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Monique Barbut reste ministre de la Transition écologique "à la demande" d'Emmanuel Macron qui refuse sa démission

Après avoir présenté sa démission à Emmanuel Macron, mercredi matin, Monique Barbut a finalement accepté de rester ministre de la Transition écologique, selon son cabinet. Elle a toutefois "confirmé son désaccord" sur la loi d'urgence agricole et les pesticides.

Par Marie Moley,Célia Quilleret Publié le mercredi 22 juillet 2026 à 13:07

Coup de théâtre, mercredi 22 juillet, la ministre de la Transition écologique reste finalement au gouvernement. Monique Barbu avait pourtant annoncé sur LinkedIn, dans la matinée, sa décision de remettre sa démission au président de la République, trois jours après l'adoption de la loi d'urgence agricole.

Monique Barbut avait fait ses adieux publics au gouvernement. Dans un texte publié sur le réseau social professionnel, elle dénonçait "le recul environnemental de trop" avec cette mesure sur deux pesticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, introduite dans le projet de loi d'urgence agricole avec la complicité du gouvernement. La ministre démissionnaire critiquait à mots à peine couverts la méthode de Sébastien Lecornu, sans le nommer.

Emmanuel Macron refuse sa démission

Mais peu après 11h, à la sortie du Conseil des ministres à l'Élysée, Monique Barbut apparaît sur le perron du palais présidentiel avant de s'engouffrer dans sa voiture de fonction comme d'habitude. Une heure plus tard, l'explication est venue de son propre cabinet auprès de l'AFP : elle a bien présenté sa démission, ce matin, à Emmanuel Macron "qui ne l'a pas acceptée". Elle va donc "poursuivre sa mission à la demande" du président "qui l'a assurée de son soutien", indique son cabinet. Elle a accepté de rester au gouvernement "face à l'urgence d'agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale".

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Qu'a pu dire Emmanuel Macron pour la convaincre de rester ? A-t-elle obtenu des quelconques garanties ? "Le président de la République a refusé sa démission et ils se sont en revanche accordés sur trois piliers fondamentaux qui fondent son action, la question des forêts, la question de l'eau et la question de la santé environnementale, trois piliers, trois chantiers sur lesquels Monique Barbu a accepté de rester pleinement investie", explique la porte-parole du gouvernement, Maude Bregeon.

Cette volte-face en quelques heures a de quoi surprendre et des questions restent en suspens. Comment Monique Barbu va-t-elle pouvoir continuer à travailler avec et pour Sébastien Lecornu après avoir été publiquement humiliée ? "Entre eux, la confiance est entière", martèle Maude Bregeon.

"Un zapping permanent"

Si elle avait décidé de partir, Monique Barbu aurait été la troisième ministre de la Transition écologique à quitter ce poste après Nicolas Hulot et François de Rugy. Cette valse-hésitation dans ce ministère irrite sérieusement les associations et les organisations de défense de l'environnement, qui voient là un manque de cohérence.

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Pour les ONG, cette crise et cette volonté de démission sont bien la preuve d'un malaise, la preuve que l'écologie est malmenée, même si les engagements présidentiels étaient prometteurs. "Le quinquennat sera écologique ou ne sera pas", avait dit Emmanuel Macron, il y a neuf ans. La situation de Monique Barbut est le "symptôme" d'un manque de cohérence du gouvernement, selon Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement. "Quand vous avez un zapping permanent avec effectivement sous Emmanuel Macron une certaine forme d'obsolescence programmée à être ministre de l'Écologie, le problème n'est pas Monique Barbu, mais la façon dont on a traité l'écologie sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron", assure le militant.

"Ce ministère a été totalement démembré"

Or, cette crise tombe mal, elle intervient dans un été très chaud, très sec, l'écologie devrait être tout en haut des priorités pour Anne Bringault du Réseau Action Climat : "Il faut aussi avoir en tête que ce ministère a été totalement démembré, puisque les transports, le logement, l'énergie faisaient partie du ministère de la Transition écologique, ils en sont sortis, ça veut dire que malheureusement ce sujet ne va pas être remis plus en priorité, alors même qu'on vit encore des épisodes de sécheresse et des incendies dramatiques, on voit bien que ce sujet n'est toujours pas pris au niveau où il devrait être et on risque malheureusement effectivement d'avoir une action très limitée dans ce domaine jusqu'à la fin du quinquennat."

Pour Monique Barbu qui n'aime pas la politique, comme elle le dit elle-même, les prochains mois seront compliqués. La protection de la forêt, le partage de l'eau, les prochaines COP climat et biodiversité, les dossiers ne manquent pas dans ce ministère maudit décidément.