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Mort de Delphine Jubillar : "Nous savons désormais dans quelles conditions atroces Cédric Jubillar s’est séparé du corps de son épouse"

l'essentiel L’identification des ossements retrouvés à Mailhoc prouve qu'ils appartiennent bien à Delphine Jubillar. Si cette confirmation apporte un début de réponse aux proches de la jeune femme, de nombreuses zones d’ombre subsistent avant le procès prévu en septembre.

L’un des mystères de l’affaire Jubillar s’est donc dissipé hier : les ossements découverts la semaine dernière dans un champ agricole de Mailhoc appartiennent bien à Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
"Il s’agit d’un jour très important pour les parties civiles", réagit auprès de La Dépêche Me Philippe Pressecq, avocat de Lolita, une cousine de Delphine. "Nous connaissons désormais cet élément primordial qui nous manquait. Nous savons dans quelles conditions atroces Cédric Jubillar s’est séparé du corps de son épouse. Cette façon de faire permet d’éluder toute idée de mort par imprudence."

L’avocat ne croit pas à la thèse d’une dispute ayant mal tourné. "Quand on voit que, plusieurs semaines avant les faits, il disait à tout le monde qu’il allait la tuer et l’enterrer, puis la manière dont il s’est débarrassé du corps, c’est incompatible. On sent quelque chose de prémédité. Même son changement de version n’est, selon moi, qu’une tentative de sauver sa peau."

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La date du procès en appel au cœur d’une bataille d’avocats

Pour Me Mourad Battikh, qui défend les intérêts de l’oncle et de la tante de Delphine Jubillar, le résultat des analyses ADN était "attendu". "C’est néanmoins extrêmement dur, extrêmement douloureux, extrêmement malheureux pour la famille", a-t-il déclaré à BFMTV. "Aujourd’hui, ils vont pouvoir se recueillir sur une partie du corps de Delphine. Malheureusement, on devra se contenter de deux fémurs." Les fouilles, interrompues en fin de semaine dernière après cette découverte, semblent désormais définitivement terminées.

Pour autant, l’affaire est loin d’être entièrement élucidée. Les circonstances de la mort de Delphine Jubillar demeurent une énigme que la science ne pourra sans doute jamais résoudre. Par ailleurs, la tenue du procès, prévu à partir du 21 septembre, fait plus que jamais l’objet d’une bataille d’avocats.

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"Il est inconcevable d’organiser un procès le 21 septembre"

La défense, qui n’a pas souhaité réagir hier, estime qu’un maintien de cette date reviendrait à organiser "une parodie de justice". "Il est inconcevable d’organiser un procès le 21 septembre alors qu’il doit y avoir une expertise psychologique et psychiatrique de M. Jubillar, un retour sur les lieux et une reconstitution", avait plaidé vendredi Me Pierre Debuisson, à l’issue des fouilles de Mailhoc. "Ce qui est important, ce n’est pas de faire les choses rapidement, c’est de bien les faire."

Les parties civiles défendent, elles, la position inverse. "On espère surtout que l’on ne change pas l’agenda, parce que cela voudrait dire que Cédric Jubillar dicterait encore le calendrier, qu’il serait le maître des horloges", estime Me Battikh. "Il n’y a pas de raison" de reporter le procès, abonde Me Pressecq. "Nous n’aurons jamais de scène de crime. Nous allons devoir faire confiance aux déclarations de Cédric Jubillar. Moi, je ne lui fais pas confiance. À ce stade, il peut être jugé et condamné." Le 8 juillet, deux jours après les aveux de Cédric Jubillar révélés par La Dépêche du Midi, la cour d’appel de Toulouse avait d’ailleurs confirmé l’ouverture du procès au 21 septembre.

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"Respecter et protéger" l’intimité des enfants

Dernier élément, et non des moindres : alors que le dossier s’est considérablement accéléré ces derniers jours, Cécile Agry-Verdun, administratrice ad hoc des deux enfants du couple Jubillar, est intervenue ce week-end pour demander à l’ensemble des parties prenantes de l’affaire, ainsi qu’aux médias, de "respecter et protéger" l’intimité des jeunes Louis et Elyah. "Aucune tolérance ne sera acceptée", a-t-elle prévenu.