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Mouscron : le Petit Cornil à bout des aboiements des chiens de garde

Au fond du jardin de Stéphane se trouve l'ancien vaste complexe de Louis De Poortere transformé en plusieurs espaces abritant diverses entreprises. Notre simple apparition à plusieurs dizaines de mètres de l'extrémité du bâtiment qui nous intéresse pour prendre le cliché qui illustre cet article déclenche d'emblée un concert d'aboiements de trois bergers malinois chargés de protéger un hangar de stockage d'une enseigne belge d'ameublement et de décoration.

"Dès qu'il y en a un qui aboie, les autres s'y mettent. Ils ont déjà aboyé trois fois durant l'interview. Multipliez cela par 24 heures dans une journée ! Même avec le double vitrage et la télévision allumée, ça résonne par-dessus…", dit le riverain.

Entre les deux, le chemin de fer trace son sillage et le passage du train semble, sur le moment, générer moins de nuisances sonores.

Un dialogue à l'amiable impossible

L'excitation de ces trois chiens est permanente, de jour comme de nuit, à la simple apparition d'un être humain – "On sait précisément quand les ouvriers arrivent tous les matins !" – ou au moindre passage d'un animal, nombreux dans le zoning… Des dizaines et des dizaines de familles n'en peuvent vraiment plus.

Elles regrettent le dialogue impossible avec le patron qui a déjà pu être interpellé et ont donc décidé de passer au braquet supérieur : une pétition a déjà rassemblé plus d'une cinquantaine de signatures appelant à l'intervention de la Ville. Cette dernière dit entendre et comprendre la crispation, et monte actuellement un dossier face à ce qui semble être l'évidence.

"Il y a tellement de solutions alternatives qui existent! Ce n'est pas une vie pour ces chiens..."

"Nous savons que l'enseigne s'est installée à Mouscron après avoir quitté le zoning d'Orcq où elle causait le même problème, pense savoir Stéphane. Le patron dit qu'il a besoin de sécuriser son site et que les chiens sont la solution, sauf qu'ils sont enfermés dans des box et qu'ils aboient tellement que le jour où il y aura vraiment une intervention nécessaire, personne ne réagira ! Les entreprises voisines n'ont pas besoin de chiens, elles usent d'autres systèmes efficaces…"

Lorsque les aboiements deviennent trop importants, ils appellent le commissariat pour constituer leur défense. "Nous ne devons même plus vraiment expliquer le motif de notre appel : lorsque nous indiquons la rue de la Royenne, le problème est connu. Une patrouille intervient et un nouveau PV est dressé pour ce qui est constaté afin de compléter le dossier administratif. On sait que les policiers hurlus sont en sous-effectif et on aimerait qu'ils puissent être mobilisés sur autre chose que ces aboiements. Cela impacte vraiment tout le monde."


La bourgmestre : "On ne reste pas les bras croisés"

Ann Cloet a déjà pu échanger avec les riverains à propos de ce problème qu'elle compte bien régler, ayant déjà eu entre les mains et entendu verbalement plusieurs rapports éloquents de la police constatant la situation sur site, et confirmant le tapage qui n'a que trop duré.

Elle sait aussi l'agacement d'un temps de traitement d'un dossier qui semble toujours trop long pour les principaux intéressés et s'explique : "Si le problème dure depuis six mois, ce n'est qu'en juin que les riverains m'ont alerté de la situation. J'ai bien conscience de ce problème de nuisances sonores constantes pour les riverains que j'ai reçu et que j'ai rappelé moins même, encore récemment. Cependant, je ne peux pas convoquer la personne à la base de ce problème avec un dossier vide. Cela implique un traitement administratif. Des PV sont donc dressés lors de chaque constat. Le dossier suit son cours, la police tient cela à l'œil et me fait des comptes rendus (encore ce vendredi), le service juridique de la Ville s'y implique aussi."

La bourgmestre précise enfin que la cellule Bien-être animal de la Ville a par ailleurs été saisie "mais il n'y a pas de problème qui a été constaté de ce côté-là", lui a-t-on fait remonter, ce qui fait tiquer les riverains ayant une vue constante sur trois chiens enfermés continuellement dans un petit box de barreaux métalliques avec un lit de paille, "protégés sous une plaque de tôle ondulée, même durant la canicule. Ils étaient encore plus excités lors de ces fortes chaleurs."

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