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Moyen-Orient: le Kurdistan irakien, cible à «bas coût» pour le régime iranien

L'Irak n'est pas épargné par la montée des tensions. L'Iran a notamment intensifié ses frappes sur le Kurdistan irakien. Depuis début juillet, près de 56 drones et missiles iraniens ont touché cette région où sont retranchés les groupes d'opposition kurdes iraniens. Ces derniers accusent notamment le régime d'avoir mené une attaque au phosphore blanc le 18 juillet dernier.

Publié le : 23/07/2026 - 13:52

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Dans la nuit de samedi à dimanche 19 juillet, une attaque au drone a visé une base du PAK, groupe kurde iranien en exil. Sur les vidéos fournies par les peshmergas, on aperçoit un drone dans l'obscurité, puis un nuage de fumée blanche.

« On a entendu un bruit arriver et j'ai vu de la fumée, le feu et une explosion tout au même moment. J'ai couru et après j'ai vu que j'étais brûlé », raconte celui des neuf blessés le plus touché. Son visage est couvert de cloques, tout comme son ventre, son dos, ses bras et ses mains. Sur ses pieds, un morceau de chaussette est resté collé à la chair nécrosée. Sur les vidéos, les hommes semblent peiner à respirer.

« C'est la fumée qui les a brûlés »

Pourtant, ils étaient à des dizaines de mètres de l'explosion, souligne la responsable des relations internationales du PAK, Hana Omar. « C'est la fumée qui les a brûlés et d'ailleurs tout était brûlé dans un rayon de 50 m autour de l'impact », affirme-t-elle. Le feu a été bien plus difficile à éteindre que lors des précédentes frappes et le bruit de l'explosion a semblé plus faible aux combattants.

Autant d'indices, accompagnés d'analyses médicales, qui ont amené le PAK à accuser le régime iranien d'avoir utilisé des munitions contenant du phosphore blanc. « L'utilisation de ce gaz est une violation des principes fondamentaux du droit international humanitaire », affirme le parti dans un communiqué. Il appelle la communauté internationale à se saisir de l'affaire et à mener une enquête indépendante.

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Intensification des attaques

Au début de la guerre, les partis kurdes iraniens ont été présentés en alliés par Washington. Le président Donald Trump avait annoncé une opération terrestre menée par les combattants kurdes. Mais l'opération était trop risquée et menaçait d'engager dans la guerre toute la région du Kurdistan irakien, qui aurait servi de base de lancement d'une offensive.

Aujourd'hui, ces groupes en exil sont une cible à « bas coût » pour le régime iranien, estime l'un des porte-parole du Parti démocratique du Kurdistan iranien, Asso Hassan Zadeh. « Tous les partis politiques du Kurdistan iranien dont les bases sont ou étaient situées dans les profondeurs du Kurdistan irakien ont été visés sans exception. » Certaines, situées près d'Erbil, la capitale de la région, bénéficient du système de défense antiaérien mis en place pour les bases et le consulat américains, mais d'autres sont plus sévèrement touchées. « Avec l'intensification des frappes américaines ces derniers jours, l'Iran a intensifié ses attaques sur l'opposition kurde basée en Irak, note Asso Hassan Zadeh. Cela lui permet de montrer sa capacité de destruction, de faire peur à la population et de détourner l'attention de l'opinion publique iranienne et internationale. »

La lutte contre des forces dites « séparatistes » a en effet toujours été un argument du régime iranien pour appeler à « l'union du peuple contre les ennemis de la nation ». En temps de guerre, cette stratégie est encore plus exacerbée. « Face à cette violence, la communauté internationale, les pays européens, y compris la France, restent étrangement silencieux, dénonce Asso Hassan Zadeh. Aussi bien sur l'épisode meurtrier qui nous concerne, mais aussi lors des discussions sur un accord de paix. Malheureusement, on parle de tout sauf des droits de l'Homme, des droits des peuples d'Iran et du principal facteur de stabilité, qui est la démocratie et la mise en place d'un régime représentatif et libre en Iran. »

De leur côté, les autorités kurdes irakiennes condamnent les attaques sur leur sol mais tentent de garder une certaine neutralité. Tout comme le gouvernement irakien, la région veut éviter d'être entraînée totalement dans la spirale de violence. L'Irak souffre de la guerre depuis son premier jour. En plus des bombardements sur le Kurdistan irakien, les groupes armés chiites présents sur son sol ont été visés par les États-Unis et ont ensuite riposté. Très dépendante des exportations de pétrole, l'économie est violemment touchée et le pays repose aussi sur l'Iran pour des services de base tels que l'électricité.

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