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Mohammad Al Kamali, le juriste qui incarne l'opacité du fonctionnement de la Fifa

Son nom était jusqu'ici inconnu du grand public. Il est désormais au cœur de la plus grande polémique qui a émaillé la Coupe du monde de football, celle d'avoir permis à l'attaquant phare de l'équipe américaine d'affronter la Belgique en dépit de son carton rouge. Selon le quotidien britannique The Times, Mohammad Al Kamali, le président du Comité disciplinaire de la Fifa, aurait pris seul la décision de transformer la suspension automatique de Folarin Balogun en une suspension avec sursis, sans consulter les 17 autres membres de cette instance "indépendante" censée garantir le respect des règles de la Fifa. Une décision inédite, intervenue après des pressions assumées de Donald Trump sur Gianni Infantino qui a ravivé les interrogations sur la gouvernance du football mondial.

Le Financial Times soulignait d'ailleurs il y a quelques jours que les 110 dernières décisions publiées du comité ont toutes été signées par Al Kamali seul, les statuts lui permettant de statuer sans délibération collective. Dans les faits, c'est donc lui qui détient l'essentiel de l'autorité disciplinaire.

Voilà qui contraste avec la discrétion que semble cultiver ce juriste émirati. Avocat de formation, diplômé en droit commercial de l'université de Bristol, selon son CV, Mohammad Al Kamali a bâti sa carrière à la croisée du droit et du sport, en fondant un cabinet d'avocats internationaux basé à Dubaï et en devenant un acteur influent du sport dans son pays. Cet homme de réseaux a également été député au parlement fédéral des Émirats arabes unis. Son parcours témoigne aussi d'un rôle dans le milieu olympique en tant que secrétaire général du Comité national olympique de son pays.

Referee Raphael Claus of Brazil shows a red card to United States' Folarin Balogun, right, during the World Cup round of 32 soccer match between the United States and Bosnia in Santa Clara, Calif., near San Francisco, Wednesday, July 1, 2026. (AP Photo/Julio Cortez)
Folarin Balogun se voit brandir un carton rouge ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

C'est en 2025, que le Congrès de la Fifa l'élit à la présidence de son Comité disciplinaire.

Dans l'un de ses rares entretiens, accordé à un quotidien émirati en 2012, alors qu'il dirige le Comité olympique des Émirats, il dit préférer la construction patiente d'un système performant aux résultats immédiats.

Une image d'homme sage et posé aujourd'hui particulièrement écornée. Cette éminence grise incarnerait plutôt l'opacité de la gouvernance d'une compétition planétaire où un seul homme peut faire basculer l'issue. Même si la victoire des Diables rouges face aux Etats-Unis (1-4) a finalement rendu tout cela bien inutile…

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