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Mulhouse. Les écoles attendent 540 enfants en moins à la rentrée prochaine

À chaque rentrée, la municipalité de Mulhouse annonce toujours ses effectifs scolaires avec des pincettes.

De nombreuses familles ont la particularité de déménager très souvent et les directeurs s’attendent à recevoir des retardataires bien après les premiers jours de reprise. Le gros des nouveaux arrive en petite section de maternelle et en CP, les autres passant d’une année à l’autre de façon plus automatique. Cette fois la situation sera inédite, signale le nouvel adjoint en charge de l’éducation, Denis Pauliac. « Ce sera la première fois depuis de très très longues années, trente ans sans doute, que l’on passera en dessous de 10 000 élèves. On estime qu’il y aura autour de 540 enfants en moins. »

Les ajustements doivent se faire avec discernement, estime l’adjoint au maire Denis Pauliac.   Photo Jean-François Frey

Les ajustements doivent se faire avec discernement, estime l’adjoint au maire Denis Pauliac.   Photo Jean-François Frey

Ce chiffre suit une baisse démographique globale, selon « une courbe descendante en dents de scie. Il est extrêmement difficile de savoir où les enfants disparaissent. Sans doute ne sont-ils pas nés ».

L’an dernier, pour la rentrée 2025/2026, les enfants des 63 écoles mulhousiennes étaient au nombre de 10 750. Ils étaient un peu plus de 10 800 en début de l’année scolaire 2024, 11 077 en 2023 , 11 341 en 2022 et encore 11 600 en 2021. « Cette baisse démographique aura inévitablement des conséquences sur la carte scolaire dans les prochaines années, y compris à Mulhouse, continue Denis Pauliac.

Certaines écoles de la ville restent encore bien pleines et des disparités sont importantes selon les quartiers.   Photo archives Jean-François Frey

Certaines écoles de la ville restent encore bien pleines et des disparités sont importantes selon les quartiers.   Photo archives Jean-François Frey

Les fermetures de classes auraient pu être plus importantes

Les premiers ajustements ne vont pas tarder. « Malgré une baisse de 540 élèves, Mulhouse enregistre un solde de 17 fermetures de classes. Si l’on appliquait strictement un ratio moyen d’environ 21 élèves par classe, la baisse des effectifs aurait pu conduire à près de 27 fermetures. Le maintien de plusieurs classes témoigne de la prise en compte des réalités de notre territoire et des besoins particuliers de nos écoles. En tant qu’adjoint à l’éducation, enseignant et directeur d’école retraité depuis septembre dernier , je considère que ce résultat est aussi le fruit d’un dialogue permanent, exigeant et respectueux avec la direction académique. On sait que des écoles sont plus compliquées que d’autres, avec des grandes sections, CP et CE1 tous dédoublés, dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire REP et REP +. »

En dépit de « sa courbe inévitablement descendante, Mulhouse conserve ses écoles à forte densité, comme Nordfeld, Henri-Sellier ou Koechlin. Le problème va être l’anticipation pour une ville aussi complexe, avec ses quartiers tantôt dynamiques, tantôt à la baisse ».

Selon l’Afut, « la carte scolaire est amenée à évoluer tous les ans ».   Photo archives Vincent Voegtlin

Selon l’Afut, « la carte scolaire est amenée à évoluer tous les ans ».   Photo archives Vincent Voegtlin

Certains quartiers restent en tension

« La question de la prospection scolaire est centrale en ce moment. Le constat est partagé : on a de moins en moins d’enfants », confirme Jennifer Keith, chargée d’études à l’Afut Sud-Alsace. L’Agence de fabrique urbaine et territoriale publiera en septembre une étude globale dans le cadre d’un programme partenarial, impliquant notamment Mulhouse Alsace agglomération (M2A), en charge du périscolaire.

Elle estime « cette baisse étonnante pour Mulhouse, une ville jeune », d’environ 106 000 habitants dont 25 % d’enfants et de jeunes. Elle se démarque par « des mouvements résidentiels qui lui sont propres et des variations par quartiers qui sont énormes ». Jennifer Keith reste aussi prudente : « Cette tendance globale reste à confirmer par rapport aux quartiers en tension. La carte scolaire est amenée à évoluer tous les ans. »