taraskuzio.com

Mons: Une nouvelle pétition réclame davantage de mixité dans les rôles du Petit Lumeçon

Le débat sur la place laissée filles dans le folklore, qu'il s'agisse du grand ou du petit Lumeçon, est loin d'être neuf à Mons. Il revient aujourd'hui sur le devant de la scène avec une nouvelle pétition, lancée par Gwennaëlle Rege, qui demande à la Ville d'ouvrir une réflexion sur la mixité des rôles proposés aux enfants. À l'heure d'écrire ces lignes, en deux jours à peine, elle a déjà recueilli 219 signatures.

La démarche part d'une réflexion personnelle, mais se veut plus large. "Récemment, j'ai demandé à ma fille de 9 ans quel rôle elle aimerait un jour pouvoir tenir dans le Petit Lumeçon", raconte la Montoise. La réponse de l'enfant l'a interpellée. "Elle m'a expliqué, avec tristesse, que le rôle qu'elle convoitait lui était malheureusement inaccessible pour une seule raison : elle est une fille. En 2026, je ne peux me résoudre à considérer cette situation comme normale."

Gwennaëlle Rege estime dès lors que la question mérite d'être posée en 2026. Elle précise ne pas vouloir remettre en cause le Doudou, mais s'interroge sur la possibilité de faire évoluer certains usages. "Une tradition reste vivante précisément parce qu'elle est capable de se transmettre et, lorsque cela est nécessaire, d'évoluer avec la société qui la porte", écrit-elle.

Le folklore montois s'invite dans les écoles : "Nous souhaitons que les enfants vivent des activités artistiques et pédagogiques autour du Doudou"

La question avait déjà été soulevée en 2024 par deux jeunes Montoises, Nina et Alice. Elles avaient alors lancé une pétition pour demander que davantage de rôles du rond du Petit Lumeçon soient accessibles aux filles, là où plusieurs personnages du combat restent réservés aux garçons. Le folklore montois a pourtant déjà évolué au fil du temps, incluant notamment les personnes de Poliade et Cybèle. De plus en plus de femmes se rendent également à la corde pour affirmer leur capacité à vivre leur folklore au plus près.

Possible dans les écoles, mais pas sur la place

La réflexion sur la représentation féminine ne se limite donc pas au Petit Lumeçon. Mais c'est bien celui-ci qui se trouve au cœur de la nouvelle pétition de Gwennaëlle Rege, qui pointe notamment une situation qu'elle juge paradoxale. Dans les écoles montoises en effet, lorsque le Petit Doudou est reproduit, filles et garçons peuvent participer et incarner les différents personnages. "Si cette mixité est possible à l'école, pourquoi ne pourrait-elle pas progressivement trouver sa place dans le Petit Lumeçon lui-même ?", questionne-t-elle.

La pétition demande à la Ville de Mons d'"ouvrir une réflexion sur la mixité des rôles du Petit Lumeçon", mais aussi d'examiner les raisons pour lesquelles certains restent réservés aux garçons ou aux filles et de déterminer si ces restrictions sont toujours justifiées. Elle propose également d'associer à cette réflexion les acteurs du Doudou, les familles, les citoyens et les enfants.

La démarche ne demande pas une transformation immédiate du folklore. "Je ne demande pas que l'on efface l'histoire du Doudou, ni que l'on bouleverse sans réflexion une tradition séculaire", écrit la pétitionnaire. Elle souhaite plutôt que la question soit posée et qu'une éventuelle évolution puisse être envisagée progressivement.

Un argument revient d'ailleurs régulièrement dans ce débat : permettre une plus grande mixité ne signifierait pas nécessairement modifier le scénario du Petit Lumeçon ou les personnages eux-mêmes, mais les personnes qui les incarnent. "La tradition et l'égalité ne doivent pas être adversaires", résume Gwennaëlle Rege, qui souhaite également porter sa démarche à l'attention de l'UNESCO, le Doudou étant inscrit depuis 2005 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Reste désormais à voir si cette nouvelle mobilisation relancera la réflexion sur la place respective des filles et des garçons dans le Petit Lumeçon. Jusqu'ici, les tentatives ont été vaines. L'ancienne réalisatrice du Lumeçon n'y était par exemple pas favorable, alors que Nicolas Martin, bourgmestre de Mons, l'est. Preuve qu'en la matière, le consensus est difficile.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.