Meurtre de Lina : terre sous les chaussures, marques sur le cou… 3 ans après, ces révélations bouleversantes sur les dernières heures de l'adolescente
Malgré la mort du meurtrier présumé de Lina, certaines questions finissent par trouver des réponses grâce aux preuves.
Trois années ont passé, et l’affaire continue de hanter l’Alsace, et bien au-delà. Lina avait 15 ans lorsqu’elle s’est volatilisée quelque part entre sa maison de Plaine, dans le Bas-Rhin, et la gare où elle devait prendre un train. Pendant plus d’un an, tout le pays a suivi chaque rebondissement de l’enquête, jusqu’à l’annonce que plus personne n’osait imaginer.
Le seul homme capable d’expliquer ce qui s’était passé s’est suicidé avant d’avoir eu à répondre à la moindre question. Autant dire que les zones d’ombre sont nombreuses. Ce 23 septembre 2026, date anniversaire de sa disparition, La Dépêche rapporte pourtant du nouveau. Des indices qui tiennent à presque rien, mais qui changent le regard porté sur ses dernières heures.
Dans la voiture du suspect, Lina a laissé des traces bien précises
Selon les analyses génétiques, l’adolescente a voyagé à l’arrière de la Ford Puma conduite par Samuel Gonin. Son ADN apparaît sur la ceinture de la place du milieu, mais aussi sur le mécanisme qui sert à boucler celle de droite. Plus inquiétant encore, des cordes découvertes dans le coffre portaient à la fois ses traces et celles du quadragénaire.
Cette voiture, il a fallu du temps pour mettre la main dessus. C’est seulement en juin 2024 que ce véhicule volé, signalé près de l’endroit où Lina s’était évaporée, a éveillé les soupçons. Au volant, un homme de 43 ans, interpellé en janvier du côté de Narbonne pour avoir refusé d’obtempérer. Le 10 juillet, avant toute audition, Samuel Gonin met fin à ses jours dans son logement de Besançon. Quelques jours plus tard, l’expertise de la Ford fait tout basculer : l’ADN de l’adolescente s’y trouve. Puis, en septembre 2024, leurs deux profils relevés sur les cordes font craindre qu’elle ait été attachée.
Un peu de terre prouve que Lina était encore en vie loin de chez elle
Pour retrouver son corps, les gendarmes ont remonté un à un les trajets de la voiture. Leur obstination paie le 16 octobre 2024, dans la Nièvre, au bout de treize mois d’incertitude. La jeune fille repose dans un cours d’eau, au cœur d’un bois à l’écart de tout. Elle porte toujours les habits du jour de sa disparition, et les analyses génétiques lèvent vite le moindre doute sur son identité. Détail glaçant, la Ford avait été localisée à cet endroit précis dès le 24 septembre 2023, soit le lendemain.
Sur l’heure et le lieu exacts du drame, les spécialistes avancent à tâtons. Mais ses semelles avaient gardé un peu de terre, et pas n’importe laquelle. Sa composition correspond à celle d’un endroit où la voiture a fait halte après l’enlèvement. De quoi établir que l’adolescente respirait toujours à deux heures de voiture de chez elle. Quant aux morceaux de tissu retrouvés sur son cou, ils confirment la cause de la mort : Lina a été étranglée avec la sangle d’un sac.

© DR Ces nouveaux éléments prouvent que Lina était à bord de la voiture du suspect décédé.
Ce matin-là, Lina n’avait que trois kilomètres à parcourir
Tout avait pourtant commencé de façon banale. Ce 23 septembre 2023, la jeune fille comptait marcher environ trois kilomètres jusqu’à Saint-Blaise-la-Roche pour attraper un train direction Strasbourg, où elle avait rendez-vous avec son petit copain. Sa silhouette a été repérée sur la RD350 entre 11h15 et 11h30. À 11h22, son portable ne se connecte plus à aucune antenne. Silence radio, pour de bon.
Dans les jours qui suivent, le secteur voit défiler gendarmes, maîtres-chiens, hélicoptères et plongeurs, épaulés par des volontaires. On quadrille les environs, on inspecte le moindre plan d’eau, sans rien trouver. Avant la fin du premier mois, la justice ouvre une enquête pour enlèvement, confiée à deux juges d’instruction strasbourgeois. Ni l’étude des données téléphoniques ni les caméras ne donnent quoi que ce soit. Trois ans plus tard, malgré tous ces indices, on ignore toujours ce qui a poussé Samuel Gonin à s’attaquer à Lina. Le seul qui aurait pu répondre a emporté ses secrets avec lui.
En bref
- 🕵️♂️ Lina, 15 ans, a disparu le 23 septembre 2023 entre Plaine et une gare du Bas-Rhin, laissant l'Alsace en émoi.
- 🚗 Son ADN a été trouvé dans la voiture de Samuel Gonin, qui s'est suicidé avant d'être interrogé.
- 🔍 Des indices récents révèlent des détails troublants sur les dernières heures de Lina.