MHSC – Dijon : "En restant, la famille Nicollin a ramené un élan", le capitaine montpelliérain Julien Laporte se confie avant la reprise
Stabilité à la tête du club, évolution de l’équipe : le capitaine de Montpellier Julien Laporte se veut optimiste sur l’avenir à deux jours de la reprise de la Ligue 2, samedi 8 août à La Mosson devant Dijon.
Vous avez bouclé la saison passée sur un sentiment de frustration. Dans quel état d’esprit abordez-vous la nouvelle saison ?
Il y avait de la frustration car il ne nous manquait pas grand-chose pour y arriver. On l’évacue, on bascule vers une autre saison et on reprend un peu de fraîcheur mentale.
En restant, la famille Nicollin a ramené un élan au club. L’année dernière il y avait un peu de ménage à faire, un équilibre à retrouver. Là, on est dans la continuité.
La famille Nicollin a annoncé à la reprise sa décision de rester. Que vous a dit le président ?
Il a fait référence au décès de monsieur Nicollin. Un jour symbolique pour lui et le club. Et dit que la famille Nicollin se devait de rester à la tête de Montpellier. Cela a été bref.
On sent qu’il a retrouvé du plaisir et de l’envie. Au-delà des paroles, il y a les actes et le mercato. Le président a fixé le cap. Avec le coach, on sent qu’ils travaillent ensemble. Que ça avance.
Il faut s’en servir pour bien démarrer et ne pas prendre de retard comme l’an passé. Cela peut lancer une belle aventure.
"Le jour où je n’ai plus cette envie, j’arrête de jouer"
En fin de saison passée, vous disiez que vous n’étiez pas là pour être 8e, mais jouer la montée.
Le jour où je n’ai plus cette envie, je m’arrête de jouer. On a envie de remettre un jour Montpellier en Ligue 1. Est-ce que ce sera cette année ? Je l’espère.
Je ne vais pas vous dire : "on joue les premiers rôles", je sais comment cela va se passer. Les objectifs que l’on se fixe, on les gardera entre nous.
Il faut rester les pieds sur terre, y aller crescendo, rester mesuré dans un championnat plein d’incertitude. On a un groupe jeune qu’il faut protéger, bien entourer et accompagner.
Comment pouvez-vous faire mieux que la saison passée ?
Valider les temps forts, être capable de punir les adversaires. Être costaud derrière comme l’an passé, gagner en maturité. Développer notre jeu et chercher à prendre des points partout.
On a un vécu d’un an ensemble, on sait ce que veut le coach, on a un temps d’avance énorme. On est tous clair sur pourquoi on est ici et ce qu’on veut y faire. Maintenant, la vérité ça sera samedi.
Comment avez-vous vécu les départs de joueurs expérimentés comme Savanier, Jullien ou Mendy ?
J’aurais souhaité que Téji et Chris restent, car j’étais proche d’eux. Ce sont les choix du club.
Pour à Alex, c’est différent. On en a discuté, j’en ai même discuté avec le coach. On est arrivé en même temps, le but était de construire
« Le Mondial, à la limite du foot business »
Joueur de Montpellier, Julien Laporte a été un spectateur de la Coupe du Monde. Et s’inquiète de la place prise par le business au détriment du jeu.
"Ce que je n’ai pas aimé, c’est le show à l’américaine. C’est la mi-temps de 30 minutes pendant la finale. Ni les pauses fraîcheur de trois minutes. On atteint vraiment la limite du foot business. Cela déborde un peu trop aux dépens de l’enjeu premier qui est le jeu. Il ne faudrait pas que ça crée un désintérêt.
Je n’ai pas aimé, non plus, les attitudes lors de France-Paraguay, Argentine-Espagne, ou Argentine-Angleterre, cela nuit complètement au football. Certes, il faut être dur dans ces matchs-là mais il y a des limites à ne pas franchir. On est peut-être tombé dans l’excès.
Sinon, je n’ai pas trouvé beaucoup de nations qui ont performé, excepté l’Espagne sur la fin. En demi-finale, l’Espagne était meilleure que les Français. Il n’y a pas grand-chose à dire. J’ai été déçu parce que j’attendais autre chose, je les voyais aller au bout.
À l’inverse, la qualification de l’Espagne m’a réconforté. Elle a montré qu’on peut mettre toutes les qualités athlétiques qu’on veut, le projet collectif reste supérieur.
Les Espagnols ont démoli la puissance de la France par leurs mouvements et leur capacité à garder le ballon. Cela m’a quand même réconforté avec l’idée du foot. Du foot qui me plaît.
Enfin, j’ai trouvé des améliorations positives, que l’on va voir en championnat, pour limiter les pertes de temps. Cela rend le jeu plus dynamique, plus fluide. On l’a expérimenté devant Rodez. Le foot peut bien évoluer, mais il faut faire attention au foot business. On est à la limite de la limite."
quelque chose ensemble. Vu l’offre qu’il a eue, il y a des choix de carrière et de vie qui font que je suis content pour lui.
Cela ne risque-t-il pas d’accentuer le rajeunissement de l’équipe ?
Qui est attractif sur le marché du foot moderne ? Les jeunes joueurs. Pourquoi Montpellier ne le ferait pas ? La question est là, même s’ils ont toujours eu tendance à faire confiance à des joueurs un peu plus âgés, comme Hilton ou Congré.
"Les clubs veulent des jeunes à fort potentiel"
La présence de jeunes ne va-t-elle pas accentuer vos responsabilités ?
La première chose, déjà c’est d’être performant, parce que si tu ne l’es pas, personne ne t’écoutera. Montrer l’exemple tous les jours, avoir une mentalité de gagnant. Ce n’est pas moi seul qui vais révolutionner quoi que ce soit.
On a construit une belle relation humaine avec ce groupe. On l’a encore, on peut avancer. Et, avec le coach on a une relation de confiance mutuelle.
Les effectifs sont de plus en plus jeunes…
Il faut être capable de s’adapter à un environnement plus jeune qu’avant. Quand, j’ai commencé, il y avait deux ou trois joueurs de 21 à 22 ans. Maintenant c’est l’inverse. Il y a deux ou trois joueurs de plus de 30 ans.
Cela va être de plus en plus dur de faire une longue carrière. Les clubs veulent des jeunes joueurs à fort potentiel qu’ils peuvent revendre. Un joueur de plus de 28 ans, c’est un actif acheté à perte, en termes de rentabilité d’entreprise, malgré l’intérêt sportif.
Montpellier correspond-il à ce que vous attendiez à votre arrivée ?
Au début non. On repartait de tellement loin. On repartait du néant. Il fallait remettre beaucoup de choses en place. Maintenant, j’ai envie de vous dire que oui. Le foot, c’est une question d’argent, mais aussi de compétence. Là on sent que c’est le cas.
On n’en est qu’à la deuxième année, et j’espère que le staff restera encore longtemps. Si on installe cette mentalité de travail sur trois ou quatre ans, nos résultats vont que s’améliorer. On avance, on le sent.
Les deux frères Nicollin, les deux présidents, donnent une dynamique. Le club va dans le bon sens, cela plaît aux gens. À nous de fédérer autour de nous, de donner du plaisir à La Mosson. C’est important que l’on emboîte le pas et amène beaucoup de positif. C’est comme ça qu’on arrivera à remettre Montpellier au bon endroit.
À 32 ans, comment abordez-vous les saisons qui restent ?
Avec beaucoup de fraîcheur mentale. Le cerveau dicte le reste. Je me suis arrêté trois semaines, suite à une petite opération, mais je ne m’arrête jamais trois semaines. Le but, c’est de continuer le plus longtemps possible. Et si je peux jouer longtemps ici, où cela se passe bien, j’y jouerai longtemps.