Missionnés par le secrétaire de la Défense américaine, Elon Musk et Palmer Luckey ont 120 jours pour inventer "des solutions exploitables" pour la guerre du futur
Missionnés par le secrétaire de la Défense américaine, Elon Musk et Palmer Luckey ont 120 jours pour inventer "des solutions exploitables" pour la guerre du futur
Publié aujourd'hui à 08h06
Lire dans l'appPete Hegseth, secrétaire à la Défense de l'administration Trump, a mandaté deux acteurs de la tech et de la miltech pour mener à bien un travail prospectif. Le célèbre Elon Musk reprend du service, avec Palmer Luckey, ancienne star de la VR et désormais à la tête d'une start-up militaire qui pèse de plus en plus. Leur objectif est de trouver des solutions qui pourront être déployées rapidement dans le cadre d'une guerre placée sous l'égide de l'IA et de l'innovation.
"Si vis pacem, para bellum... futurum", autrement dit "Si tu veux la paix prépare la guerre du futur". Pour Pete Hegseth, pas question de faire la paix. Le secrétaire à la Défense, proche de Donald Trump et qui aimerait être officiellement appelé Secrétaire à la guerre, a annoncé mercredi la mise en place d'un groupe de travail, baptisé Projet Meridian. Sa tâche sera d'imaginer à quoi ressemblera le "futur de la guerre" pour "maintenir (la) domination à l'échelle mondiale" des Etats-Unis.
Pete Hegseth souhaite que la commission derrière le projet Meridian anticipe "les futurs environnements opérationnels" afin de développer des outils, "armes et technologies" qui permettront aux "combattants" américains "d'y conserver leur supériorité".

Pour codiriger ce projet, le secrétaire de la Défense américaine pourra compter sur deux figures du trumpisme: les milliardaires Elon Musk et Palmer Luckey. Le premier est le fondateur de SpaceX et cofondateur de xAI, derrière l'IA Grok, le second a conçu les casques de réalité virtuelle Oculus Quest, rachetés par Meta, et est désormais à la tête d'Anduril, une start-up de technologies de défense.
Autour d'eux, des universitaires et des politiques, qui travailleront aux côtés d'Emil Michael, le directeur technique à la Défense.
Un premier rapport d'ici 3 mois
Ils disposeront de 120 jours pour rendre de premières conclusions et proposer "des solutions concrètes". Elles devront permettre "de commencer à développer, tester et déployer ces capacités, afin que l’Amérique dispose d’une supériorité militaire décisive pour le XXIe siècle et au-delà".
Le secrétaire de la Défense appelle également l’état-major interarmées et l’ensemble des forces armées à "être prêts à intégrer leurs travaux et leurs recherches sur la guerre du futur au Project Meridian".
En parallèle de cette décision, Pete Hegseth a aussi annoncé la "création du Commandement de la guerre autonome". A ses yeux, il doit représenter "la transition opérationnelle en temps de paix la plus rapide de l'histoire militaire moderne". La guerre autonome est un pas que la plupart des Etats se refusent à franchir, même si des opérations ont été menés avec des drones autonomes aériens ou terrestres, notamment en Ukraine.
Un nouveau rapprochement avec la face cachée de la Silicon Valley
Pour Techcrunch, cette réunion n'est pas étonnante. D'une part, parce que historiquement, la Silicon Valley a toujours profité des subsides militaires. D'autre part, parce que si les relations entre Donald Trump et Elon Musk se sont un temps dégradées, le propriétaire de X a depuis revu ses positions et a renoué avec le président américain. Il s'agit de son premier projet depuis la fin de sa participation à la politique américaine via le DOGE, un ministère de l'Efficacité gouvernementale qui a été critiqué pour ses zones d'ombre et pour ses coupes budgétaires aux montants contestés, jusque dans le camp républicain.
En ce qui concerne Palmer Luckey, la raison de sa présence est plus évidente. Anduril est devenu un contractant régulier du Pentagone, développant des systèmes militaires autonomes, dont des missiles à longue portée, comme le Barracuda-500M, et des avions de chasse semi-autonomes, notamment l'YFQ-44A. Anduril participe également au programme TITAN de l'armée américaine, un système mobile de renseignement utilisant l'intelligence artificielle pour traiter des données provenant de multiples capteurs et accélérer l'identification des cibles.
Ces deux annonces viennent confirmer l'attrait grandissant des États-Unis pour la militarisation de l'IA. Le Pentagone peut déjà compter sur plusieurs grands noms du secteur, dont Google, xAI et OpenAI. Et bien entendu Anthropic, qui a été en début d'année au centre d'une crise sur la question de l'utilisation de son intelligence artificielle dans certains cas d'usage.
Mais le duo formé par Elon Musk et Palmer Luckey fait également grincer des dents, puisqu'il est juge et partie. La crainte de conflit d'intérêts potentiels est ainsi, évidemment, présente dans tous les esprits.
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