu'il est venu tout seul au tennis car, dans sa famille, personne n'a jamais tenu une raquette. On lui demande alors ce qui a déclenché cet amour pour la balle jaune. La réponse, évidemment, ne pouvait pas dérouler le récit classique du gamin qui veut faire comme ses potes et qui finit par être meilleur qu'eux. Non, pas avec Térence Atmane.
Inscrit dans un club de tennis pour passer moins de temps sur sa console de jeu
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« Depuis tout petit, j'ai toujours adoré d'une façon inconditionnelle les jeux vidéo, raconte le Français. J'ai passé toute mon enfance, toute mon adolescence et une partie de ma vie d'adulte à jouer. Et il se trouve que je jouais énormément à un jeu de tennis sur ma Wii. Ma mère, que j'embrasse au passage, trouvait que je passais beaucoup trop de temps sur la console. Donc, quand j'avais sept ans, elle m'a inscrit dans un club de tennis. Et je la remercie, parce que sans ça, je n'en serais pas là aujourd'hui. »
On connaissait sa passion pour les cartes Pokémon, mais les jeux vidéo arrivent juste derrière. « Je jouais vraiment beaucoup. J'avais un oncle qui était également fan de jeux vidéo et quand je n'avais plus le droit de jouer à la maison, j'allais chez lui. » Et en matière de jeu, l'éclectisme règne. « Wii Sports, Castlevania sur PS3, Star Wars sur Gamecube. Je jouais à tout. Et puis les premiers Zelda sur NES, c'était juste génial. Et c'est comme ça que j'ai commencé à jouer au tennis. » Pourquoi n'est-on pas surpris...
« J'ai appris à connaître Nick Kyrgios et il est tout simplement adorable et formidable en tant qu'humain »
Tant qu'on y est, on lui demande si un joueur l'a influencé à ses débuts. La réponse fuse sans attendre. « Bien sûr, Nick Kyrgios. Il a toujours été au coeur de ma carrière. Il m'a tellement inspiré, c'est quelqu'un de tellement authentique, qui n'a pas peur, qui va toujours défendre ses valeurs. J'ai appris à le connaître et il est tout simplement adorable et formidable en tant qu'humain. Et son intelligence tennistique, je n'en parle pas. » Mais si Térence, parlez-en.
« En fait, ça m'arrive de lui envoyer des messages pour qu'il me renseigne sur des gars qu'il a pas mal joués. Je sais que, tennistiquement, il ne va pas dire de bêtises. Dans la vie de tous les jours, on sait comment il est, mais sur le tennis, il est extrêmement pointu. Il n'a pas approché le top 10 pour rien. Il avait un mental d'acier. Parce que ce n'est pas facile d'assumer le rôle qu'il jouait, pas facile d'assumer une personnalité aussi forte. Mais il l'a fait avec brio. J'ai toujours adoré le regarder jouer depuis que je suis petit. »

Nick Kyrgios, un joueur très important pour Térence Atmane. (P. Lahalle/L'Équipe)
Kyrgios n'est pas sa seule influence car il cite aussi le Chilien Fernando Gonzalez (5e mondial en 2007). « Je suis aussi en contact avec lui, de temps en temps. Il m'a beaucoup inspiré, notamment avec son gros coup droit, son agressivité sur le court. Si on observe mon jeu, on peut voir que, toutes proportions gardées, j'ai un revers un peu comme Nick, le service aussi. Sur le coup droit, j'essaie de faire comme Fernando. Comme Nick, si je peux faire le show, j'y vais. J'essaie de garder leurs bons côtés, de mixer ça à ma façon. »