taraskuzio.com

Namur : à la brocante de Temploux, les villageois font du bon débarras

Quelque 800 brocanteurs, des dizaines de milliers de visiteurs et un parcours long de 6 km… Côté mensurations, la brocante de Temploux a de quoi affoler les plus blasés des chineurs. Pays-Bas, Angleterre, Italie… On vient de toute l'Europe pour trouver la perle rare ou, au contraire, pour la vendre. Au-delà de sa dimension cosmopolite, l'événement reste avant tout une affaire de village. Et les habitants que l'on croise durant ce week-end de brocante sont fiers d'en être.

"Je pense qu'il y a trois types de Temploutois: il y a ceux qui fuient la brocante ou qui la subissent. Il y a ceux qui, au contraire, s'impliquent dans l'organisation. Et puis, il y a ceux qui en profitent pour vendre", confie Florence, qui a emménagé en 2018.

Entre famille et fidèles

Nombreux sont donc les villageois qui ont sorti leur barda dans l'espoir de faire de bonnes affaires. Mais pas seulement. "C'est devenu un rendez-vous familial", explique Lily, qui convie chaque année ses neveux et belles-sœurs à venir se délester de quelques affaires et, au passage, à réaliser un petit profit. La Temploutoise évoque un bénéfice qui tourne autour de 500 euros sur le week-end. L'allée du garage est truffée d'objets, mais aucun ne crève le plafond en termes de prix. "Chez Lily, tout est à petit prix", promet une affichette disposée devant l'habitation.

Celle qui habite Temploux depuis quinze ans s'est littéralement prise au jeu de la brocante. Au point que ses proches hésiteraient presque à lui offrir un cadeau, de peur de le retrouver sur son stand lors de l'édition suivante. Elle rigole: "Je récupère les objets que les amis s'apprêtent à jeter et je les vends quelques euros. Ça me permet de renouveler mon stock", dit-elle.

Au fil du temps, les clients finissent par revenir et une relation particulière se tisse entre les habitants et ceux qui arpentent leur rue un week-end par an.

"On a fidélisé les brocanteurs autour de chez nous", embraye Céline, à quelques dizaines de mètres de là. "On les accueille, on leur offre à boire, on met nos toilettes à disposition et parfois, on leur propose même une douche."

Pour la jeune femme, prendre part à la brocante est une évidence. "Mon mari est dans le comité. Je n'ai pas le choix", plaisante-t-elle. Si, devant la maison, une table sur laquelle reposent quelques affaires à vendre a été installée, le commerce n'est pas le but premier de la famille. "On sort tout ça, d'abord pour participer", assure Céline.

Si le cœur du village constitue l'épicentre de l'événement, en dehors du périmètre aussi, cela s'anime devant certaines maisons. "On est un peu à l'écart, mais tout près du parking, donc il y a pas mal de passage", confie Anne-Sophie, en place depuis 5 h 30 du matin.

Depuis douze ans qu'elle a posé ses valises à Temploux, elle a fait de la brocante une sorte de rituel. "Certains en profitent pour partir en week-end. Nous, on préfère participer. De toute façon, on ne peut pas vraiment bouger, on est coincés chez nous. Et puis, c'est important pour l'animation du village", expose notre interlocutrice, qui a aussi œuvré comme bénévole, par le passé.

"Ma grande passion, c'est de regarder les gens passer"

On en arriverait presque à se demander si les Temploutois ont encore besoin d'un grenier pour stocker les objets dont ils n'ont plus l'utilité. "Moi, je n'ai plus rien à vendre", déclare Florence, qui a pourtant une échoppe bien garnie juste devant chez elle.

"Je vends pour des collègues et des amis. Ils m'apportent les objets la semaine avant avec une liste de prix. Il y en a trois différents, comme ça, j'ai une marge de manœuvre pour négocier", explique-t-elle.

Si Florence ne vend rien pour son propre compte, elle profite davantage du spectacle qui se déroule devant chez elle. "Ma grande passion, c'est de regarder les gens passer", avoue-t-elle, visiblement comblée.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.