'Mind of a Serial Killer' : Qui veut s’immerger dans l’univers des tueurs en série ? - RTBF Actus
Cette fascination pour les tueurs en série rencontre manifestement un intérêt du public. Ce dimanche après-midi, devant une des salles de Tour&Taxis, on ne parle pas de la prochaine finale entre l’Espagne et l’Argentine, ou de la chute de Jonas Vingergaard dans la 15e étape du Tour de France. Non, les conversations portent plutôt sur ce que l’on ressent après avoir passé une heure trente devant les photos d’enquête ou les reconstitutions de meurtres, commis il y a parfois plusieurs dizaines d’années et souvent loin de chez nous, aux Etats, unis, en Colombie ou en Union Soviétique. "Nous ne souhaitions pas évoquer les crimes d’un Dutroux ou d’un Fourniret, devant un public belge qui n’a rien oublié de leurs atrocités", souligne Gilles Colinet, responsable Marketing chez Exhibition Hub, la société qui a imaginé cette exposition.
"Si ça se trouve, cela peut-être mon voisin"
Pourquoi les serial killers suscitent-ils autant d’intérêt ? Philippe et Véronique tentent une explication : "oui, c’est glauque ! Mais à la différence du cinéma, ces gens-là ont vraiment existé. Et pas qu’en Amérique ! ". Dans la file, leur voisine ajoute : "Je ne les comprends pas, mais ils me fascinent. D’ailleurs j’écoute pas mal de podcasts ou je regarde des vidéos sur YouTube qui racontent ce genre d’histoire. C’est bizarre, mais ça me détend !". C’est précisément le succès de ces contenus, en librairie, en podcast ou sur les plateformes vidéo qui ont inspiré les responsables d’Exhibition Hub. "Nous développons généralement des expositions sur le principe du "edutainement", à la fois "education" et "entertainment" (divertissement) mais ici, l’exposition ne s’adresse clairement pas à tous les publics, et certainement pas aux enfants". Elle est d’ailleurs interdite aux moins de 16 ans.
"Ce qu’ils ont fait, ça vient peut-être des traumatismes de l’enfance"
Sam est venue avec trois amies. Ce qui lui plaît dans cet univers morbide des tueurs en série ? "C’est de comprendre comment ils en sont arrivés là. Souffraient-ils d’une maladie psychiatrique ou avaient-ils subi des traumatismes dans l’enfance ? Cela semble souvent le cas". Sa voisine renchérit "Cela m’intéresse aussi de savoir comment l’enquête a finalement abouti". Elle aussi regarde beaucoup de vidéos publiées par des Youtubeurs : "Des HVF, des Histoires Vraies et Flippantes, qui racontent chaque semaine l’histoire d’un tueur, du début à la fin, avec plein de détails sordides, c’est super intéressant". Un intérêt, voire une fascination troublante, désormais étudiée en psychologie et qui, dans sa forme ultime, porte désormais un nom : l’hybristophilie désigne l’attirance, parfois extrême, pour des criminels.